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"La France doit aimer son industrie pour la rendre compétitive"

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"Comparée à la situation en Allemagne, notre économie montre des signes de faiblesses depuis le début des années 2000" : c'est l'un des constats du Conseil économique, social et environnemental (CESE) publiés dans un rapport sur la compétitivité. Présenté officiellement ce mercredi 12 octobre, le document est alarmant. Mais la France n’a pas dit son dernier mot.

La France doit aimer son industrie pour la rendre compétitive

Modèle germanique. Pour Isabelle de Kerviler, le modèle allemand n’est pas exportable en France. Pire, "ce modèle ne pourrait durer une éternité et la société allemande le paye déjà cher en précarité et temps partiels". C’est la face cachée de ce système. "Elle peut s’exprimer lors de grognes sociales, qui émergent déjà", précise la commissaire aux comptes.
Depuis le rapport Coe-Rexecode, le débat est dans l’air : "Mais que possède l’industrie allemande que nous n’avons pas ?". L’industrie de notre sœur outre-Rhin redémarre, exporte dans les pays émergents et est reconnue pour ses produits de très grande qualité.

La France et l’Allemagne sont semblables par leur PIB (respectivement 23 et 27% du PIB de la zone euro) mais il y a un grand décalage en terme d’exportations. L’hexagone n’a que 13,5% des parts de marchés contre 32,2% pour notre voisine outre-Rhin. Pire, la part de l’industrie participe, en 2008, à 14% de la valeur produite en France contre presque 26% en Allemagne. Au jeu de la comparaison, la France trouve son industrie pâlichonne.

C’est justement le souci, explique Isabelle de Kerviler, commissaire aux comptes et vice-présidente de la section des activités économiques du CESE. La France doit arrêter de se comparer, apprendre de l’Allemagne sans la copier.  "Le modèle germanique n’est pas exportable (voir encadré). Mais nous pouvons apprendre d’eux, notamment la place centrale accordée à leur industrie", insiste la vice-présidente de la section des activités économiques.

Les points à améliorer

La première chose à apprendre est de savoir valoriser notre industrie. Par des salaires encourageants, déjà. "Aujourd’hui, nous perdons beaucoup d’ingénieurs dans la finance parce que cela rapporte plus", rappelle-t-elle. Puis en encourageant les vocations grâce à un développement de l’alternance jusqu’au niveau ingénieur et de la formation continue.

Une réforme du tissu économique est primordiale, annonce le rapport. Il nous manque les ETI. "Il faut un appui individualisé pour ces entreprises. Mais surtout, il faut passer de la soutaitance à la co-traitance", déclare-t-elle. Concrètement, il s’agit pour les donneurs d’ordre de réunir ses sous-traitants pour fonder sa stratégie mais aussi de partager la valeur produite conjointement. Au sein même de l’entreprise, il faut repenser la gouvernance avec une politique de "Bottom up" : managers et salariés remontent dans des réunions dédiées des idées et problèmes émergeants sur le terrain.

Enfin, la clé est dans la monté en gamme. "Notre industrie du luxe nous montre le chemin, s’enthousiasme Isabelle de Kerviler. Dans ce secteur, le made in France est un argument de vente de part l’extrême qualité qu’il représente. L’avenir de l’industrie est dans cette montée en gamme."

Et on peut le faire dans tous les secteurs d’avenir : filière verte, numérique, mais aussi, moins souvent évoquée, notre industrie maritime. "Vu les frontières maritimes dont dispose la France, nous pouvons développer de réelles compétences en la matière." Pour cette montée en gamme, nous pouvons aussi nous appuyer sur les Français leaders mondiaux dans l’énergie (ArevaEDF), transport (Alstom, Airbus, ...) eaux et déchets (Veolia).

En bref, il faut avoir conscience de ses défauts pour les combattre mais surtout avoir confiance en notre industrie. "La France doit aimer l’industrie pour la rendre compétitive. Pompidou l’avait déjà dit mais c’est encore vrai aujourd’hui", en appelle Isabelle de Kerviler. Et de marteler :"La compétitivité est l’affaire de tous".

Politiques. "L’industrie est plus politique que jamais", explique Isabelle de Kerviler. La compétitivité est économique mais a aussi un aspect social et environnemental. Quand on regarde l’Allemagne, "c’est très bon sur le plan économique mais cela ne fait qu’un tiers du travail". En France, nos infrastructures, la qualité du service après-ventes, les services publics, le bien-être social joue aussi en termes de compétitivité. "Aujourd’hui, la France peut jouer de ce hors prix pour être compétitive et ça c’est du domaine des politiques. Mais plus que ça : l’Etat a un rôle fort en France, il doit protéger nos secteurs de pointe comme avec le grand emprunt."

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