La filière laitière attend des réponses de Bruxelles pour sortir de la crise

Devant une crise du secteur laitier qui ne semble pas se dissiper, les éleveurs et les coopératives demandent un élargissement de l’accord conclu le 24 juillet et un relèvement du seuil européen d’intervention sur le beurre et la poudre, pour soutenir la filière.

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Plus d’un mois après la réunion de crise du 24 juillet, réunissant les acteurs de la filière laitière au ministère de l’Agriculture, éleveurs et transformateurs s’accordent à dire que l’accord trouvé ne fonctionne pas. Le secteur laitier traverse toujours une période de crise. Selon la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), le prix payé aux éleveurs depuis le début de l’année se situe à 300 euros pour 1000 litres, alors qu’il était de 365 euros en moyenne en 2014. Et la revalorisation du prix payé aux producteurs, négocié le 24 juillet, semble ne pas être adoptée partout. Pour Thierry Roquefeuil, le président de la FNPL, "les distributeurs, à l’exception du groupe Casino, ont tenu leurs engagements, mais ce n’est pas le cas de plusieurs transformateurs", a-t-il souligné le 2 septembre, pointant particulièrement les groupes Lactalis, Savencia (ex-Bongrain) et la coopérative Laïta.

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Le groupe connu notamment pour sa marque Paysan Breton a été largement critiqué par le syndicat pour sa politique de rémunération de ses éleveurs-adhérents. "Laïta souffre d’une déviance de sa gouvernance et ne respecte plus le principe coopératif d’un homme, une voix. Elle fait le jeu du secteur privé en payant moins ses adhérents et en leur accordant ensuite des ristournes en fin d’année qui ne sont pas proportionnelles à la quantité de lait livré", a insisté André Bonnard, le secrétaire général de la FNPL.

"Un accord qui ne concerne que 16 % des produits collectés"

"Aucun accord n’a été négocié le 24 juillet sur un montant de revalorisation du prix du lait. Ca serait une entente pour laquelle nous pourrions être condamnés", s’est défendu Dominique Chargé, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) et du groupe Laïta. "Seuls 16 % des produits collectés et transformés en France sont concernés", a-t-il ajouté. Estimant que l’accord du 24 juillet n’était pas respecté, la FNPL a demandé au ministre, Stéphane Le Foll, de mobiliser le médiateur pour trouver une solution. "Une nouvelle table ronde doit avoir lieu d'ici à la fin septembre", a par ailleurs précisé Thierry Roquefeuil. Pour tenter de sortir de la crise, la FNCL souhaite que les mesures du 24 juillet soient élargies à l'ensemble des produits laitiers, grandes marques comprises, aux produits vendus à l'industrie, à la restauration collective et au hard-discount.

Réunion à Bruxelles le 7 septembre

Mais plus globalement, éleveurs et transformateurs espèrent que des avancées sortiront de la réunion du conseil européen des ministres agricoles du 7 septembre. "Nous souhaitons que les seuils d’intervention sur le beurre et la poudre soit rehaussé à 270 / 280 euros la tonne, contre 210 à 220 euros actuellement", a insisté Dominique Chargé, pointant les conséquences de l’embargo russe depuis un an, qui a fait chuter les cours du lait en Europe. "Il y a un consensus au sein de nombreux pays européens pour augmenter les niveaux d’intervention", a expliqué Thierry Roquefeuil, espérant qu’une décision sera prise en ce sens le 7 septembre. Une autre revendication de la filière concerne la réattribution des pénalités demandées aux Etats membres ayant dépassé leur quota laitier en 2014. Les coopératives souhaiteraient que les 900 millions d’euros estimés soient distribués comme soutien aux éleveurs. Une revendication partagée par la FNPL. Si aucune solution satisfaisante n’était trouvée le 7 septembre, les éleveurs n’excluent pas de manifester à nouveau leur mécontentement, après la journée du 3 septembre à Paris. Ils pourraient cette fois se faire entendre lors du salon annuel de l’élevage (Space), à Rennes (Ile-et Vilaine), qui se tiendra du 15 au 18 septembre.

Adrien Cahuzac

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