La folle journée de Doublet au Tour de France

Le Tour de France ayant débuté ce week-end, de nombreux industriels sont sur le pont. A commencer par l'entreprise Doublet. C'est elle qui installe la visibilité des partenaires sur les 30 derniers kilomètres, pour chacune des 21 étapes du tracé 2011. Et la journée commence tôt. Par la ligne d’arrivée.

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La folle journée de Doublet au Tour de France

Cette année, Doublet attaque son dixième Tour de France. Le saviez-vous ? Cette PME trace la ligne d’arrivée de chaque étape. "Partenaire technique du Tour", l'entreprise fabrique banderoles, drapeaux et stickers qui jalonneront le parcours. Récit d’une journée type pour ce spécialiste du kakémono.

Entre 4 et 6 heures du matin
Branle-bas de combat pour "l'équipe des 30 derniers kilomètres". Souvent composée de jeunes salariés ravis de l'aventure, elle réalise chaque jour un marathon matinal. "Dès que la route est fermée et sécurisée, tout le barnum se met en place", explique Philippe Marceau, Directeur Événementiel de Doublet. Le "directeur du site" est indispensable pour déterminer l’emplacement précis de la ligne finale. Mandaté par l’organisateur Amaury, c’est l'homme qui a fait les repérages dans l'année avec la préfecture. Sur les indications de ce patron de la ligne d'arrivée, il faut alors tracer la démarcation au sol : "deux bandes blanches avec une bande noire", indique Philippe Marceau. Puis l’entreprise peint sur la route les logos Skoda, en amont et en aval de la ligne.

En cas d’étape de montagne ou de course contre la montre, la PME se permet de recourir à des adhésifs, plus faciles à retirer du bitume. Mais s’il s’agit de plat avec sprint final, l’adhésif ne possède pas l’abrasivité du macadam et le peloton lancé à 70 km heure risque de déraper. Mieux vaut opter pour la bonne vieille peinture. Que certains maires tiennent d’ailleurs à exhiber : l’Alpe Duez, fréquentée par beaucoup de cyclotouristes, fait la joie des amateurs photographiant ce souvenir sur goudron.

Du côté de l'usine
Tout se fabrique à Avelin, où la production destinée au Tour commence début mai. Banderoles, kakémonos, parties adhésives, pochoirs pour peintures sont imprimés sur des rotatives géantes. Concrètement, 7-8 machines d’impression sur textile, une machine d’impression sur support souple et une machine destinées aux supports souples et rigides sont actionnées sur les bobines de bâche. Reste à conditionner et livrer le tout, deux semaines avant le début du Tour.
Vers 8 heures du matin
Plus loin, tout au long des 450 mètres avant la ligne d’arrivée, il s'agit de poser les barrières ornées des banderoles siglées des marques partenaires, qui juguleront la foule. Au 10e, au 20e et au 30e kilomètre, ce sont les arches aux couleurs de Vittel, Carrefour et LCL qui sont installées. Les coureurs s’engouffreront dessous plusieurs heures plus tard.

Dans la zone d’arrivée, sous la houlette du directeur de site, des barrières hautes sont posées autour de la "zone technique", d’où émettent les camions radio et les télévisions. Doublet travaille depuis un an à la conception de barrières "repousse public" dotées d’arches, qui empêcheront toute main de percuter malencontreusement un coureur. Suite à la chute de Laurent Jalabert à Armentières d’ailleurs, les barrières ne laissent plus dépasser aucun panneau publicitaire. La réclame est directement intégrée à la clôture.

Vers 10h-11h du matin

Le soleil est déjà haut. "Le public arrive en masse, tout est sécurisé et clos de palissades", indique Philippe Marceau. L’équipe de Doublet peut souffler.

A midi
Le soleil au zénith, "on n’a plus rien à faire", décrit le Directeur Événementiel. Sa mission accomplie, l'équipe déjeune puis fait la sieste, pendant que la foule attend les coureurs.

L’après-midi
Les coureurs sont arrivés. Doublet est à nouveau sur le pont, "au cul du balai", selon l’expression consacrée. En effet, l’équipe dite "des derniers 30 kilomètres" démonte le dispositif juste derrière la voiture balai. Tout est nettoyé sauf la ligne d’arrivée, sur laquelle doit avoir lieu le "protocole" du jour. Afin de laisser passer les badauds qui s’agglutinent pour assister à la remise des prix, on ouvre les barrières .

Vers 20h-21h
C’est fini. L’équipe dine et prend la route pour se rendre à l’étape suivante, en s’assoupissant dans les cars couchettes. Une véritable communauté nomade : pas moins de 90 personnes, 16 petits véhicules et 3 bus sont mobilisés par Doublet sur le Tour. "On est totalement autonomes : on n’a besoin de rien ni personne", indique Philippe Marceau. Le convoi peut jeter l’ancre n’importe où, en montagne comme en centre-ville. "Au bout de trois semaines, on est content de rentrer et triste que cela s’arrête déjà", confie Philippe Marceau. La remontée vers Paris, à la fin du Tour, s’annonce euphorique.

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