Economie

"La France reste très attractive"

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Entretien David Appia est le président de l'Agence française des investissements internationaux (Afii). Et l'un des intervenants de la "World Investment Conference" sur l'attractivité de l'Europe organisée à la Baule du 25 au 27 mai. Interrogé par L'Usine Nouvelle, il confirme l'attrait de notre pays pour les investissements étrangers.

La France reste très attractive © D. R.

L'Usine Nouvelle - Comment se situe la France en matière d'accueil des investissements étrangers ?
David Appia - Après un palier depuis 2 ou 3 ans, nous constatons en 2010 une nette relance avec 782 projets identifiés, soit une hausse de 22%, selon les données AFII.

Par delà la reprise globale de l'économie mondiale, grâce à ses réformes la France reste très attractive. C'en est la preuve. Le classement européen d'Ernst &Young réalisé avec une méthodologie différente, mais qui a l'intérêt d'être pan-européen, confirme lui notre deuxième place derrière le Royaume Uni (avec 562 projets NDLR).

Mais l'Allemagne nous talonne désormais de très près dans le classement Ernst&Young…
C'est compréhensible vu la taille de son économie, ce qui était plutôt surprenant c'était sa sous performance antérieure. Cela signifie aussi que rien n'est acquis. Dans ce sens le 28 mars, suite au "conseil stratégique de l'attractivité", une dizaine de mesures très concrètes ont été annoncées comme un guichet unique fiscal, le recours au mandataire pour certaines démarches ou l'extension de l'enseignement en langue étrangère (turc, portugais, coréen...) pour les familles des expatriés.

Qu'est ce qui fait l'attractivité de notre pays ?
Les fondamentaux demeurent : les infrastructures, l'efficacité de l'Etat, la qualité de la main d'œuvre, la démographie ou la taille du marché (Europe et Méditerrané compris). Sans oublier notre capacité de réforme sur la fiscalité ou le marché du travail que nous promouvons à l'étranger.

Après la crise financière, il y a aussi les politiques menées par notre pays privilégiant l'investissement et la R&D dans une perspective à long terme comme le grand Paris, le plan Campus ou le grand emprunt. Ce sont des éléments de différenciation importants. Les investisseurs y sont très sensibles. Ils veulent s'implanter là où il se passe quelque chose. Prenez le projet de Saclay, c'est unique au monde.

Et la fiscalité, notamment le crédit d'impôt recherche ?
Le CIR est la bonne mesure par excellence. Elle est simple, facile à valoriser par l'investisseur et renforce l'image de la France dans le domaine à l'innovation en complément des pôles de compétitivité, de la réforme de l'université et des investissements d'avenir. Ses effets sont nets : 51 projets de centres de R&D en 2010, contre 28 en 2008 avec notamment Google, Intel, Huawei. C'est important car sur ce genre de projet on sait que nous sommes en concurrence avec Singapour, l'Allemagne ou les Etats Unis.

Comment agit l'AFII ?
Nos 24 bureaux de part le monde établissent 7 000 contacts chaque année. Nous organisons 500 visites d'investisseurs potentiels chaque année en lien très étroit avec les agences régionales. Les processus sont longs, un projet détecté aujourd'hui se concrétisera dans 12 ou 18 mois au mieux, mais il faut être très réactif. Pour cela nous avons mis en place un plate forme d'accueil téléphonique et internet pour être certain qu'un investisseur intéressé soit immédiatement assisté et pris en charge. Dans l'autre sens, toute l'année, nous envoyons des « offres » France aux investisseurs potentiels, par exemple des propositions de site. L'an dernier on a adressé par exemple à un investisseur industriel 14 sites possibles.

Les entreprises des pays émergents pèsent 6% des projets d'investissement en France, sont-elles une cible prioritaire ?
Nous nous intéressons à cette cible des pays émergents mais sans oublier nos partenaires plus habituels : 65 % des projets viennent d'Europe et 22% d'Amérique du Nord. L'enjeu sur les Etats-Unis reste selon moi très élevé. Mais on se félicité bien sûr de la présence d'investisseurs chinois comme NHO, Bluestar, ICBC ou indien comme Wipro.

Quelles sont les attentes des entreprises venant des pays émergents ?
Elles sont assez classiques en fait , avec un fort intérêt pour la dimension technologique, mais ces entreprises connaissent mal souvent la France. Cela demande un accompagnement poussé via notre réseau international et les agences régionales dont le rôle est essentiel. Nous avons mis en place aussi des réunions de travail régulière avec les communautés d'affaires de ces pays émergents (Chine, Inde, Brésil...) installés en France. Ce que nous faisons d'ailleurs régulièrement aussi avec les entreprises de pays investisseurs de longue date en France.

Ces "clubs pays" permettent un dialogue libre et ouvert. Les investisseurs nous font des remarques ou des critiques, cela nous ouvre des pistes de travail au plan interministériel pour des décisions ultérieures comme ce fut le cas pour les impatriés par exemple.

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