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La fintech FIS s'empare de Worldpay pour 35 milliards de dollars, prix record

Publié le

par Justin George Varghese, Rachel Armstrong et Pamela Barbaglia

(Reuters) - La "fintech" américaine Fidelity National Information Services (FIS) a annoncé lundi le rachat de Worldpay pour environ 35 milliards de dollars (30,8 milliards d'euros), la plus grosse acquisition à ce jour dans le secteur en pleine ébullition des moyens de paiement.

Dette comprise, l'opération valorise Worldpay à quelque 43 milliards de dollars.

A Wall Street, le titre Worldpay faisait un bond de plus de 9% en fin de matinée, tandis que FIS cédait un peu plus de 1%.

"Il faut avoir une certaine taille pour être gagnant dans les systèmes de paiement et cet accord donne aux deux entreprises une ampleur incroyable", a estimé Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell.

Worldpay est un acteur majeur du paiement par carte, notamment en Grande-Bretagne. Pour FIS, qui produit des logiciels destinés aux banques et aux gestionnaires d’actifs, ainsi que des solutions d’externalisation de services financiers, l'opération permettra de se diversifier pour accéder au secteur des paiements en forte croissance.

"FIS devrait accélérer la croissance de son chiffre d'affaires, élargir considérablement sa position et générer de nombreuses synergies", a déclaré Michael Schaefer, gestionnaire de portefeuille chez Union Investment, qui détient des titres Worldpay.

"CONSTANTE ÉVOLUTION"

Jadis vu comme un segment où il ne se passait pas grand chose, le secteur des logiciels financiers, devenu très lucratif, est désormais en pleine croissance tout en étant constamment défié par des nouveaux venus qui tentent de bouleverser la manière dont les commerçants sont payés.

Les paiements électroniques devraient représenter quelque 3.000 milliards de dollars par an d'ici 2023, estime le cabinet McKinsey, de plus en plus de personnes délaissant l'argent liquide pour des systèmes numériques afin de régler leurs achats, tendance qui est à l'origine de la vague de consolidation du secteur.

"La taille est importante dans notre industrie en constante évolution", a résumé Gary Norcross, PDG de FIS, qui dirigera la future entité.

Ce rachat de Worldpay - au départ une entité de Royal Bank of Scotland, scindée en 2010 - intervient un peu plus d'un an après le rachat de la société par Vantic pour 10,63 milliards de dollars.

Fiserv, autre fournisseur américain de technologie financière ("fintech"), a annoncé en janvier le rachat de First Data, également spécialiste du traitement des paiements, dans le cadre d'une opération de 22 milliards de dollars.

Worldline, récemment scindée d'Atos, est toujours à l'affût de nouvelles acquisitions après celle du suisse SIX Payment Services pour 2,3 milliards d'euros annoncée mi-mai.

Autre signe de la vitalité du secteur, Nexi, spécialiste italien des paiements, a déposé lundi matin son dossier en vue de sa cotation à Milan, ce qui pourrait être l'une des plus importantes entrée en Bourse de l'année en Europe.

Par rapport à son prix d'introduction en Bourse, opération intervenue en juin 2018, le titre Adyen, acteur néerlandais du secteur, a vu sa valeur bondir de quelque 180% en neuf mois.

En Bourse, Adyen a pris 1,71% lundi dans le sillage de l'annonce de FIS et Wordline a gagné 0,7%.

CROISSANCE ORGANIQUE DE 6% À 9%

Les actionnaires de Worldpay recevront 0,9287 action FIS et 11 dollars en numéraire par titre détenu, soit un total de 112,12 dollars, ce qui représente une prime de quelque 14% par rapport au cours de clôture de vendredi, selon des calculs de Reuters.

La future société conservera le nom de FIS et aura son siège à Jacksonville, en Floride.

Une fois la transaction finalisée, les actionnaires actuels de FIS détiendront 53% de la nouvelle entité et ceux de Worldpay auront le solde.

La nouvelle entité pèsera environ 12 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel pour un excédent brut d'exploitation ajusté de quelque cinq milliards. Les deux entreprises attendent des synergies de coûts de 500 millions de dollars et visent une génération de trésorerie de près de 4,5 milliards en trois ans.

Les deux sociétés ont déclaré que l'accord déboucherait sur une perspective de croissance organique des revenus de 6% à 9% d'ici 2021 et sur des économies totales de 700 millions de dollars sur trois ans.

"Cet accord entraînera une modeste augmentation du bénéfice par action d'ici 2020", a déclaré Gary Norcross lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.

(Benoit Van Overstraeten et Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

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