La filière française des crudités fragilisée par l'E.coli

PARIS (Reuters) - Les producteurs français de crudités ressentent très nettement l'impact des craintes liées à l'apparition de l'épidémie provoquée par la bactérie Escherichia coli, montrent les premiers éléments livrés par les professionnels de la filière.

Partager

Du côté des distributeurs également le ralentissement de la consommation se confirme, selon la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution.

Incriminé en premier lieu par les autorités sanitaires allemandes, le concombre est la première victime de la désaffection des consommateurs. La suspension des importations russes rétrécit encore les débouchés européens et engorge le marché.

"Une psychose s'est installée. On la mesure aux chutes de prix", explique Angélique Delahaye, présidente de la Fédération des légumes de France, cultivatrice de concombres et de tomates en Indre-et-Loire.

"On perd tous les jours quelques centimes d'euro par pièce. On est loin de vendre les volumes qu'on devrait vendre à cette époque."

A Rungis, premier marché de gros de France, le concombre se vendait vendredi autour de 10 à 12 centimes l'unité contre 40 centimes il y a une semaine, explique-t-elle. Philippe Stisi, porte-parole du Marché international de Rungis, estime entre 70% et 80% la mévente de ce légume.

Sur les tomates également la baisse est sensible.

"On a perdu 30% sur les prix depuis vendredi dernier", détaille Pierre Diot, qui préside l'association de producteurs AOP tomates et concombres de France. "On vendait vendredi (27 mai) de la tomate-grappe autour de 1,15 euro. Aujourd'hui, les cours c'est 70 à 75 centimes d'euro."

Il constate en outre que les invendus s'accumulent et, selon ses chiffres, ce sont environ 3,5 millions de concombres qui ont été détruits vendredi, ce qui représente environ 1,5 million d'euros.

La mise hors de cause du concombre dans l'apparition de l'épidémie provoquée par la bactérie E.coli, mardi, n'a pas pour l'instant eu l'impact escompté sur le consommateur, qui reste méfiant, disent les professionnels de la filière.

Ils se plaignent de la communication allemande, "lamentable" selon Pierre Diot. "On aura du mal à relever la tête s'il n'y a pas rapidement d'identification précise de la cause", craint-il.

Le coup est d'autant plus dur pour les cultivateurs que la période est l'une des plus favorables de l'année pour la production de concombres en Europe.

Des scientifiques chinois, qui ont analysé le génome de la souche qui a fait 17 morts et contaminé 1.500 personnes dans une dizaine de pays européens, y ont trouvé des gènes qui rendent la souche résistante à certaines classes d'antibiotiques.

Nicolas Delame et Gus Trompiz, édité par Dominique Rodriguez

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS