Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

La filière de la simulation 3 D prend son envol

, ,

Publié le

Un leader européen, quelques pépites, un événement d’envergure nationale… La région monte en puissance dans la simulation 3 D. Elle vient de lancer un cluster pour faire grandir son écosystème.

La filière de la simulation 3 D prend son envol
Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir
© Expérience immersive réalisée par Lumiscaphe pour Stelia Aerospace.

La région Aquitaine veut structurer sa filière de simulation numérique. Celle-ci compte une trentaine d’entreprises, majoritairement de petites unités. Le succès du congrès it3D Event, fin octobre, qui a réuni près de 600 acteurs du secteur sur le site d’Aérocampus Aquitaine, à Lastresne (Gironde), a servi de détonateur. Il a montré que le Sud-Ouest pouvait jouer son rôle, à côté de l’Île-de-France et des Pays de la Loire, où Laval a su créer un écosystème en Mayenne. Les poids lourds de l’industrie étaient là : Airbus, Areva ou encore Alstom. it3D Event a été lancé il y a trois ans par l’entreprise bordelaise Immersion, spécialiste de la simulation 3 D pour l’industrie et locomotive de la filière régionale.

Immersion est l’une des deux entreprises qui comptent parmi les membres fondateurs du cluster it3D Aquitaine, spécialisé dans la simulation 3 D pour l’industrie. Créée en 1994 à ­Bordeaux par Christophe ­Chartier, elle a été précurseur en développant notamment Meetiiim, une table qui permet de manipuler des objets en 3 D, et des salles de réalité virtuelle. Elle emploie 45 salariés et ne pèse, pour l’heure, que 9,1?millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais ce chiffre d’affaires devrait décoller compte tenu du potentiel du secteur. Selon le cabinet ­Digi-Capital, le marché mondial de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée s’élèvera à 150?milliards de dollars en 2020.

« Aujourd’hui, les PME-PMI utilisent encore peu les outils 3 D », déplore Bertrand Castagnet, le directeur du Centre aquitain des technologies de l’information et électroniques (Catie). Cette association est l’un des membres fondateurs du cluster it3D Aquitaine, côté recherche, avec l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), dont l’unité bordelaise a développé une activité dans le numérique avec près de 300 chercheurs, doctorants et ingénieurs. Elle s’intéresse aux besoins en transfert ­technologique des PME-PMI, notamment en matière de big data et d’objets connectés. « Sur la simulation 3 D, nous avons encore besoin d’évangéliser pour les convaincre de l’intérêt de ces outils », souligne Bertrand Castagnet. Le Catie, qui emploie 15 ­personnes, vient de créer une plate-forme pour développer la simulation numérique et a embauché un jeune chercheur dont la mission est d’aller à la rencontre des entreprises.

Un écosystème à structurer et dynamiser

La donne pourrait changer. Le matériel est devenu plus accessible pour les petites sociétés. Il y a trois ans, un casque immersif coûtait 10 000?euros, aujourd’hui, il en vaut 300. Et pour Christophe Chartier, « le plan Usine du futur lancé par l’État constitue une formidable occasion d’implanter ces ­technologies ». La seconde entreprise fondatrice d’it3D ­Aquitaine, ESI (111?millions d’euros de chiffre d’affaires), est un spécialiste du prototypage virtuel. Elle conçoit des logiciels industriels dédiés à la simulation, à la conception et à la fabrication. Implantée dans 40 pays, elle compte parmi son millier ­d’employés une majorité d’ingénieurs et de docteurs. Si son siège social est à Rungis (Val-de-Marne), son centre de R & D pour la simulation des matériaux composites se trouve à Bordeaux.

La mission d’it3D est de structurer et de dynamiser un ­écosystème positionné à la fois sur le matériel, avec la conception de machines offrant de la réalité virtuelle ­(Immersion), et sur le logiciel (ESI), qui n’a fait émerger que quelques pépites. Pour l’heure, ce regroupement d’entreprises n’en est qu’aux prémices et son statut juridique n’a pas encore été défini. Parmi ses premiers membres, figure ­Lumiscaphe, un éditeur de logiciels 3 D situé à Pessac (Gironde). Fondée en 2001, cette entreprise de 37 salariés est en plein essor. Elle vient de s’implanter en Chine, après avoir installé une filiale au Japon et aux États-Unis. « Nous avons aussi douze partenaires en Allemagne, Chine, Inde… », ajoute son directeur général et cofondateur, ­Jean-Christophe ­Leducq. En un an, son chiffre d’affaires, réalisé essentiellement dans l’automobile, mais ­aussi dans l’aéronautique, l’industrie du luxe et le design, a grimpé de 2,6 à 3,1?millions d’euros. Il devrait atteindre 4,5?millions d’euros en 2016. « Nous investissons au moins 20 % de notre chiffre d’affaires en R & D », explique ­Jean-Christophe Leducq. L’entreprise compte recruter cinq nouveaux salariés.

Un tissu industriel attractif

Ces succès attirent de jeunes pousses. « Il y a ici un tissu industriel de qualité dans la 3 D, et de nombreux laboratoires universitaires d’excellence, comme le Laboratoire bordelais de recherche en informatique (Labri) », souligne ­Lionnel ­Joussemet, le président et cofondateur de ­Diotasoft, une société fondée en 2009 à Massy (Essonne) qui a délocalisé il y a quelques mois sa R & D à Pessac (Gironde). La start-up s’est récemment distinguée avec son dernier progiciel, ­Diotaplayer, conçu avec le CEA Tech. Cet outil permet de projeter en 3 D, depuis une tablette, une fiche d’instruction des travaux à réaliser sur une pièce aéronautique, par exemple. Et, nouveauté, sans utiliser de marqueur, ce qui permet au technicien d’avoir les mains libres et ainsi d’effectuer des tâches plus rapidement tout en limitant les erreurs. La jeune entreprise compte déjà une quinzaine d’employés et de grands clients comme la SNCF, Total et Dassault. Cette année, Diotasoft devrait réaliser 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Mais « nous visons 10?millions d’euros en 2018 », avance Lionnel ­Joussemet. En Aquitaine, c’est toute la filière qui s’attend à décoller. 

« Nous devons faire la french tech de la réalité virtuelle »
 

Christophe Chartier, PDG d’Immersion et membre fondateur du cluster it3D Aquitaine

 

L’Aquitaine est-elle vraiment à la pointe de la simulation 3 D ?

Oui, sur la réalité virtuelle, en termes de chiffre d’affaires, nous sommes même devant l’Île-de-France. Nous avons de belles entreprises, comme PNY à Mérignac (Gironde), le distributeur exclusif des cartes graphiques NVidia, mais aussi de grands laboratoires, à l’image de l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) et des écoles comme celle sur la cognitique à Bordeaux. D’ailleurs, l’un des pères de la filière est Pascal Guitton, un directeur de recherche de l’Inria, qui a formé des talents au Laboratoire bordelais de recherche en informatique (Labri) dans les années?1990. Des talents qui ont créé et essaimé dans les entreprises. Ensuite, un écosystème est né dans les jeux vidéo, amené par l’ex-société bordelaise Kalisto. Pascal Guitton s’est appuyé sur cette légitimité scientifique et sur ces viviers dans les écoles.

Pourquoi avoir créé un cluster ?

Notre filière manque de visibilité au niveau national et international. Pour accroître notre rayonnement, il faut fédérer les acteurs, créer des événements spécifiques, partir ensemble à des salons… En clair, faire la french tech de la réalité virtuelle.

L’événement it3D Event n’est-il pas concurrent de Laval Virtual, qui a été lancé il y a plus de quinze ans ?

Non, nous sommes complémentaires de Laval Virtual. Ce salon est positionné sur la recherche, tandis que nous sommes axés vers le business et les usages. it3D Event a vocation à montrer aux industriels comment implanter ces technologies dans leurs usines. Pour nous, l’enjeu est de démocratiser ces outils dans les PME. 

La réalité virtuelle en Gironde
 

  • 30 entreprises spécialisées dans la simulation et la réalité virtuelle
  • 700 ingénieurs, chercheurs et doctorants dans le numérique
  • 1994 Création de la société Immersion, pionnière de la simulation

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle