La France, bonne élève mais peut mieux faire dans les essais cliniques des médicaments

Grâce à son écosystème public et aux efforts des laboratoires pharmaceutiques, l’Hexagone continue d’attirer de nombreux essais de médicaments sur des patients. Mais l’industrie doit encore relever le défi de la transparence.

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La France, bonne élève mais peut mieux faire dans les essais cliniques des médicaments

Si l’inquiétude grandit sur le maintien de la production de médicaments en France, la situation n’est pas si mauvaise pour les essais cliniques, ces tests réalisés durant plusieurs mois sur les patients, indispensables avant l’octroi d’une éventuelle autorisation de mise sur le marché par les agences sanitaires. Comme tous les deux ans, le syndicat de l’industrie pharmaceutique (Leem) a mené une enquête auprès de ses adhérents sur l’attractivité de la France en la matière. 36 entreprises, représentant 66,3 % des parts du marché français du médicament, ont joué le jeu.

Bonne nouvelle, selon les résultats présentés mardi 3 mars : sur 8 671 études industrielles enregistrées entre 2012 et 2013, plus de 10% (919) ont été réalisées en France. L’Hexagone fournit 5,9 % des patients inclus dans les études internationales, se plaçant juste derrière l’Allemagne mais devant l’Italie, l’Espagne ou l’Angleterre. Même s’il reste difficile de rivaliser avec les Etats-Unis, le premier marché pharmaceutique mondial. Ou, tendance plus récente, avec l’Europe de l’Est.

Un contrat unique pour éviter les lourdeurs administratives

Notre pays est pourtant rapide dans l’enrôlement de patients et voit la qualité de son infrastructure et de son système de santé reconnu via la mise en place de nombreux partenariats publics privés dans la recherche en santé, relève le Leem. Mais il est pénalisé par certains points faibles, comme des délais toujours plus longs de mise en place des essais cliniques à cause de lourdeurs administratives. Des lourdeurs que dénoncent aussi bien le public que le privé, car elles repoussent l’accès des molécules aux malades.

Ces maladies oubliées des essais cliniques français

Selon l’étude du Leem, on assiste à une montée en puissance en France de la recherche clinique dans certaines aires thérapeutiques : cancérologie, maladies rares et infectiologie. Mais les champs du cardiovasculaire et du diabète font figure de parents pauvres. Tout comme les cancers de l’enfant, qui touchent encore 2 500 enfants et adolescents chaque année, dont 500 en meurent.

Des associations, comme Imagine for Margo, se voient contraintes de lever elles-mêmes des fonds pour initier et financer des essais cliniques pour tenter de guérir ces jeunes patients. Le Leem, de son côté, a écrit à la ministre de la Santé pour lui demander de faire avancer la réglementation européenne en faveur de la recherche chez l’enfant.

"Il faut fluidifier le système, le simplifier grâce à une meilleure synergie entre acteurs de la recherche clinique : industriels bien sûr mais aussi médecins investigateurs, hôpitaux, patients, chercheurs, autorités administratives, estime Patrick Errard, le Président du Leem. C’est ce que nous tentons de faire, par la mise en place du contrat unique, mesure que nous avons fait avancer via le Comité stratégique de filière". Une mesure reprise par le ministère de la Santé et appliquée depuis juin 2014, qui propose un processus administratif simplifié. En octobre dernier, 87 contrats de ce type avaient déjà été passés. Mais il reste beaucoup de travail à faire pour faciliter la tâche et professionnaliser les investigateurs des études, pour beaucoup des médecins-chercheurs travaillant en hôpitaux.

Rendre public les résultats négatifs des études

Côté industrie, c’est du côté de la transparence que réside le principal enjeu. Alors que des scandales sanitaires ont sapé la confiance de l’opinion publique dans les médicaments, les autorités européennes veulent désormais obliger les laboratoires à rendre publics tous les résultats de leurs essais cliniques, qu’ils se révèlent positifs… ou négatifs. "Cet engagement a été pris l’an dernier par notre syndicat européen, l’EFPIA, relève Soizic Courcier, la présidente du groupe Attractivité de la France pour la recherche clinique du Leem.

"Les industriels sont plus ou moins en avance, mais la transparence est dans notre intérêt à tous." Ils devront d’autant plus jouer le jeu qu’en France, le Conseil d’Etat vient d’ouvrir la voie à davantage de transparence, en étendant le champ des rémunérations devant être rendues publiques dans le cadre du Sunshine Act. Cette loi, votée suite à l’affaire Mediator, oblige depuis deux ans les industriels à publier leurs liens d'intérêts et contrats avec les médecins qui participent à leur recherche.

Gaëlle Fleitour

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