La fermeture des centrales à charbon en 2022 en France déjà remise en cause

François de Rugy a déclaré lors d’une réunion avec des syndicats que la date de 2022 pour la fermeture de la centrale à charbon de Cordemais pourrait être ajustable en fonction des besoins du réseau. Il a confirmé sa position dans un courrier co-signé par Emmanuelle Wargon, adressé aux représentants syndicaux.

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La fermeture des centrales à charbon en 2022 en France déjà remise en cause
Le projet Ecocombust de conversion de la centrale charbon de Cordemais à la biomasse fera l'objet d'une réunion le 24 janvier (Photo d'archive d'une centrale à charbon)

Mesure phare de la politique de réduction d’émission de CO2 du gouvernement, la fermeture des centrales électriques à charbon en France promise d’ici à 2022, a déjà du plomb dans l’aile. Suite à un mouvement social sur le site EDF de Cordemais (Loire-Atlantique), où tournent encore deux unités de production d’électricité de 600 MW (1200 MW au total, soit une tranche nucléaire), le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, avait convoqué les syndicats à une réunion au ministère le 10 janvier.

Initialement, c’était pour obtenir le déblocage du site et sa remise en fonctionnement pour assurer une forte demande d’électricité dans les prochains jours, notamment en Bretagne. Du pain béni pour les grévistes mobilisés depuis l’annonce du projet de fermeture des quatre centrales à charbon en France, à Cordemais, au Havre (Seine-Maritime), à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle). Or les conditions ne sont pas réunies, notamment en matière de sécurité d’approvisionnement, et ne le seront pas d’ici à 2022.

Un courrier confirme les déclarations

RTE, le transporteur d’électricité, dans son dernier bilan avait indiqué que le système électrique français sera équilibré, mais sans marge, jusqu’en 2020. Et qu’il serait ensuite possible d’envisager la fermeture progressive des cinq unités de production d’électricité à partir du charbon sur quatre sites à la condition de continuer à développer "fortement" les énergies renouvelables, de mettre en service la centrale combinée gaz de Landivisiau (Finistère), sans fermer d’autres unités de production, de fiabiliser et d’accroître les effacements et de mettre en service trois nouvelles interconnexions : une avec l’Italie et deux avec la Grande-Bretagne, en 2020-2021.

Dans un courrier du 11 janvier adressé aux représentants syndicaux de la centrale de Cordemais François de Rugy et Emmanuel Wargon, qui le signent, rappelle que "le gouvernement confirme son objectif de fermeture des centrales à charbon". Ils ajoutent néanmoins que "le calendrier de cessation de production d’électricité à partir de charbon devra bien évidemment prendre en compte la nécessite de préserver la sécurité d’approvisionnement dans un contexte marqué par les incertitudes relatives notamment aux dates de mises en services de l’EPR de Flamanville et de construction de la centrale de Landivisiau et à la durée des visites décennales des centrales nucléaire".

Le sort de Cordemais lié à Flamanville, Landivisiau et aux visites décennales...

Des conditions déjà valables pour la fermeture de Fessenheim comme le rappelle le consultant Nicolas Goldberg dans un tweet : "Pour le réseau, la fermeture de #Fessenheim était conditionné à la mise en service de l'EPR, l'éolien offshore et le gaz de Landivisiau. Depuis l'abandon de Fessenheim, c'est désormais la fermeture de la centrale charbon de Cordemais qui y est conditionnée". Des conditions que François de Rugy ne peut garantir. RTE non plus, qui envisageait dans les variantes de son bilan qu’il faudrait peut-être conserver une des centrales à charbon, imaginant plutôt celle de Cordemais. C’est apparemment la conclusion à laquelle est arrivé le ministre qui a expliqué aux syndicats que la date de 2022 pourrait "être ajustable", et que "la sécurité du réseau primera", rapporte la CGT dans un communiqué.

Le projet Ecocombust de conversion de Cordemais à la biomasse, qui permettrait à la centrale de ne plus tourner qu’avec 20% de charbon et le reste en biomasse, fera l’objet d’une réunion le 24 janvier entre EDF et le ministère. Une victoire pour EDF, qui dit être entré en négociation sur la fermeture des centrales et refuse de s’exprimer sur le sujet.

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