La France fait de l’ombre au photovoltaïque

Le gouvernement a annoncé une inflexion des tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque que les particuliers et les professionnels fournissent à EDF. Ce coup de frein budgétaire et bureaucratique devrait contribuer à maintenir la France dans le bas du classement des principaux pays européens produisant cette forme d’énergie. Premiers de la classe : l’Allemagne et l’Espagne.

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La France fait de l’ombre au photovoltaïque

L’électricité photovoltaïque aurait-elle été victime de son apparent succès? Fin 2009, les particuliers et les professionnels, en France, se sont empressés de solliciter des aides aux pouvoirs publics pour le rachat par EDF de leur électricité d’origine solaire. La volonté du gouvernement d’encourager le développement des énergies renouvelables, à travers le Grenelle de l’Environnement, a séduit les foules : une file d’attente de 60.000 dossiers s’est dessinées.

Il semble que certaines de ces demandes relèvent d’intentions spéculatives. Nourrissant de tels soupçons, et dépassé par les événements, le ministère de l’Economie et celui du Développement durable a voulu limiter la casse. Ils ont communiqué à la Commission de régulation de l’énergie, le 24 août, leur intention d’infléchir de 12 % le prix d’achat par EDF de l’électricité produite à partir de cellules photovoltaïques. Seules les petites installations domestiques ne sont pas concernées par ce réajustement des tarifs.

Dans l’entourage de la ministre Christine Lagarde, on nuance les choses : la France serait très en avance sur la mise en œuvre des objectifs du Grenelle de l’Environnement. Lequel Grenelle évalue à 23 % la part des énergies renouvelables dans la matrice énergétique française d’ici à 2020. Et l’Espagne, comme l’Allemagne, ont eux aussi revu à la baisse les subventions aux tarifs de rachat dans la sphère photovoltaïque.

L’Hexagone devancé par la Belgique

Mais ce coup de frein donné au secteur photovoltaïque risque bel et bien de ternir le blason de laFrance en matière d’énergies propres. L’Hexagone fait figure de mauvais élève de la classe européenne, comme le montre une étude comparative publiée récemment par PV Legal. Soutenu par la Communauté européenne, ce projet épingle les entraves bureaucratiques dont souffre, ici et là, le développement du photovoltaïque. Or, considérant le parc PV (photovoltaïque) en Europe, laFrance occupe la 6 ème place du classement, devancée même par un «petit pays» comme la Belgique six fois moins peuplé. L’Hexagone se situe fort loin derrière l’Allemagne, dont la puissance atteint 9830 MW (mégawatt), avec seulement 289 MW. Médaille d’argent du classement, l’Espagne a une puissance de 3520, suivie de l’Italie, avec 1032. Détail important : ces chiffres concernent le parc raccordé.

«La lenteur des procédures administratives»

Une autre entité, l’EPIA, n’a pas manqué d’administrer quelques coups de griffes supplémentaires aux autorités françaises dans un rapport intitulé «Global Market Outlook for photovoltaics until 2014». L’EPIA dont les bureaux se trouvent à Bruxelles défend les intérêts de deux-cents industriels œuvrant dans le secteur photovoltaïque. Dans le chapitre que ledit rapport consacré à la France, on peut lire ceci : «En 2009, 285 MW ont été installés (en France) mais seuls 185 sont réellement entrés en fonctionnement en raison de la lenteur des procédures administratives.»

Toutefois, l’EPIA estime qu’à l’horizon 2014, le parc PV au pays de l’ex-roi Soleil pourrait atteindre une puissance cumulée de 3.127 MW dans le meilleur des cas ( «scénario modéré») et de 5.432 MW dans le meilleur des cas. Pour ce qui est de l’Allemagne, qui serait toujours médaille d’or dans le palmarès européen : au moins 28.785 MW.



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