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Quotidien des Usines

Comment la France a attiré l'an dernier un record d’investissements étrangers

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Cinq implantations ou extensions d’activités chaque jour ouvré. C’est le nombre moyen de décisions d’investissements étrangers recensées l’an passé. Au total, Business France en a dénombré quelque 1 300, soit une hausse de 16 % par rapport à 2016.

Comment la France a attiré l'an dernier un record d’investissements étrangers
Les investissements étrangers dans les activités de production ont connu la plus forte progression, comme ceux du fabricant de glaces Häagen-Dazs à Tilloy-lès-Mofflaines (Pas-de-Calais)
© Häagen-Dazs

Ce sont les dernières bonnes nouvelles en date. Le 28 mars, le coréen Samsung a annoncé qu’il allait installer à Paris son troisième plus grand centre de recherche sur l’intelligence artificielle, après ceux de Corée du Sud et des États-Unis, fort à terme de plus de 100 chercheurs. C’est le français Luc Julia, l’inventeur de l’assistant vocal Siri d’Apple, qui en sera à sa tête. Le même jour, le japonais Fujitsu a confirmé qu’il allait agrandir son centre actuel - ouvert en septembre 2017 en partenariat avec l'Ecole Polytechnique - en lui confiant une expertise en intelligence artificielle pour tout le Vieux Continent, et en y recrutant de nouveaux chercheurs.

Cinq implantations ou extensions d’activités chaque jour ouvré. C’est le nombre moyen de décisions d’investissements étrangers recensées l’an passé. Au total, Business France en a dénombré quelque 1 300, soit une hausse de 16 % par rapport à 2016. Ce qui a permis, selon l’agence au service de l’internationalisation de l’économie française, de créer ou de maintenir près de 33 500 emplois. Un tiers est le fait de nouveaux acteurs sur le marché français. « La meilleure année depuis dix ans », se félicite Christophe Lecourtier, le directeur général de Business France.

La fin du french Bashing

À l’origine de ces bons résultats : l’amélioration de l’image de la France, classée pays le plus influent du monde, devant le Royaume-Uni et les États-Unis, selon l’étude Soft Power 30 du cabinet Portland et de l’université de Californie du Sud, en juillet dernier. Une attractivité qui doit beaucoup à l’élection d’Emmanuel Macron, synonyme d’une France pro-business et qui résiste aux extrêmes. La presse financière anglo-saxonne s’est entichée de ce jeune président en qui elle voit un farouche défenseur du libéralisme. « The Economist » a élu la France pays de l’année 2017.

Un revirement de situation après le french bashing qui avait accompagné les débuts du quinquennat précédent. L’annonce par François Hollande, durant sa campagne, d’une taxe à 75 % sur les hauts salaires, avait rapidement fait le tour du monde. « C’est Cuba sans le soleil », avait jugé Emmanuel Macron, qui n’était alors qu’un conseiller dans l’équipe du candidat socialiste. L’ancien chef de l’État avait tenté de rattraper le coup en instaurant, en 2014, un conseil de l’attractivité où il invitait les dirigeants de grands groupes multinationaux comme Siemens, Intel, Nestlé et GE, et de fonds souverains, une fois par an à l’Élysée.

De la production à la R & D

Emmanuel Macron a placé la barre beaucoup plus haut en invitant quelque 140 investisseurs étrangers à Versailles, en janvier, pour leur dire que « France is back ». Une étude Kantar menée par Business France montre que 84 % des dirigeants étrangers estiment que la France est désormais une destination attractive pour les investissements étrangers. Un chiffre en progression de dix points par rapport à 2016. « Nous tenons la preuve que cette confiance retrouvée dans la France se traduit par plus de croissance et plus de projets d’investissements », analyse Christophe Lecourtier.

Toyota (300 millions d’euros dans son site d’Onnaing, dans le Nord), Aperam (28 millions dans son site d’aciers inoxydables de Gueugnon, en Saône-et-Loire), BYD (10 millions pour une usine d’assemblage de bus électriques à Allonne, dans l’Oise), Häagen-Dazs (14 millions dans une ligne de bâtonnets glacés à Tilloy-lès-Mofflaines, dans le Pas-de-Calais)… Les investissements étrangers dans les activités de production connaissent la plus forte progression. L’an passé, ils représentaient 26 % du total, en augmentation de 23 % par rapport à 2016.

« Cela prouve qu’il est possible d’investir en France », affirmait récemment Thierry Girard, le directeur général de FMC Smad, le leader mondial des services et produits pour le traitement de l’insuffisance rénale, à la veille de l’annonce d’un investissement de 130 millions supplémentaires d’ici à 2020 et de la création de 150 emplois à Savigny (Rhône). La réforme du code du travail et la nouvelle donne fiscale s’ajoutent aux atouts structurels de l’économie tricolore : des infrastructures de transport et de logistique de qualité, la taille et la place de son marché intérieur, le niveau de formation et la capacité d’innovation. Premier pays à investir en France cette année devant l’Allemagne, les États-Unis misent particulièrement sur la R & D.

En témoigne Facebook qui, après l’implantation en 2015 d’un laboratoire de recherche en intelligence artificielle, a annoncé fin janvier qu’il investirait 10 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2022 et doublerait son effectif, à quelque 60 chercheurs et ingénieurs et 30 doctorants. Le même jour, Google dévoilait l’implantation d’un laboratoire d’intelligence artificielle à Paris. « La dynamique autour de l’IA est très forte en France. Nous voulons y participer », déclarait, lors de cette annonce, Olivier Bousquet, le chef de la recherche en machine learning de Google Research Europe.

Non content de constater ces bons résultats, le gouvernement a demandé à Business France de réfléchir à l’organisation administrative des forces françaises présentes à l’étranger. « Nous allons associer les compétences des réseaux diplomatiques, des réseaux Business France et des services économiques pour renforcer l’effort de prospection et être capable de toucher beaucoup plus d’entreprises », explique Christophe Lecourtier qui rappelle que le réseau de Business France, présent dans 70 pays, est à l’origine de 52 % des nouveaux projets d’investissements de 2017.

Ancien ambassadeur en Australie, où il a pris sa part dans le contrat remporté par Naval Group pour la production de douze sous-marins, le directeur général de Business France assure qu’avec les « différentes réformes engagées par le gouvernement, nous mettons notre environnement d’affaires d’équerre avec les pays les plus compétitifs ». Reste à savoir si la confiance retrouvée dans l’économie française se maintiendra si, d’aventure, la grève perlée de la SNCF devait paralyser le pays pendant trois mois. Les images font le tour du monde dans un sens… comme dans l’autre.

ANALYSE

Le choix du made in France

Non, la France n’est pas condamnée à voir fermer toutes ses usines. Après une hécatombe terrible, source d’une désespérance sociale grandissante, l’industrie tricolore se remet peu à peu à croire en son avenir. Un optimisme perceptible la semaine dernière dans les allées du salon Global Industrie, au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Un optimisme mesuré depuis plusieurs mois par différents indicateurs qui, tous, témoignent d’une accélération des investissements productifs, d’un solde net de créations d’emplois et d’ouvertures d’usines plus nombreuses que les fermetures. « Bonne nouvelle, la France crée des usines », avait titré « L’Usine Nouvelle » en décembre. Nous faisions alors état de l’apparition de goulots d’étranglement, un tiers des entreprises ayant des difficultés à produire plus, selon l’Insee, faute de parvenir à recruter. Ces difficultés sont loin d’avoir disparu. Quoi qu’il en soit, le bilan des investissements étrangers dans notre pays en 2017 entretient l’espoir que le déclin du made in France est enrayé. Selon l’agence publique Business France, 2017 s’est révélée une année record, la meilleure depuis dix ans. Business France a enregistré une hausse de 23 % des projets industriels entre 2016 et 2017, dont 16 % portés par des investisseurs allemands qui font de la France leur premier marché en Europe. Autre motif de satisfaction qui témoigne de l’attractivité retrouvée de l’Hexagone : l’augmentation de 9 % des projets de R & D, activités dominées par les investissements américains. Cerise sur le gâteau : l’annonce, la semaine dernière, de l’ouverture de deux centres de recherche sur l’intelligence artificielle par Samsung et Fujitsu et la décision d’IBM de renforcer le sien ont coïncidé avec le lancement du plan gouvernemental pour que la France devienne un leader du secteur ! 

 

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