La France a créé peu d'emplois entre 2002 et 2007

L'emploi salarié dans le privé a progressé de 3,9% seulement en cinq ans comparé à la hausse de 14% enregistrée entre 1997 et 2001. L'industrie a été particulièrement touchée par le déclin.

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La France a créé peu d'emplois entre 2002 et 2007
La période 2002-2005 n'a pas été faste pour l'emploi, selon un rapport de l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), qui fédère les Urssaf, publié mardi 19 août. Les postes créés dans le secteur privé ont progressé de 3,9% entre 2002 et 2005, essentiellement tirés par les secteurs des services et de la construction. C'est beaucoup moins que la hausse de 14% enregistrée entre 1997 et 2001.


Le salaire moyen a crû de 13,9% en cinq ans

Avec 673 000 emplois créations d'emplois en cinq ans, le salaire moyen par tête (SMPT) a augmenté de 13,9% pour atteindre en moyenne 2 136 euros par mois en 2007. Avec une inflation de 8,7% entre 2002 et 2007, le pouvoir d'achat a progressé de 5%.

Normal vu que cette période a débuté avec la crise économique et financière de 2001-2002. Environ 673 000 emplois ont été créés pendant cette période, soit "une croissance moindre" qu'entre 1997 et 2001 car "l'emploi et la masse salariale ont été plus affectés par le ralentissement de 2001 que le PIB", observe l'agence nationale. Après le
retournement conjoncturel de 2001, qui a vu la croissance de l'emploi chuter d'un rythme annuel moyen de 3,3% sur 1997-2001 à 0,9% en 2002 et 0,1% en 2003, les créations d'emploi se sont accélérées pour atteindre un rythme de 1,6% en 2007, plus forte progression depuis 2002, fait remarquer l'Acoss dans son étude.

410 000 emplois industriels détruits

Mais l'évolution de l'emploi entre 2002 et 2007 n'a pas été homogène entre les régions et les secteurs dont certains souffrent d'avantage des cycles conjoncturels. A commencer par l'industrie qui a perdu 410 000 effectifs en cinq ans (-10%). Si la dégradation dans ce secteur s'est fortement ressentie entre 2002 et 2004, elle s'est atténuée par la suite. En glissement annuel, l'emploi industriel passe de -2,6% en 2004 à -1,5% en 2007.En 2007, l'industrie employait un salarié sur cinq avec 3,6 millions d'emplois. Les secteurs de l'habillement-cuir (-35%) l'industrie textile (-32%) et l'équipement du foyer (-21%) ont été particulièrement touchés par l'hémorragie, totalisant près de 117 000 pertes d'emplois.

Emploi dans les grands secteurs
d'activité entre 1997 et 2007


Mais la chimie-caoutchouc plastiques (-11,6%), l'édition-imprimerie (-12,7%) ainsi que l'industrie des composants électriques et électroniques (-13,5%) subissent également des pertes considérables. Quant à l'industrie automobile, excepté une période de stagnation entre 2002 et 2004, elle perd au total 22 000 emplois (-7,5%) en cinq ans. D'autres activités industrielles prennent le relais, notamment celles liées à la construction : les fabrications de charpentes et de menuiseries métalliques (+16%), d'ascenseurs (+14%), d'éléments en matières plastiques pour la construction (+9,6%) et de charpentes de menuiseries (+7,5%).

Boom du BTP : + 15 % en cinq ans

Et le BTP, avec 1,4 millions de salariés en 2007, a généré à lui seul près de 200 000 créations nettes d'emplois depuis 2002, soit en hausse de 15%, notamment pour les travaux de charpente, la plâtrerie ou la construction de maisons individuelles, et est arrivé à 1,4 million de salariés en 2007. Enfin, autre secteur locomotive, le tertiaire, avec 13 millions de salariés en 2007 (72% des emplois), a connu en cinq ans "une croissance modérée" avec près de 900 000 créations nettes d'emploi (+7,4%), et ce en dépit de nettes hausses dans certains services à la personne (aide à domicile, accueil des personnes âgées ou handicapées) et aux entreprises (centre d'appels, nettoyage et sécurité).

Par ailleurs, la tendance à l'externalisation de certaines activités par les entreprises industrielles se poursuit au cours de ses cinq années, notamment pour l'ingénierie, le conseil, le nettoyage, la sécurité, l'intérim et le transport. Autre trait saillant de cette période : l'intérim a augmenté de 13% depuis 2002 (+89 000 postes) pour atteindre 788 000 salariés en 2007, progression "relativement modeste après le doublement des effectifs intérimaires enregistré entre 1997 et 2001".

Enfin, les inégalités de l'emploi persistent par région, selon l'étude. Le Nord et l'Est, « fortement industrialisées par le passé, ont particulièrement pâti du déclin », note l'Acoss. Tandis que le Languedoc-Roussillon (+11%) et Midi-Pyrénées (+10%) restent les régions métropolitaines les plus dynamiques (en dehors de la Corse), tirées notamment par la construction, le conseil-assistance et les services opérationnels. La construction navale et aéronautique qui recule de 3% en France, rappelle l'Acoss, « progresse de 21% en Midi-Pyrénées », grâce au pôle aéronautique de Toulouse.

Carmela Riposa

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