La France lance son appel d'offres pour l'éolien offshore

C'est parti ! La France se donne enfin les moyens de s'équiper d'un grand outil de production éolien offshore. L'appel d'offres a pour enjeu la création d'une véritable filière industrielle.
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La France lance son appel d'offres pour l'éolien offshore

Après des années d'atermoiements, la France va enfin se doter de ses premières éoliennes offshore. Ce lundi 12 juillet, le gouvernement publie les conditions de l'appel d'offres pour la réalisation de cinq parcs éoliens en mer représentant une puissance totale de 3 000 MW.

Demain, le 13 juillet, le ministère de l'Environnement réunira les industriels pour discuter des modalités à venir. Les offres des consortiums devront être rendues en janvier 2012 pour une attribution en avril 2012. A cette date, un deuxième appel d'offres pour 3000 MW supplémentaires sera lancé.

La première phase verra se développer cette énergie au large de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), de Courseulles-sur-Mer (Calvados), de Fécamp et du Tréport (Seine-Maritime). À terme, la France s'est donné pour objectif d'obtenir une puissance installée de 6 000 MW d'ici à 2020.

Pour prendre position sur le marché français, les industriels européens s'organisent et s'allient. Pour l'heure, ce sont essentiellement les industriels français qui se sont déclarés. EDF Energies Nouvelles s'est positionné en premier. Le Français, qui s'est d'abord associé à Alstom, vient de conclure un partenariat exclusif avec le danois Dong Energy.

Un autre groupement hexagonal réunit Areva, GDF Suez et Vinci. Le spécialiste de l'atome a même formé un deuxième consortium avec l'espagnol Iberdrola. Enfin, côté construction navales, STX et DCNS ont annoncé leur collaboration.
Mais les cartes ne sont pas encore complètement distribuées car des acteurs étrangers se joindront également à la bagarre comme l'électricien allemand E.on et les fabricants Siemens et Vestas.

Du Tréport à Saint-Nazaire, des dizaines d'entreprises, petites et grandes, rêvent de donner naissance à une filière industrielle 100 % hexagonale. "L'appel d'offres permet de donner une visibilité suffisante pour s'organiser", assure Frédéric Le Lidec, directeur de l'incubateur Énergies renouvelables chez DCNS.

La concurrence est rude. Certes, la France compte des sous-traitants de premier rang dans l'éolien, comme Converteam (convertisseurs, générateurs, etc.), Rollix Defontaine (roulements) et Leroy-Somer (générateurs, etc.). Mais elle ne place aucun fabricant de turbines dans le top 10 mondial que dominent Vestas et Siemens.

Seul Areva tire son épingle du jeu, après avoir acquis en 2007 l'allemand Multibrid et sa robuste éolienne de 5 MW, la M5000. Le champion du nucléaire occupait l'an dernier la troisième place européenne dans l'offshore avec 13 % des commandes. Aujourd'hui, Areva exploite un parc de 30 MW en Allemagne et affiche 600 MW de commandes, soit 1,2 milliard d'euros.

De son côté, Alstom espère se hisser parmi les plus grands. L'électrotechnicien français a acquis l'espagnol Ecotècnia et conçu une éolienne offshore de 6 MW répondant aux contraintes lourdes de l'environnement marin. La production industrielle verra le jour au mieux en 2014. Juste à temps pour être installée sur les parcs français.

Pour les français, cet appel d'offres servira de marche-pied pour grimper à l'échelon européen. Selon l'association européenne de l'énergie éolienne, 200 à 300 milliards d'euros d'investissements seront nécessaires d'ici à 2030 pour répondre aux ambitieux objectifs fixés par les pays européens. A ce jour, le Vieux Continent compte un peu moins de 3 GW installés, pour 1 139 éoliennes en service.

Mais, rien qu'en 2010, 308 aérogénérateurs nouveaux ont été installés, pour une puissance de 883 MW. Ce qui représente une croissance de 51 % par rapport à 2009.

Les champions en la matière sont le Royaume-Uni et le Danemark. À eux deux, ces pays possèdent 75 % de la puissance installée. Le royaume danois s'est engagé le premier dans l'éolien offshore, dès les années 90.

En 2003, les Britanniques lui ont emboîté le pas en lançant les premiers projets de parcs. Aujourd'hui, ils disposent de 1,3 GW de puissance offshore. Le gouvernement britannique souhaite passer la vitesse supérieure et vise un objectif de 33 GW supplémentaires d'ici à 2020.

"Ce qui est intéressant dans l'exemple britannique, c'est l'effet d'échelle. Avec de tels objectifs, une industrie de l'éolien offshore est possible", s'enthousiasme Henri Ducré, directeur de la branche Énergie France chez GDF Suez. Le gigantisme du marché britannique fait rêver les industriels de ce côté-ci de la Manche.

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