L'Usine Aéro

"La filière spatiale doit être plus efficace"

Hassan Meddah , , ,

Publié le

Joël Chenet, sénior vice president de Thales Alenia Space, revient sur les grands enjeux de la réunion des ministres européens de la Recherche qui se tiendra mardi et mercredi prochain.

La filière spatiale doit être plus efficace © Astrium

L'Usine Nouvelle - La conférence des ministres européens de la Recherche devra trancher entre Ariane 5ME et Ariane 6. Quelle est votre choix?
Joël Chenet - En tant que contributeur mineur au lanceur, Thales Alenia Space n'est pas le principal industriel concerné par ces discussions. Je ne suis pas sûr que la messe soit dite dans ce domaine. Un compromis entre les partisans d'Ariane 6 et Ariane 5 ME est toujours possible.

L'enjeu est clair: il faut créer une filière de lanceurs soutenable. Sur le marché des satellites commerciaux, cela passe évidemment par le choix du lanceur le plus compétitif afin d'avoir le bon produit qui marche. Sur le marché des satellites institutionnels, l'Europe pourrait mettre en place une règle de préférence qui privilégie sa filière pour le lancement de ses satellites. C'est ce que font les autres puissances spatiales qui se réservent le lancement de leurs propres satellites.

Dans le domaine des lanceurs, vous appelez également à un rééquilibrage entre la France et ses principaux partenaires. Pourquoi?
Plus les pays seront concernés, plus ils soutiendront la filière spatiale. Au delà de la France, il faut que les autres grands pays européens assument donc pleinement leur rôle. L'Italie et l'Allemagne doivent se sentir plus concernés par la filière. Or il y a un déséquilibre actuellement: Ariane est fabriquée pour plus de 50% en France contre environ 20 à 30% pour l'Allemagne. Dans une filière qui englobe également les lanceurs Vega et Soyouz, l'idéal serait une répartition plus équilibrée entre l'Allemagne, la France et l'Italie.

Quels sont les autres enjeux de cette réunion?
L'autre grand enjeu concerne l'avenir des grands programmes de satellites : le service de radionavigation Galiléo, le service Egnos d'amélioration du signal GPS, le programme de surveillance pour l'environnement et la sécurité GMES. On ne peut pas arrêter ces services qui ont tous leur utilité.

Or en période de crise budgétaire, certains de ces programmes sont fragilisés et notamment GMES. Ce serait un risque majeur si la Commission européenne faisait le mauvais choix en ne finançant pas ce programme. Cela mettrait à mal l'avance prise par l'Europe en matière de surveillance de l'environnement et plus globalement sa politique en faveur de l'environnement.

Le budget pour le secteur spatial risque de stagner voir diminuer. Où trouver l'argent?
Les différents acteurs doivent se montrer plus efficaces et réaliser des économies dans leur fonctionnement. Entre la commission et l'ESA, il faut ainsi éviter de dupliquer les compétences et les travaux redondants. Les industriels doivent se montrer plus efficaces dans leur manière de travailler. L'Europe ne doit renoncer à des outils de souveraineté alors qu'elle doit faire face à des contraintes budgétaires majeures.

La part dans le budget global de la Commission européenne dédiée au secteur spatial reste faible. Or l'espace est devenu indispensable dans la vie des Etats comme des citoyens. Les pays ont besoins de l'accès à l'Espace pour assurer leur sécurité et les citoyens européens sont "accrocs" aux services spatiaux comme le montre le succès du GPS. L'industrie spatiale représente une industrie qui exporte et contribue positivement à notre balance commerciale.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte