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L'Usine Santé

La filière optique tente l’union sacrée pour rassurer le gouvernement

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Essilor, Optic 2000, Luxottica… Jeudi 25 septembre, plusieurs grands noms de l’optique ont présenté collectivement des propositions pour améliorer leur filière. Dans l’espoir aussi de désamorcer l’initiative du gouvernement, qui entend limiter le remboursement des lunettes opéré par les mutuelles.

La filière optique tente l’union sacrée pour rassurer le gouvernement © Kaptain Kobold - Flick - C.C.

Les entreprises citées

Pour mettre fin à la cacophonie des discussions sur le remboursement des lunettes, la filière optique tente la riposte collective. Ce jeudi 25 septembre, veille de l’ouverture du salon international de l'optique-lunetterie (Silmo), se présentait à la presse un nouvel interlocuteur : le "Comité filière optique d’excellence". Avec, comme porte-parole, des incontournables du secteur : Essilor, numéro un mondial de la fabrication de verres, le réseau d’opticiens Optic 2000, le laboratoire ophtalmologique et fabricant de lentilles de contact Alcon, le lunetier Lunettes Morel, mais aussi un ophtalmologiste et un orthoptiste…

Ne pas défendre d’intérêts corporatistes ou commerciaux

La raison de leur union ? "On ne parle pas assez de santé visuelle, du patient, assure Yves Guénin, secrétaire général d’Optic 2000. On défend trop des intérêts souvent corporatistes et on oublie la finalité essentielle." Leur ambition, "s'unir de façon modeste pour dire au gouvernement : on vous propose une solution qui va élever la qualité de la filière et des équipements, homogénéiser le traitement des patients sur tout le territoire, et on ne va pas forcément vous demander d’argent en plus !"

Une initiative inédite, puisqu’elle rassemble des professions et des industriels qui avançaient jusque-là en ordre dispersé. Souvent accusé de faire barrage aux nouveaux entrants sur le marché français de l’optique, Essilor entend ainsi montrer patte blanche. "C’est une démarche totalement ouverte, collaborative. D’autres acteurs de la fabrication de verres sont signataires, rappelle le directeur général d’Essilor France, Ludovic Mathieu. Dans toutes les réflexions, nous avons aussi veillé à ce qu’on parle de socle consensuel : il ne s’agit pas d’être clivant ou dans une logique commerciale." Parmi les autres signataires (lire l’encadré) figurent en effet Transition, filiale d’Essilor, et Zeiss, un de ses principaux concurrents. Mais l’outsider, le verrier japonais Hoya, manque à l’appel.

Renforcer les normes et contrôles des verres et lunettes

Que proposent concrètement les industriels ? De renforcer les normes et contrôles des matériels. Pour commercialiser son produit optique en Europe, une entreprise doit se contenter du marquage CE. Une "auto-certification" insuffisante selon le Comité, qui appelle à ce qu’un laboratoire indépendant s’assure du respect des normes et de la qualité des produits. A l’instar de l’initiative mise en place depuis quelques années par l’industrie lunetière. "Le verre est un dispositif médical, un produit de santé, or on a l’impression ces deniers mois qu’on parle d’un produit de consommation courante", insiste Ludovic Mathieu.

Ils voudraient donc conditionner le remboursement des verres par la Sécurité Sociale et les mutuelles au respect de spécificités techniques minimales (exemple : les traitements contre les rayonnements nocifs qui peuvent générer des pathologies de la rétine, la résistance des verres…) et non plus à leur seule puissance optique. Autre demande, durcir les contrôles douaniers en France, en s’inspirant des contrôles aléatoires aux frontières réalisés aux Etats-Unis, qui soumettent le produit à des tests de résistance.

Les consommateurs manquent à l’appel

Le comité estime agir au service du patient. Pourtant, aucune association de consommateurs n’est partie prenante de l’initiative, alors qu’UFC-Que-Choisir s’était récemment indignée du prix des lunettes. Tout comme les autres porteurs de sujets qui fâchent : mutuelles, assurances, ou encore opticiens en ligne"Nous ne pouvons pas les ignorer, reconnaît Yves Guénin, mais il nous fallait déjà avoir un socle sur lequel se mettre d’accord." Il se veut se rassurant : "Nous ne sommes pas là dans une philosophie d’augmenter le prix, mais d’augmenter l’accès à la santé visuelle". Au gouvernement de voir s’il est convaincu.

Gaëlle Fleitour

13 entreprises et un prestigieux soutien au Comité de filière

13 entreprises ont répondu à l’appel. Parmi elles, plusieurs industriels : les fabricants de lentilles de contact Alcon, Johnson&Johnson, Cooper Vision, 2M Contact, les verriers Carl Zeiss, Essilor et sa filiale Transitions, le leader de la lunetterie Luxottica et le fabricant Morel Lunetterie. Le comité compte aussi les groupements d’opticiens Groupe One, Krys Group, Optic 2000 et Optissimo, ainsi que quelques personnalités qualifiées, dont un prestigieux soutien : José-Alain Sahel, directeur de l’Institut de la Vision.

 

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