Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Matières premières

La filière agricole veut retisser un lien avec les Français

Franck Stassi ,

Publié le

Face aux doutes récurrents des Français sur les techniques culturales et à leur méconnaissance des métiers de l'agriculture, les organisations professionnelles agricoles misent sur les réseaux sociaux pour redorer leur image.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

86% des agriculteurs pensent pratiquer une agriculture raisonnée, contre 24 % des consommateurs, qui sont 46% à la juger intensive, rapporte un sondage réalisé par BVA. "Le grand public entend simultanément deux histoires sur l’agriculture : l’une, bucolique, sur la vie dans les champs et l’environnement, et l’autre, moins réjouissante, sur les méthodes de production de la filière agroindustrielle. Or, le débat n’est pas aussi manichéen", estime Gilles Maréchal, directeur du Forum des agriculteurs responsables respectueux de l'environnement (Farre).

Face aux profondes dissymétries entre le grand public et les professionnels de la filière, son association lance, avec 13 autres organisations professionnelles du secteur agricole, une plateforme Web destinée aux consommateurs, Agridemain, qu’il coordonne. "L’humain bénéficie, dans le monde agricole, d’une bonne empathie. Par contre, les agriculteurs n’ont pas conscience de ce capital sympathie", constate-t-il. Dans les faits, 54% du grand public estime bien connaître le métier d’agriculteur, tandis que 90% des agriculteurs pensent quant à eux que le grand public connaît mal leur profession. 52% des consommateurs reconnaissent par ailleurs mal connaître les modes de production (culture, élevage).

"Raconter des histoires au grand public"

"Pour le grand public, les agriculteurs ont un côté rassurant (ils sont courageux, ils exercent un métier difficile, etc.). Il y a, par contre, un manque de compréhension sur les produits transformés. Les étapes de la transformation des produits constituent une boîte noire", poursuit Gilles Maréchal. 49% des consommateurs se sont ainsi déclarés surpris, positivement, d’apprendre qu’un agriculteur utilise aujourd'hui 34 fois moins de pesticides à l'hectare qu’il y a 60 ans. Peut-être parce que leur usage n'a plus baissé depuis le lancement du plan Ecophyto par le Grenelle de l'environnement en 2008... 

Pour revaloriser l’image de la profession, les organisations professionnelles agricoles ont débloqué un budget de 250 000 euros par an, sur trois ans, dédié à l’actualisation d’un site internet et à l’animation de pages sur les réseaux sociaux. "Nous voulons donner des clefs de compréhension au grand public, montrer que l’agriculture avance, et raconter des histoires. Nous créons également une communauté d’ambassadeurs, que nous espérons faire passer de 150 à 1000 personnes, pour des événements tels que des portes ouvertes", explique le responsable. En pleine crise agricole et dans un contexte de doutes récurrents quant à l’usage des produits phytosanitaires, le pari demeure néanmoins risqué.

Franck Stassi

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

05/02/2016 - 22h19 -

Si les statistiques prouvent encore que la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial, avec une augmentation de 5% par an de la consommation de produits phytosanitaires entre 2009 et 2013, avec un pic à 9,3% en 2013.
Le bilan de l’utilisation massive des pesticides commence à peser très lourd : pollutions généralisées des rivières, risque de cancers et de maladies neurologiques (qui commencent seulement à être reconnues) pour ceux qui les utilisent ou les ingurgitent, menace sur la biodiversité, les « produits phytosanitaires » sont la source de nombreux maux.

Je serai très intéressé de voir comment cette filière agricole en mal d'image va réussir à nous faire passer le message. Pour cela 250 000 € paraissent insignifiants. Un peu de courage dans les choix et d’opiniâtreté dans l'éthique seraient infiniment plus convaincants.
Répondre au commentaire
Nom profil

05/02/2016 - 15h45 -

Plutôt que de dépenser de l'argent pour faire de la communication peu crédible, la meilleure façon de répondre aux doutes des consommateurs est de ne plus utiliser du tout de pesticides. Et cela est parfaitement possible, quantité d'agriculteurs l'ont prouvé, et sans s'appauvrir.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle