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La France se rattrape avec l’hydrolien

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Publié le

Enquête Vous avez raté le coche de l’éolien offshore ? Rattrapez-vous avec l’hydrolien ! Les industriels se précipitent pour occuper le terrain. En ligne de mire, le marché mondial.

La France se rattrape avec l’hydrolien
Un potentiel de près de 4 gigawatts

Les entreprises citées

Top départ ! La France se veut le pilote de l’hydrolien. François Hollande a annoncé, lundi 30 septembre à Cherbourg (Manche), un appel à

Horizon dégagé

  • Avril 2014 Remise des candidatures pour les fermes pilotes
  • Fin 2016 Mise en service des fermes pilotes
  • 2017-2019 Premiers appels d’offres commerciaux

Sources : Ademe, L’Usine Nouvelle

manifestation d’intérêt (AMI) pour lancer des fermes pilotes. Quatre "fermettes" de 4 à 10 machines (environ une dizaine de mégawatts, MW), capables de convertir l’énergie des courants de marée en électricité, pourront être installées au raz Blanchard, au large du Cotentin, et au passage du Fromveur, à la pointe du Finistère. Chaque pilote devrait être subventionné à hauteur de 30 millions d’euros et l’électricité produite rachetée à 173 euros le mégawattheure.

Le gouvernement veut aller très vite. Le président de la République a ainsi promis de simplifier les procédures administratives et d’accélérer

Des turbines éprouvées en compétition pour les pilotes français

Alstom 1 MW

Ex-Tidal Generation Lted

Champ visé : raz Blanchard avec GDF Suez

Très technologique, cette "éolienne sous l’eau" affiche un rotor à trois pales à pas variable d’un diamètre de 18 mètres et peut s’orienter face au courant. Immergée depuis dix mois en Écosse, elle mise sur sa flottabilité pour faciliter les opérations de maintenance.

le traitement des recours. La France, qui a raté le coche de l’éolien offshore, veut se rattraper avec l’hydrolien. Les industriels sont déjà au rendez-vous. À peine François Hollande terminait-il son discours que fusaient les communiqués d’Alstom, de Siemens, de DNCS, de GDF Suez… Tous se déclarent fin prêts. Et pour cause : ils étudient depuis longtemps ces projets pilotes. "Nous nous réjouissons de cet AMI qui place la France dans le peloton de tête en termes de stratégie nationale, aux côtés du Royaume-Uni et du Canada", se félicite Frédéric Le Lidec, le directeur général délégué de l’activité Énergies marines renouvelables de DCNS.

Selon le cabinet de conseil Business Crescendo, seules 39 hydroliennes ont, à ce jour, été immergées dans le monde, dans le cadre de

Siemens 2 MW

Ex-Marine current turbines Champ visé : raz Blanchard et passage du Fromveur. Pas de partenaire déclaré

Cette machine, qui tourne depuis 2008 près de l’Irlande, est la plus éprouvée. Elle a un double rotor (20 mètres de diamètre) accroché à un mât sortant des flots. Une gêne pour la navigation mais un atout pour une maintenance simplifiée.

démonstrateurs, pour une puissance cumulée de 18 MW. L’hydrolien fait ses premiers pas, mais s’apprête à courir. Avec pour objectif un marché potentiel estimé entre 75 000 et 90 000 MW, dont près de 4 000 en France et 6 000 au Royaume-Uni. "L’export est dans toutes les têtes. L’hydrolien sera un marché mondial", confirme Jean-Christophe Allo, chargé du développement de Sabella, la PME quimpéroise pionnière de l’hydrolien français.

Pas de contrat sans références

Derrière cette dynamique, un constat : "Le marché fonctionnera au “track record” (les références). Si un industriel veut en être, il faut qu’il

DCNS 2, 2 MW

Open hydro Champ visé : raz Blanchard avec EDF

Issue d’une technologie originale avec des aimants permanents distribués à la périphérie du rotor, cette hydrolienne de 16 mètres de diamètre joue la simplicité et la robustesse. Une version "bridée" à 500 MW a été testée avec EDF en 2011-2012.

soit présent dès le début, c’est-à-dire maintenant", explique Cyrille Jacquemet, à la tête de Business Crescendo. Comme dans l’éolien offshore, le coût et les difficultés du travail en mer sur des machines très lourdes font monter le risque des projets et dans le même temps la prudence des acteurs. Conséquence, "il y a une très grosse prime aux premiers entrants. Le premier à démontrer son savoir-faire dans l’eau emportera l’adhésion des clients", résume Frédéric Le Lidec. Pour Frédéric Petit, le directeur marketing de Siemens Energy, "la situation de l’hydrolien est celle que connaissait l’éolien offshore il y a quinze ans. Siemens a été pionnier. Nous installons actuellement une éolienne en mer par jour".

L’exemple allemand inspire les Français. "Quand nous avons étudié notre diversification dans les énergies marines, en 2007, tout était déjà joué dans l’éolien. Nous avons donc misé sur des technologies de prochaine génération, comme l’hydrolien", témoigne Frédéric Le Lidec. Aujourd’hui, DCNS ambitionne de réaliser un chiffre d’affaires annuel de près de 1 milliard d’euros dans l’hydrolien à l’horizon 2025.

Au-delà des grands donneurs d’ordres, c’est tout un tissu industriel qui pourrait se développer dans les énergies marines avec l’hydrolien, à

Sabella 1 MW

Pionnier français Champ visé : passage du Fromveur avec GDF Suez

La PME quimpéroise mise sur la modularité et revendique la rusticité de son hydrolienne de 10 mètres de diamètre. Elle n’aurait besoin d’être remontée pour maintenance que tous les dix ans. Seule une première version de 10 kW a été testée en mer.

l’image de Ceteal. Cette société commune entre deux PME d’ingénierie françaises – Mareal (structures pour le pétrolier) et CTE (fondations béton d’éoliennes terrestres) – a été créée en 2011 pour attaquer le marché des fondations d’éoliennes offshore. Difficile. "On s’est retrouvé face à une industrie déjà structurée et essentiellement allemande, anglaise et danoise, témoigne Henry Dupouy, le dirigeant de Ceteal. Surtout, on a tout de suite été confronté à une marche à franchir. Il faut avoir fait un premier projet pour être crédible. C’est rageant quand on sait ce qu’on peut faire !" Ceteal se tourne alors vers un "secteur en pleine effervescence" en France, l’hydrolien. En moins de deux ans, la PME aura réalisé près d’un demi-million d’euros d’études de fondations pour Sabella, DCNS, Alstom… Et vise plusieurs millions d’euros dans quelques années. "On compte sur la dynamique française pour engranger des références qui nous permettront de se positionner à l’international", conclut Henry Dupouy.

Le port de Cherbourg (Manche), proche du raz Blanchard, qui concentre 50% du potentiel hydrolien français, devrait bénéficier de l’essentiel des retombées industrielles. DCNS veut y fabriquer 100 hydroliennes par an, avec la création de 1 000 emplois. Alstom y prévoit un site d’assemblage final. Brest (Finistère) devrait tirer profit de la proximité du passage du Fromveur. Globalement, Siemens estime que plus de 85% de la valeur ajoutée des projets hydroliens pourraient être captés par des fournisseurs locaux. Reste à passer l’étape clé du pilote. "La question, c’est de savoir si l’hydrolien peut devenir compétitif, relève Jérôme Pécresse, le président d’Alstom Renewable Power. Ce sont les pilotes qui permettront de mieux évaluer les coûts de production, d’installation et de maintenance." La course ne fait que commencer.

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