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La Fondation Concorde s'engage pour l'industrie

Christophe Bys

Publié le

Entretien Le groupe de réflexion Fondation Concorde vient publier un rapport pour relancer le Produire en France. Les conclusions de ce document étaient présentées à l'Assemblée nationale jeudi 24 mars, en présence de Jean François Copé et de François Hollande. Michel Rousseau, président de la Fondation Concorde, a répondu à nos questions.

La Fondation Concorde s'engage pour l'industrie

L'Usine Nouvelle - Qu'est ce qui vous a motivé à aborder la question du Produire en France ?
Michel Rousseau - A la Fondation Concorde, nous sommes convaincus du rôle moteur de l'industrie. Or notre industrie se trouve aujourd'hui dans une situation alarmante : la mondialisation impose des défis que nous peinons à relever. Pour préparer l'avenir, elle doit retrouver un nouveau dynamisme. Or, les services ont été beaucoup privilégiés dans la foulée du rapport Kahn du Hudson Institute qui au début des années 70 prévoyait que la France dépasserait l'Allemagne grâce aux services.

A cela s'ajoute le poids des représentants des entreprises de services dans les organisations patronales : celles-ci n'ont pas assez attiré l'attention sur la perte de nos petites industries. Résultat : aujourd'hui, la France manque d'entreprises de taille intermédiaire.

A la fondation, nous sommes convaincus que les services et l'industrie ne peuvent pas être mis sur le même pied. L'industrie a une capacité d'entrainement, de création d'emploi, de niveau de vie et de pouvoir d'achat.

Le rapport évoque une stratégie agressive. L'urgence est-elle d'attaquer ?
Notre objectif est la conquête, le déploiement des entreprises sur de nouveaux marchés. Pour cela, il faut massivement baisser les coûts pour que les industries françaises soient compétitives par rapport à nos concurrents.

Je ne crois pas que le problème de la France soit à chercher du côté d'une mauvaise spécialisation. Les pays émergents ont des besoins immenses que nous pourrions remplir. Nos industries à faible valeur ajoutée ont un rôle imminent à jouer dans les territoires, notamment pour augmenter notre taux d'emploi.

Les propositions de la fondation Concorde
1 - Un redéploiement de la fiscalité pour restaurer la compétitivité des entreprises industrielles :
-    baisse de 50 % des charges sociales des salariés travaillant dans le  secteur exposé
-    baisse de 75 % de la Contribution économique territoriale pour les entreprises industrielles soumises à la concurrence internationale
-    suppression de l'ISF ou à défaut aménagement par une exonération à hauteur de 75 % des capitaux investis en actions
-    baisse du taux de l'impôt sur les sociétés à 20 % pour les bénéfices réinvestis et réduction du taux marginal d'imposition des dividendes des entreprises de moins de 500 personnes à 10 %
2 - La création d'une agence nationale pour le développement de l'Industrie voulue comme un « instrument de défense des intérêts de l'industrie » dans « l'appareil d'Etat »
3 - Le maintien du crédit impôt recherche
4 - L'intégration d'un objectif de croissance dans les statuts de la banque centrale européenne
5 - Organiser l'afflux de nouvelles compétences dans les territoires.
Dans le rapport, vous vous en prenez à la baisse de la Tva dans l'hôtellerie et la restauration, préconisant une hausse de cette taxe. Pourquoi ?
Les restaurateurs ont fait un bon lobbying, en mettant en avance le taux différent qu'ils supportaient par rapport à la restauration industrielle. Il aurait mieux fallu augmenter le taux de tva de ces derniers. Nous proposons de remonter la TVA à 12 % dans la restauration, pour financer des baisses de charges dans l'industrie.

Il faut opérer d'urgence un tel transfert du secteur, non exposé à la concurrence et protégé, vers les secteurs exposés à la concurrence internationale et donc non protégé. Un tel transfert créera de l'emploi et de la croissance à moyen terme. L'industrie est le moteur de la croissance, il ne faut pas le brider, mais le stimuler.

Une bonne partie de vos mesures concernent la fiscalité. Est-ce le seul problème ?
Nous voulons faire de l'industrie française un secteur compétitif et attractif. Par exemple, les mesures concernant la suppression ou l'aménagement de l'impôt sur la fortune ont pour but de redonner aux jeunes diplômés  la possibilité de gagner de l'argent dans l'industrie. Il n'est pas possible de déplorer que les élèves de l'école partent travailler dans les salles de marchés sans rien faire pour rendre les métiers de l'industrie attractifs. Un jeune qui remporte un succès industriel crée aussi de la richesse pour toute la Nation.

Autre mesure, vous voulez créer dans « l'appareil d'Etat, un instrument de défense de l'industrie". Le ministère de l'industrie n'est donc pas efficace ?
Aujourd'hui, il est sous la tutelle de Bercy. Par conséquent, certains arbitrages doivent être difficiles à prendre et il n'est pas sûr qu'ils soient toujours effectués en fonction du seul intérêt industriel. Ce que nous voulons c'est un outil indépendant, une véritable agence de développement qui donne des outils aux industriels et qui défendrait leurs intérêts.

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