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LA FRANCE DE L'INDUSTRIEAutomobileLES NOUVEAUX VÉHICULES JOUENT UN RÔLE MOTEURL'industrialisation des nouveaux produits des constructeurs justifie la majorité des investissements réalisés par le secteur de l'automobile. Les dépenses pour adapter les capacités et moderniser les installations exist...

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LA FRANCE DE L'INDUSTRIE

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LES NOUVEAUX VÉHICULES JOUENT UN RÔLE MOTEUR

L'industrialisation des nouveaux produits des constructeurs justifie la majorité des investissements réalisés par le secteur de l'automobile. Les dépenses pour adapter les capacités et moderniser les installations existantes sont cependant loin d'être négligeables.



D'une année sur l'autre, l'automobile reste un secteur clé de l'investissement industriel en France. Le bilan des douze derniers mois dévoile une hausse sensible des montants injectés par rapport à l'année précédente (+ 25 %). " Et les efforts resteront soutenus dans le futur, au vu des stratégies offensives des constructeurs ", estime Victor Mallo, directeur de la stratégie industrielle de PSA Peugeot Citroën. Comme à l'habitude, les constructeurs indiquent la voie à suivre. Les dépenses du secteur sont majoritairement destinées à organiser l'accueil effectif ou à venir des nouveaux véhicules. Le groupe Volkswagen investit ainsi à Dorlisheim (Bas-Rhin), pour construire l'usine qui assurera le montage des futurs modèles Bugatti dès 2003. Micro Compact Car (DaimlerChrysler), qui assemble les Smart à Hambach (Moselle), construira au deuxième semestre une ligne de montage destinée à accueillir son roadster. Mais ce sont les deux leaders français qui tiennent le haut du pavé. PSA Peugeot Citroën aura notamment injecté plus de 2,5 milliards de francs à Sochaux (Doubs) d'ici à la fin de l'année, pour la mise en production de la 607 et de la toute nouvelle 307. Quant à Renault, il a dépensé plus de 1,7 milliard de francs pour accueil- lir la Laguna II et les futurs véhicules haut de gamme du groupe à Sandouville (Seine-Maritime), ainsi que 3 milliards à Douai (Nord) pour préparer l'arrivée de la remplaçante de la Scénic.

Suivre l'évolution des gammes

Les constructeurs sont aussi très actifs en ce qui concerne les groupes moto-propulseurs. La Française de Mécanique (Renault/ PSA) aura investi plus de 4 milliards de francs à Douvrin (Pas-de-Calais) en cinq ans, notamment pour produire plusieurs nouveaux moteurs pour Renault, PSA et Ford. De son côté, Toyota étendra son site d'Onnaing (Nord), pour accueillir une unité d'assemblage de moteurs diesel. Et PSA investit 500 millions de francs sur son site de boîtes de vitesse à Metz (Moselle), pour fabriquer une nouvelle famille de produits destinés aux grandes berlines et aux utilitaires des marques Peugeot, Citroën, Fiat et même Nissan. Pour suivre le développement de l'offre des constructeurs, les équipementiers ont aussi mis la main à la poche. " Les investissements de nos fournisseurs sont liés à l'évolution de nos gammes. Et comme nous achetons 70 % de la valeur totale du véhicule, il ne faut pas sous-estimer ces investissements. D'autant plus que nous développons des parcs de fournisseurs ", explique Pierre-Alain de Smedt, directeur général adjoint de Renault. Les nouvelles unités se multiplient. A Douai, SAS Automotive investit dans une usine, opérationnelle à l'automne, qui produira les tableaux de bord de la remplaçante de la Scénic. L'américain Lear a construit une unité de production de sièges à Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise), destinée à alimenter en flux tendu la ligne de la Peugeot 206 à Poissy, et a repris une usine de Faurecia à Lagny-le-Sec (Oise), pour équiper notamment les futures remplaçantes des 106 et Saxo, qui seront produites à partir de fin 2001-début 2002 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Plastic Omnium a démarré depuis août 2000 à Fontaine (Territoire de Belfort) une usine de fabrication d'ailes avant en thermoplastique et de réservoirs destinés à la Peugeot 307. Et, Inoplast investit dans une unité de pièces en composite à Flers-en-Escrebieux (Nord), pour fournir notamment Renault Douai.

Adapter l'outil de production

Au-delà des dépenses spécifiquement dédiées aux derniers véhicules, constructeurs et équipementiers adaptent leur outil aux évolutions de la demande. " La priorité, ce sont les nouveaux produits. Mais ensuite, nous investissons également dans différents domaines, en fonction des urgences ", explique Victor Mallo, de PSA Peugeot Citroën. Le constructeur français a ainsi investi de façon importante à Poissy (Yvelines) et Mul- house (Haut-Rhin) pour gérer le grand succès commercial de la petite 206. Il augmente les capacités de sa fonderie de Charleville-Mézières (Ardennes) et de son site " liaisons au sol " de Cormelles-le-Royal (Calvados). De son côté, Renault investit environ 1,5 milliard de francs à Cléon (Seine-Maritime), pour augmenter les capacités de sa principale usine de mécanique. La Sovab, qui fabrique le Renault Master à Batilly (Meurthe-et-Moselle), installe un nouvel atelier de tôlerie pour faire passer sa production quotidienne de 500 à 570 utilitaires. Dans le même but, Renault V.I. investit à Blainville-sur-Orne (Calvados) et Bourg-en-Bresse (Ain). Sevelnord, détenue à parité par PSA et Fiat, injecte pour sa part 1 milliard de francs à Lieu-Saint-Amand (Nord), pour accroître la production des monospaces (806, Evasion, Ulysse, Zeta) et des utilitaires (Expert, Jumpy, Scudo). Quant à DaimlerChrysler, il développe sa logistique : outre l'extension du centre d'Etoile-sur-Rhône (Drôme), une deuxième plate-forme sera implantée à Valenciennes (Nord) d'ici à 2003. Tous ces investissements sont importants, même si les constructeurs cherchent à les minimiser. " L'évolution des capacités repose davantage sur la flexibilité des usines, avec la mise en place d'une troisième équipe par exemple, plutôt que sur des capacités ma- térielles supplémentaires ", tempère Pierre-Alain de Smedt. Le souci de réactivité des constructeurs les pousse par ailleurs à développer la sous-traitance, ce qui profite à des secteurs comme la fonderie ou la logistique.

De nouveaux équipements en gestation

Les équipementiers augmentent eux aussi leurs capacités. Une évolution soutenue principalement par le développement de certains équipements. Avec l'arrivée en force des moteurs à injection directe, Delphi investit à Blois (Loir-et-Cher) et à Périgny (Charente-Maritime) pour augmenter sa production d'injecteurs et de systèmes " common rail ". Le japonais Ibiden et la branche céramique de Saint-Gobain vont construire une unité commune à Courtenay (Loiret), pour fabriquer des filtres à particules pour moteurs diesel. SMI-Koyo, filiale de Toyota, injecte 500 millions de francs à Irigny (Rhône-Alpes), principalement pour accroître sa production de directions électriques. Pour répondre à la forte demande du marché européen de la climatisation, le japonais Sanden investit 655 millions de francs à Tinténiac (Ille-et-Vilaine), où il produit des compresseurs. Et comme les freins à disques, qui ont conquis les roues avant, se généralisent maintenant sur les roues arrière, Bosch recentre la production de son usine de Saint-Barthélémy-d'Anjou (Maine-et-Loire) sur cette activité et entend même doubler ses volumes. En plus de l'augmentation des capacités, des investissements non négligeables sont consacrés à la modernisation des installations. La tendance se fait sentir chez tous les acteurs du secteur, par souci de qualité, de sécurité et de productivité. Les mesures destinées au respect de l'environnement sont particulièrement à l'ordre du jour, notamment en ce qui concerne les opérations de peinture, tant au niveau du process que des matériaux utilisés (développement des produits hydrodiluables). Renault a déjà transformé l'atelier de son usine de Douai. Et PSA, qui achève cette année la refonte de celui de Poissy, investira 1,5 milliard de francs à Mulhouse pour construire un atelier d'ici à fin 2003. Les normes drastiques sur les rejets polluants, qui entreront en vigueur en 2007, ne peuvent qu'inciter les constructeurs à continuer d'évoluer dans ce sens.

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