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L'Usine Aéro

La filière aéro tance les pouvoirs publics sur la baisse du budget de la recherche

Olivier James , , ,

Publié le

Malgré un horizon commercial et industriel dégagé, le secteur s’inquiète de voir le soutien public à la recherche diminuer. La France pourrait perdre son rang, en particulier face à l’Allemagne et au Royaume-Uni.

La filière aéro tance les pouvoirs publics sur la baisse du budget de la recherche © Pascal Guittet

"Nous sommes un oasis dans un monde en difficulté qui s’appelle l’aéronautique". Les mots d’introduction de Marwan Lahoud, président du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS), qui présentait ses vœux jeudi 5 janvier, reflètent l’euphorie actuelle du secteur. Avec 10 000 avions à produire d’ici les 10 prochaines années, les acteurs de la filière jouissent d’une visibilité et d’un volume de production que pourraient leur envier nombre d’entreprises dans le reste de l’industrie.

Et pourtant, l’oasis pourrait à moyen terme voir sa source d’eau se tarir : Marwan Lahoud pointe du doigt un facteur qu’il qualifie d’"inquiétant". "Si un sujet s’est dégradé durant les cinq dernières années, c’est celui du soutien public à la recherche aéronautique, je le dit en toute franchise et avec des mots simples", souligne le dirigeant, également directeur de la stratégie du groupe Airbus. La réduction budgétaire de la recherche va vers une évolution négative, au point d’être inquiétante. L’équilibre entre le public et le privé est en train de s’effilocher, je souhaiterai tirer la sonnette d’alarme ».

Des soutiens publics plus ilmportants en Allemagne et en Grande-Bretagne

Chiffres à l’appui, le président du Gifas assure que le budget de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) est passé de 150 millions d’euros en 2010 à 50 millions d’euros en 2017. Quant aux programmes d'investissement d'avenir (PIA), dont ont bénéficié l’aéronautique et le spatial, l’enveloppe disparaîtrait en 2017. "Cette année, la filière française ne recevra donc que 50 millions d’euros, résume Marwan Lahoud. En Allemagne, le secteur recevra 150 millions d’euros par an entre 2017 et 2020, et au Royaume-Uni, 190 millions d’euros par an d’ici 2020". Une baisse de la recherche publique que le centre français de la recherche aérospatiale (Onera) a déjà déploré par la voie de son pdg, Bruno Sainjon, avec l’abandon des aides de la part de la DGAC.

Gonflés ces industriels d’appeler à la rescousse  l’Etat – en pleine chasse aux économies – alors que jamais le secteur ne s’est aussi bien porté ? Ils mettent en avant le rôle de la filière dans la balance commerciale française et dans les emplois qu’elle continue de drainer. Quant aux budgets dédiés à la recherche côté privé, à lire les rapports annuels des poids lourds que sont Airbus et Safran, ils semblent quant à eux orientés à la hausse : il est passé de 3,1 à 3,5 milliards d’euros pour le groupe Airbus entre 2013 et 2015, et de 1,8 à 2 milliards d’euros pour Safran sur la même période. Au global, la part de la R&D dans le chiffre d'affaires de la filière diminue : elle est passée de 19,5% en 2012 (pour 42,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires), à 15,9% en 2015 (pour 56,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Des besoins d'investissements importants

Seule source de satisfaction pour la filière : le crédit impôt recherche, une fois de plus mis en avant pour son rôle de maintien de la recherche et de l’innovation en France. "Mais l’augmentation des prélèvements obligatoires et des impôts, passés de 2,1 milliards d’euros en 2013 à 2,7 milliards d’euros en 2015, a effacé le bénéfice du crédit impôt recherche qui s’est élevé à 650 millions d’euros en 2015", déplore Marwan Lahoud.

Et Patrick Daher, président du Groupe des équipements aéronautiques et de défense (GEAD) du Gifas d’enfoncer le clou. "J’ai le sentiment fort que si l’on ne maintien pas les efforts nécessaires d’investissements et d’innovation, la France perdra sa suprématie dans les cinq, six ou sept ans à venir", prévient le président de Daher. Alors que les volumes de production sont tirés vers le haut et que la compétition aéronautique mondiale se durcit, les industriels doivent investir pour maintenir leur compétitivité, en particulier dans l’automatisation et la robotisation. Hasard du calendrier : Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, rencontre Marwan Lahoud vendredi 6 janvier lors d’une réunion du Comité stratégique de la filière aéronautique. "Aujourd’hui, j’ai rodé mon discours", glisse-t-il en aparté. Son message est prêt.

 

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