La flambée du pétrole contraint les gouvernements à réagir

Le cours du brut : l’évoquer fait peur aux consommateurs comme aux industriels. La tendance est à la hausse, portée par la crise en Libye. Face à une augmentation du carburant qui rogne pouvoir d’achat et marges, certains gouvernements européens cherchent des solutions. En France, le PS demande des mesures.

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La flambée du pétrole contraint les gouvernements à réagir

Après un mois de conflit entre les rebelles et les forces du colonel Mouammar Kadhafi, le marché pétrolier mondial est privé de 1,49 million de barils de pétrole. Ce chiffre correspond en effet à ce que le pays exportait avant la crise. Et même si la production libyenne représente environ 1,5% de la consommation d'or noir dans le monde, 85% du pétrole libyen exporté sont à destination de l'Europe.

Sur le papier, l’Arabie Saoudite, premier pays producteur au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a indiqué qu'elle disposait d'une capacité de production supplémentaire de 3,5 millions de barils par jour si nécessaire. Mais dans les faits, le brut libyen est plus facile et moins coûteux à raffiner. La chute de production pèse donc logiquement sur le marché.

En France, le prix du gazole a grimpé de plus de 18% depuis septembre dernier. Le gouvernement a bien créé un observatoire des prix et des marges, mais la mesure ne suffit pas pour calmer les inquiétudes. Dans les rangs de l’opposition, on demande une baisse de la Taxe intérieur sur les produits pétroliers (TIPP). Et ce mardi, Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS à l'Assemblée nationale, réclame même un décret pour un encadrement des prix pétroliers.

Dans un courrier adressé au Premier ministre François Fillon, dans lequel il évoque "l'aggravation de la facture énergétique des Français", Jean-Marc Ayrault rappelle que "l'Etat dispose de l'arsenal juridique pour encadrer efficacement les prix". Comme l'avait fait durant la première guerre du Golfe, le premier ministre socialiste, Pierre Bérégovoy.

Tour d'Europe des solutions

Chez nos voisins européens, plusieurs gouvernements ont déjà pris des mesures :

- En Belgique, le système dit de "cliquet inversé" sera mis en place le 1er avril prochain. Ce mécanisme consiste à modérer la hausse des prix en rétrocédant une partie de l’augmentation de la TVA.

- En Allemagne, la majorité au Bundestag envisage d’encadrer la hausse des prix, notamment en empêchant les distributeurs de faire des augmentations successives dans une même journée. L’Office des cartels allemands enquête depuis deux ans sur une fixation des prix. Les résultats tomberont en mai.

- En Autriche, le gouvernement a déjà imposé un plafond à une hausse quotidienne du prix de l’essence, qui ne saurait être justifiée par l’évolution du cours du brut, pour les distributeurs.

- Au Royaume-Uni, le chancelier de l'échiquier George Osborne, l'équivalent du ministre des finances, a annoncé la semaine dernière une diminution des taxes sur l’essence de 1 pence par litre (1,15 centimes d’euros). Vu le contexte, il a aussi renoncé à une hausse de 5 pences par litre initialement prévue.

- En Espagne, le travail se fait sur des mesures alternatives. La vitesse maximale sur les autoroutes est passé de 120km/h à 110km/h. Les prix des billets de train bénéficient d'une réduction de 5%. Une subvention pour le changement de pneus est même accordée pour favoriser la baisse de consommation d’essence.

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