La France nationalise STX, veut toujours négocier avec l'Italie

PARIS (Reuters) - La France a décidé jeudi de nationaliser STX France en exerçant son droit de préemption sur les deux tiers de son capital qu'elle ne détient pas, faute d'être parvenue à un accord avec l'Italie sur un partage à parité des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
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La France nationalise STX, veut toujours négocier avec l'Italie
La France a décidé jeudi de nationaliser STX France en exerçant son droit de préemption sur les deux tiers de son capital qu'elle ne détient pas, faute d'être parvenue à un accord avec l'Italie sur un partage à parité des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). En annonçant cette décision, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire (photo), a indiqué que la proposition française de partage à 50-50 tenait toujours. /Photo prise le 31 mai 2017/REUTERS/Stéphane Mahé

En annonçant cette décision, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que la proposition française de partage à 50-50 tenait toujours et qu'il se rendrait à Rome mardi pour en discuter avec le gouvernement italien.

"Je vous annonce que nous avons pris la décision d’exercer le droit de préemption de l’État sur STX", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Cette décision, "prise en plein accord" avec le président de la République et le Premier ministre, a un seul objectif : " défendre les intérêts stratégiques de la France en matière de construction navale", a-t-il ajouté.

"Les chantiers de Saint-Nazaire sont un outil industriel unique en France. Nous voulons garantir aux salariés, à la région, aux clients, aux sous-traitants mais aussi à tous les Français que les compétences exceptionnelles des chantiers navals de Saint-Nazaire en termes de construction comme les emplois resteront en France", a expliqué le ministre.

Il a chiffré le coût de l'acquisition des deux tiers du capital de STX France rachetés au printemps par l'italien Fincantieri à son ancienne maison mère sud-coréenne à 80 millions d'euros, qui seront pris en charge par l'Agence des participations de l'Etat.

Bruno Le Maire a souligné que cette nationalisation ne serait que temporaire, les chantiers de Saint-Nazaire n'ayant pas vocation à rester sous le contrôle de l’État français.

Elle "doit nous donner le temps de négocier dans les meilleures conditions possibles la participation de Fincantieri", a-t-il précisé, en reconnaissant que le groupe public italien était le seul intéressé par STX France.

Celui-ci a refusé jusqu'ici de revenir sur un accord conclu au printemps par le précédent gouvernement français qui accordait à la partie italienne 54% de STX France, dont 48% pour Fincantieri), le solde étant détenu par des intérêts publics français (l'Etat et Naval Group).

Bruno Le Maire a justifié la parité au capital réclamée dorénavant par Paris par la nécessité de garantir le maintien de l'emploi et du savoir-faire des chantiers de Saint-Nazaire, les seuls capables en France de construire des paquebots mais aussi mais aussi de très grandes coques comme celle d'un porte-avions.

Le droit de préemption dont disposait la France venait à échéance ce vendredi.

(Myriam Rivet, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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