La France attractive, malgré tout

François Hollande a présenté une petite dizaine de mesures pour doper l’attractivité du pays devant 34 chefs d’entreprises étrangers. Il a au passage enjolivé les chiffres des investissements directs étrangers pour 2013.

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La France attractive, malgré tout

Non, la France n'a pas perdu son attractivité par rapport aux autres grands pays industriels. Devant 34 PDG de grands groupes mondiaux, dont les grands patrons de Nestlé, de Siemens ou de Samsung Electronics, réunis pour le premier conseil de l'attractivité depuis 2011, c'est le message que le président de la République veut avant tout faire passer. "La France est un pays attractif. Elle l’est restée même pendant la période de crise que nous venons de traverser", a estimé François Hollande devant son auditoire à l’Elysée.

Selon François Hollande plus de 700 décisions d’investissements "ont été prises l’an dernier, pour un total de 30 000 emplois créés ou maintenus. C’est plus qu’en 2012 en nombre et en création d’emplois." Et, a encore souligné François Hollande devant les chefs d'entreprise étrangers "la France a réussi à garder sa place mais doit maintenant faire plus". Le Président enjolive passablement le tableau.

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C’est aussi une façon d’évacuer les estimations pessimistes de la Cnuced, qui a fait état fin janvier d’une chute de 77 % des investissements directs étrangers (IDE) en France l’an dernier. Même s’ils sont à prendre avec précaution, puisqu’ils sont susceptibles de faire l’objet de fortes révisions en cours d’année, les chiffres de l’agence de l’ONU ont jeté un froid et fait craindre un effondrement de l’attractivité de la France.

Les chiffres de l’agence française pour les investissements internationaux (AFII), ont beau être beaucoup plus rassurants que ceux de la Cnuced, ils n'en sont pas moins en deçà du décompte du président. En 2013, la France a attiré 685 projets d'implantations ou de reprises de sites contre 693 en 2012, qui avaient généré près de 26 000 emplois. Pas de recul marqué donc mais une quasi stabilisation (-1,2 %) du nombre de projets d’investissements étrangers en France. Le nombre d'emplois concernés en revanche a bien progressé, de près de 26 000 emplois maintenus ou créés en 2012 à près de 30 000 l'an dernier.

Un "French Tech Ticket " pour les start-up les plus innovantes

A Valenciennes, Toyota devraient ainsi créer 400 emplois supplémentaires d’ici juin pour fabriquer des Yaris destinées au marché américain. Le groupe japonais Kubota a aussi annoncé fin 2013 la création d’un site de production de tracteurs près de Dunkerque, avec 140 emplois à la clef.

Il n’y a pas lieu de crier victoire pour autant. Certes, pour la première fois depuis 2010, le nombre de sites de production progresse, tandis que les sites de R&D, d'ingénierie ou de design font un bond de 58 projets passant à 77 entre 2012 et 2013. Le nombre d'IDE tient davantage à la progression des reprises d'entreprises par des sociétés étrangères (+9 % sur un an) et parfois à la barre du Tribunal de commerce, qu'à des décisions d'extension de sites déjà existants en fort recul (-14 %). Et le niveau atteint en 2013 est loin du pic atteint en 2010 avec 782 décisions d’investissement.

Surtout, d’années en années, le nombre d’emplois moyens créés par projet ne cesse de diminuer. "Entre 2006 et 2012, le nombre d’emplois créés a baissé de près de 40%", soulignaient fin décembre trois chercheurs de l’Insead dans une étude intitulée "Pourquoi la bataille de l’attractivité est loin d’être perdue".

Pour redresser la barre, François Hollande entend accentuer l’effort vers deux priorités : attirer davantage les investissements directs étrangers en provenance des grands pays émergents, qui ne représentent toujours qu'1% du stock d'IDE en France et les centres de R&D et d'innovation.

Pour restaurer l’attractivité du territoire, les procédures d’obtention de visas longue durée pour les chefs d’entreprise devraient ainsi être simplifiées. Les start-up les plus innovantes devraient quant à elles profiter d’un dispositif "French Tech Ticket" dans lequel les entreprises sélectionnées pour leur caractère innovant bénéficieraient d’une aide financière de 25 000 euros et d’un accompagnement sur mesure par un interlocuteur unique.

Solène Davesne

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