La France en récession... officiellement

L'économie française a plongé de 1,2% et détruit 135 000 postes au premier trimestre. Elle enchaîne les trimestres négatifs depuis... juin 2008. Mais la France résiste mieux que ses voisins, assure Christine Lagarde, la locataire de Bercy.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

La France en récession... officiellement
Tout le monde en parle depuis l'été dernier mais c'est officiel depuis aujourd'hui : l'économie française est en récession. Les comptes nationaux publiés ce matin par l'Insee révèlent qu'au premier trimestre 2009, le produit intérieur brut a flanché de 1,2%, après un plongeon au dernier trimestre 2008 de 1,5% au lieu de 1,1% dans une première estimation.

En récession depuis le deuxième trimestre... 2008 ! L'enchaînement de deux trimestres négatifs entraîne donc la France dans la récession selon la définition retenue par les statisticiens. Mais ce n'est pas tout. Celle-ci a en réalité commencé au deuxième trimestre 2008 quand le PIB a baissé de 0,4%, puis de 0,2% au troisième trimestre, alors que l'Insee avait jusque-là prévu respectivement un recul de 0,3% et une légère progression de 0,1% ! Du coup, la croissance finale pour 2008 est portée à 0,3% seulement au lieu de 0,7%. Des mauvais chiffres donc qui confirment que la France a bien plié en 2008 comme ses voisins européens sous le poids de la crise internationale.



Violents destockages. Dans la série des mauvaise nouvelles, au premier trimestre, les échanges extérieurs ont continué de se détériorer tant au niveau des exportations (-6% après -4,6% au dernier trimestre) que des importations (-5,3% après -3%). Rien de surprenant vu l'ampleur de l'écroulement de la demande internationale. Même constat pour les variations de stocks qui contribuent négativement à la croissance à hauteur de 0,8 points : cette "violence réitérée du destockage des entreprises (....) est somme toute logique, analyse Alexander Law, du cabinet Xerfi. Confrontés à un manque de visibilité inouïe, les chefs d'entreprises sont obligés de limiter les frais sur trois tableaux : les investissements, les frais de personnes et les stocks." En effet le décrochage des investissements d'entreprises se poursuit à -3,2% après -2,7% au dernier trimestre 2008.

Récession limitée ? "La France subit en début d'année, comme nos principaux partenaires économiques, les effets défavorables de la crise financière puis économique internationale, qui a éclaté en septembre dernier", rappelle la locataire de Bercy. Avant de nuancer : mais "les évolutions du PIB chez nos principaux voisins montrent que notre pays résiste mieux que ses principaux partenaires dans un contexte qui reste très défavorable", note-t-elle. Il est vrai que la récession française au premier trimestre peut paraître douce comparé au catastrophique -3,8% allemand au premier trimestre ou au -2,4% italien. La baisse hexagonale "est relativement limitée" , reconnaît de son côté l'économiste Nicolas Bouzou du cabinet Asterès.

Emplois cassés. Seulement voilà, ce climat délétère des premiers mois de 2009 a cassé la dynamique de l'emploi : l'économie française a détruit autant d'emplois salariés au premier trimestre 2009 que sur toute l'année 2008, avec une perte nette de 138 000 emplois (-0,9% en un trimestre, -2% sur un an), selon des données provisoires publiées également ce vendredi par le ministère de l'Emploi. Dans ces conditions, des économistes évoquent le risque d'un frein à la consommation dans les prochains mois en raison de la baisse des revenus des ménages. Mais aussi celui d'une plus grande épargne de précaution alors que jusqu'à présent les dépenses de consommation ont maintenu leur progression (+0,2% comme au dernier trimestre 2008) à l'inverse des autres pays européens où elles s'écroulent.

La ministre de l'Economie parle désormais d'une prévision de croissance autour de -3% pour l'année 2009 -contre -1,5% récemment-, s'alignant enfin sur les estimations des organismes internationaux (OCDE, FMI, UE). Et assure que la reprise sera "graduelle" d'ici à 2010. Certes, mais dans quel état sera alors l'économie française ?



Carmela Riposa

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS