La filière brassicole ne baisse pas les bras

Sur un marché de la bière dont la diversité de l'offre augmente, mais dont la consommation stagne, la filière brassicole cherche son salut dans la revalorisation de l’image de la bière et le développement à l’international.

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La filière brassicole ne baisse pas les bras

Certes, avec 30 litres de bière consommés par an et par habitant, la France n’atteint pas le niveau des Tchèques, champions du monde avec 144 litres, et ne se hisse qu’au 26e rang sur les 28 pays de l’Union européenne... La filière brassicole multiplie les initiatives pour réveiller le marché, malgré une baisse tendancielle de la consommation. Les acteurs de la filière bière française, réunis jeudi 16 avril à Paris à l’initiative d’Arvalis - Institut du végétal, l’institut de recherche des producteurs, ont tenu à rappeler leur poids économique. En France, 64 000 emplois sont concernés, pour un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros, dont seulement 4500 personnes (et 2 milliards d'euros) pour la brasserie, ainsi que 3000 personnes (1 milliard d'euros) pour l’agriculture ; les chiffres incluant les cafés-restaurants.

L’artisanat et l’innovation dynamisent le secteur de la brasserie

"Le nombre de brasseries a explosé ces dernières années, notamment à travers le phénomène des brasseries artisanales", a indiqué Jacqueline Lariven, de Brasseurs de France. Cet engouement pour la craft beer, dont les volumes restent cependant bien inférieurs à ceux des géants du secteur, a poussé 100 brasseries à se lancer au cours de l’année 2014. La France compte aujourd’hui 700 brasseries, ce qui lui permet de se hisser au troisième rang européen. Il y a 30 ans, le territoire ne comptait plus que 22 brasseries !

Du côté de la consommation, l’excellent climat au printemps et à l’automne – malgré un été plus aléatoire – ainsi que l’effet de la Coupe du monde de football ont permis un rebond en 2014, à 19 956 millions d’hectolitres (+2,1%), une première depuis 2011. La montée en gamme du marché (2/3 des bières vendues sont des bières premium) et le renouvellement de l’offre ont également concouru à cette performance. Pour prolonger cette dynamique, Brasseurs de France a décliné une campagne de communication initiée au niveau européen. Intitulée "Brassons les idées reçues", elle vise à faire découvrir de nouveaux accords mets-bières ainsi qu’à développer la consommation auprès des femmes.

Des actions concertées à l'international et sur le plan agronomique

Le travail entamé par la filière l’est également en amont, afin de renforcer la compétitivité de l’agriculture française : la France est le premier exportateur mondial de malt, tandis que 4 des 5 premières malteries mondiales en sont issues. Le pays est par ailleurs le troisième producteur mondial d’orge, avec 10 316 tonnes en 2013, derrière la Russie et l’Allemagne. Pour asseoir cette influence, France Export Céréales et Arvalis travaillent notamment avec trois acteurs du marché chinois de la bière (Tsingtao, Cofco et Super Time), en pleine expansion.

A l’échelle française, 9 acteurs se sont réunis autour du Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (Geves), un groupement d’intérêt public, au sein d’un programme de recherche consacré aux mosaïques de l’orge (CASDAR-CTPS), un virus qui contamine les plants. Les rendements chutent de 20% sur trois ans, marqués par une baisse du nombre d’épis et de grains par mètre carré. Prévu sur la période 2013-2016, le programme doit permettre d’identifier les virus prédominants impactant le rendement et la qualité technologique, afin "d’orienter la sélection vers une résistance durable", compte tenu de l’augmentation, ces dernières années, des parcelles touchées.

Vers une norme de production commune à 6 cultures

Enfin, les acteurs de l’orge brassicole ont rejoint ceux du blé tendre, du blé dur, du maïs doux, du maïs grain et du maïs fourrage pour parvenir, en février 2016, à la publication d’une norme destinée à valoriser les pratiques des agriculteurs et permettre la diffusion de bonnes pratiques.

Interrogée par L’Usine Nouvelle, Stéphanie Weber, présidente de la commission de la normalisation, rattachée à Arvalis, a précisé que "ce projet de norme sera porté sur le mode de production des cultures et du stockage à la ferme, en changeant de statut, ce document devenant public, d’où une appropriation facilitée. La tâche sera moins ardue pour les coopératives ou les négoces ayant plusieurs cahiers des charges à gérer". Cette norme succèdera aux chartes de production lancées à la fin des années 1990, pour lesquelles un conventionnement était requis lors de leur utilisation. "Il s’agit d’un bel exemple d’une filière qui se prend en main", a conclu le président d’Arvalis – Institut du végétal, Jacques Mathieu.

Franck Stassi

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