Quotidien des Usines

La Française de mécanique annonce 830 suppressions de postes

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Le fabricant de moteurs Française de mécanique, filiale de PSA et Renault à Douvrin (Pas-de-Calais), a annoncé mardi le non-remplacement de 830 départs à la retraite d'ici à fin 2018, a indiqué à l'AFP la direction de l'entreprise.

La Française de mécanique annonce 830 suppressions de postes
Ligne de production sur le site de Douvrin (Pas-de-Calais)
© Française de Mécanique

La crise du secteur automobile rattrape la Française de mécanique. La filiale de PSA Peugeot-Citroën et Renault basée à Douvrin dans le Pas-de-Calais a annoncé mardi 18 juin le non-remplacement de 830 départs à la retraite d'ici à fin 2018.

Début des négociations avec les syndicats

"Le marché européen a baissé et va continuer de baisser dans les quatre années à venir. Les départs à la retraite d'aujourd'hui à la fin 2018, soit 830, ne seront pas remplacés sur la base des prévisions actuelles, sauf retournement de tendance à la hausse", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Papin, porte-parole de l'entreprise détenue à parts égales par le deux constructeurs automobiles français.

La direction souhaite qu'"un accord soit signé avant les grandes vacances avec les syndicats de façon à le présenter aux deux maisons mères à temps pour les décisions qu'elles doivent prendre bientôt sur les commandes de moteurs".

Les négociations avec les syndicats ont démarré mardi sur le thème des accords de performance industrielle et économique. Le même jour, la direction de la Française de mécanique a tenu plusieurs assemblées générales pour informer les 3 200 membres du personnel "de la situation de l'entreprise et des raisons pour lesquelles il est nécessaire de se mettre autour de la table", a fait savoir Jean-Pierre Papin.

Baisse de 30% de la production d'ici 2017

"Nos prévisions tablent sur une baisse de nos volumes de 32 % d’ici 2017. Mais nous sommes déjà en sureffectif", indique Jean-Pierre Papin. Il est d’ores et déjà acquis que les 830 départs en retraite à venir fin 2018 ne seront pas remplacés. Mais d’ici là, Française de mécanique doit trouver des solutions pour pallier à ses baisses de charge.

D'après les prévisions communiquées par le porte-parole, l'entreprise produira 650 000 moteurs en 2017, contre 990 000 actuellement, ce qui représente une baisse de 30% de la production. En 2003, quand elle produisait 2 millions de moteurs par an, soit 10 000 par jour, l’usine employait 5 500 salariés. Mais aujourd’hui elle ne produit plus que 4 250 moteurs par jour. Elle ne compte plus que 3 220 salariés, dont plus de 3 000 en CDI. Et le site est quand même en sureffectif.

"Nous avons déjà recours au chômage partiel mais il nous faut trouver d’autres leviers. L’objet de cette négociation est de tout mettre sur la table. Il n’y a pas que la main d’œuvre à prendre en compte. On peut aussi faire des économies d’énergie, réduire nos rebus et la non qualité", souligne Jean-Pierre Papin.

 "Il y a actuellement un sureffectif - 150 personnes - que les départs à la retraite ne suffiront pas à éliminer compte tenu de la perspective de baisse dans les quatre années, d'où la recherche avec les partenaires sociaux de quelque chose de plus pour améliorer la performance", a expliqué Jean-Pierre Papin.

Côté syndical, on redoute des pressions de la direction pour réduire bien davantage les effectifs et une bataille de chiffres a commencé. "Le plan de la direction est d'arriver à 1 800 salariés fin 2016, au lieu de 3 200 actuellement", a par exemple affirmé à l'AFP le délégué CGT du site, Alain Labarre. Selon lui, d'ici 2016, seulement 400 à 500 départs à la retraite sont programmés. Le syndicaliste est donc persuadé qu'"il y aura d'autres mesures", et craint des "pressions" pour pousser les salariés à partir ou "de la mobilité vers d'autres sites".

Julien Bonnet avec Geneviève Hermann

 

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