La fin de l'eldorado chinois pour les producteurs de lait français ?

Une usine à l'arrêt depuis le 1er aout dans la Manche, une autre qui fait face à des difficultés de paiement en Bretagne...Les partenariats franco-chinois dans le secteur laitier semblent avoir du plomb dans l'aile. 

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La fin de l'eldorado chinois pour les producteurs de lait français ?
Les exportations de poudre de lait vers la Chine sont inférieures aux attentes

Sodiaal, Isigny Sainte-mère, Les maitres du Cotentin...En quelques années, les coopératives laitières françaises ont multiplié les partenariats avec les entreprises chinoises, notamment le géant Synutra. Objectif : faire face à la demande croissante de la classe moyenne de l'empire du milieu qui produit 40 milliards de litres de lait par an, mais en consomme 10 milliards de plus.

Depuis quelques semaines, pourtant, ces associations font face à des difficultés, confrontées à une demande des consommateurs chinois moins importante qu'estimée et à des problèmes techniques.

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Le marché chinois, une opportunité pour les producteurs français

La première alerte a été donné par le journal Ouest France qui, mi-août, s'attardait sur la visite des huissiers à l'usine Synutra de Carhaix. En cause : des impayés accumulés depuis plusieurs mois.

Pourtant, en 2016, lorsque l'usine est inaugurée, c'est le plus gros investissement chinois à l'étranger dans le secteur laitier. Il faut dire que, marqués par le scandale des laits frelatés qui, en 2008, a provoqué la mort de 8 bébés, les consommateurs chinois ne font plus confiance aux produits nationaux et préférent les produits d'exportation. "La demande pour les poudres européennes a doublé en moins de 5 ans" analyse Marion Cassagnou, spécialiste du marché du lait chez Agritel. "En France, les exportations de poudre de lait infantile vers la Chine ont, en 2017, augmenté de 211% et rien que sur les 6 premiers mois de 2018, on observe déjà une augmentation de 108%" confirme l'expert.

Accumulation des impayés

Des chiffres qui ne semblent pas en mesure de faire tourner à plein l'usine de Carhaix. Selon les informations revélées par Le Monde, les volumes écoulés par l'usine sont deux fois moins importants que prévus. Pour les producteurs membres de la coopérative Sodiaal, cela se traduirait pas des impayés de leur client Synutra. Une information qu'aucun des associés n'a souhaité commenter.

Toujours selon Ouest France, confirmé par Le Monde, pour sortir de la crise, la coopérative française serait d'ailleurs en train de renégocier le rachat d'une partie de l'outil de production. Sodiaal pourrait racheter une partie de l’usine, dont la réception du lait, l’écrémage, la pasteurisation et les tours de séchage, Synutra conservant la partie conditionnement.

Une annonce qui a de quoi surprendre quand on sait qu'en décembre dernier, Synutra a déposé un permis de construire à la mairie de Carhaix pour la construction d'une seconde unité de production.

Usine à l'arrêt

Plus au nord, à Méautis dans la Manche, la lune de miel aura duré encore moins longtemps. Moins d'un an après la mise en service de l'usine de Méautis, issu d'un partenariat entre les Maitres Laitiers du Cotentin et Synutra, la production serait à l'arrêt.

Ici, il s'agit d'une demande du client chinois, nécessitant un changement dans l'outil de production, qui serait à l'origine de l'arrêt du site. Du côté des Maitres laitiers du Cotentin, on ne souhaite pas commenter l'information, mais une souce interne confirme que des tests d'adaptation sont en train d'être effectués avec le client chinois et qu'aucune date de reprise n'est pour le moment avancée.

Ces déconvenues posent la question de la stratégie des coopératives françaises. Pour concurrencer les grandes entreprises du secteur comme Lactalis ou Danone, elles n'ont pas hésité à saisir l'opportunité de s'internationaliser. Compte tenu des volumes et de sa croissance, le marché chinois est, aujourd'hui, incontournable pour les coopératives françaises. Reste à savoir avec quel mode de coopération. Les représentants des métiers du lait de Coop de France sont, d'ailleurs, actuellement en Chine pour discuter du sujet.

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