"La France est un maillon essentiel", assure le PDG hexagonal de Continental

Gilles Mabire, PDG de Continental Automotive France depuis mars, revient sur le rachat par l’équipementier automobile allemand des activités antivibratoires de Cooper Standard, qui implique notamment une usine dans l'Hexagone.

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Gilles Mabire, PDG de Continental Automotive France depuis mars

L'Usine Nouvelle - Continental a conclu un accord début novembre pour le rachat des activités antivibratoires de l’Américain Cooper Standard. Qu’attendez-vous de cette acquisition ?

Gilles Mabire - Les technologies de pointe de Cooper Standard dans l’amélioration de l’ambiance et l’isolation acoustique ou thermique renforcent notre position dans les activités antivibratoires. Cela nous permet de poursuivre notre stratégie du "zéro émission", qui passe bien sûr par la réduction du poids des véhicules, mais également par l’optimisation des bruits et vibrations à bord.

Ce rachat nous permet aussi d’étendre notre empreinte à travers le monde puisque Cooper Standard possède des sites aux Etats-Unis, en Inde, au Canada ainsi qu’en France, et regroupe un millier de personnes pour un chiffre d’affaires d’environ 300 millions d’euros.

Le site Cooper Standard de la Barre-Thomas, à Rennes, est concerné. Quel avenir lui réservez-vous ?

Ce rapprochement concerne 400 salariés en France, qui rejoindront donc le groupe Continental. La présence de ce site à Rennes, non loin de l’usine de PSA, va permettre de nous développer vers l’Ouest de la France, où se trouvent nos clients. Cela améliorera le maillage territorial de la division ContiTech en France. Celle-ci est implantée à l’heure actuelle dans le bassin lyonnais et travaille sur l’usage du caoutchouc dans et en dehors de l’automobile.

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Quel rôle occupe la France au sein du groupe Continental ?

La France est un maillon essentiel dans le dispositif de recherche et développement et de production de Continental. Notre usine de Sarreguemines (Moselle) produit 11 millions de pneumatiques par an. Cela en fait la plus grosse usine de pneumatiques en France, avec un rayonnement international puisque 90% de cette production est exportée, principalement en Europe. Côté R&D, nous travaillons sur les questions relatives à la voiture connectée, aux services intelligents, mais sur l’électronique et le moteur. Notre site de Toulouse (Haute-Garonne) est par exemple doté d’une équipe multi-compétente qui ouvre pour le monde entier. L’équipe dédiée au véhicule connecté compte 200 experts en intelligence artificielle qui tentent d’apporter des réponses pour dépasser le simple horizon physique fourni par les capteurs.

La stabilisation à venir du marché automobile mondial ainsi que la chute du diesel peuvent-elles avoir des conséquences sur votre activité en France ?

En 2017, nous avons embauché pas loin de 1 000 personnes sur nos sites français. Nous conservons un objectif d’embauches de même ordre de grandeur cette année, même s’il est difficile de prédire les évolutions macroéconomiques du marché automobile. Beaucoup de postes sont ouverts afin de renforcer nos compétences dans l’architecture système, le logiciel ou le développement électronique. Concernant le diesel, nous avons anticipé sa chute en diversifiant notre portfolio. Nous avons racheté à Valeo en 2015 l’activité de recherche sur le contrôle moteur essence située à Cergy (Val d’Oise). Nous investissons aussi dans l’hybridation et le véhicule électrique.

Continental a entamé une vaste réorganisation à l’échelle globale. Quel est l’objectif ?

Nous sommes effectivement en train de mener la plus grosse transformation du groupe depuis un siècle, en regroupant nos activités en trois divisions. La première sera dédiée à nos solutions autour des pneumatiques et la deuxième aux systèmes de propulsion ("Powertrain"). Quant à la troisième, elle regroupera nos activités autour du véhicule autonomes et des solutions de connectivité ("Autonomous Driving Technologies" et "Vehicle Networking Technologies"). Les grandes révolutions du véhicule électrique, autonome et connecté devraient intervenir de manière concomitante dans la décennie à venir. Cette réorganisation vise à nous permettre d’être plus flexible dans notre approche, avec la création d’une R&D centrale qui permettra à l’ensemble des divisions de travailler les unes avec les autres sur les technologies de demain.

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