L'Usine Agro

La filière céréalière normalise ses bonnes pratiques

Franck Stassi ,

Publié le

Lors de la campagne 2016-17, les chartes de production agricole, mises au point par la filière céréalière pour structurer les cahiers des charges, deviendront une norme à part entière, supervisée par l’Afnor.

Lancées en 2002, les chartes de production agricole co-conçues par Arvalis-Institut du végétal, l’institut technique des agriculteurs, et l’Institut de recherches technologiques agroalimentaires des céréales (Irtac) s’apprêtent à devenir des normes, sous l’égide de l’Afnor.

A partir des prochains semis, pour la campagne 2016-17, la norme NF V30-001, "Céréales à paille et maïs : bonnes pratiques de culture et de stockage à la ferme", prendra le relais des référentiels de production jusqu’alors utilisés dans les filières blé tendre, blé dur, orge de brasserie, maïs doux et maïs grain.

Révisées tous les quatre ans, les chartes ont notamment pour objet les conditions de stockage (séparation par typologie de variétés, recours à la ventilation à froid pour éviter l’emploi d’insecticides), l’emploi de semences certifiées, la protection contre les maladies ou bien encore l’irrigation. "Les chartes de production ont permis de trouver un juste milieu entre les demandes de la distribution et des transformateurs, et les capacités des agriculteurs. On leur donne une reconnaissance officielle, avec un tiers qui les certifie", indique à L’Usine Nouvelle Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer. La norme sera, elle, révisée tous les cinq ans.

L’officialisation d’une démarche volontaire

L’objectif des chartes était de concilier les attentes des industriels et des agriculteurs, en répondant aux préoccupations d’ordre sanitaires, nutritionnels et environnementaux. De nombreux cahiers des charges s’y réfèrent. Aujourd’hui, près de 9000 agriculteurs ont adhéré aux chartes, sur près de 300 000 hectares. "Il s’agit d’une vraie prise en main des agriculteurs par eux-mêmes. Le passage à une norme permettra d’apporter davantage de notoriété à ces chartes", abonde Jean-Paul Borde, chef du département Recherche et développement d’Arvalis. Plus de 200 000 hectares de blé tendre sont régis par les chartes, tout comme le quart des orges de brasserie françaises.

Seize mois de travail ont été nécessaires à l’élaboration de la norme. La commission de normalisation constituée à cet effet a réuni des représentants du ministère de l’Agriculture, des organismes stockeurs, d’Arvalis, de FranceAgriMer, de l’interprofession InterCéréales, des industriels, des organismes certificateurs et des fournisseurs de la filière. Ce travail doit permettre, in fine, d’améliorer les relations entre ses différents acteurs.

"Le passage à la norme constitue un levier d’assurance supplémentaire pour nos clients. Cette demande de normalisation permet également de répondre à la démarche environnementale des entreprises, à l’instar d’Heineken ou de Coca-Cola", témoigne Patrick Durand, président de la Coopérative de Boisseaux (Loiret), à la tête de 55 000 hectares multi-cultures.

Franck Stassi

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte