La FEEF renforce son approche constructive des relations commerciales

Le patron de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France défend une approche différenciée pour les PME par rapport aux grandes marques dans les négocations commerciales annuelles avec la grande distribution. Il a déjà convaincu  Auchan. 

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Négociations - Crédits : Minien Sheila

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Les négociations commerciales qui s’ouvrent ce mois-ci entre les distributeurs et les industriels s’annoncent tendues ? Pas pour tout le monde. "La période est plutôt favorable, annonce Dominique Amirault, Président de la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France). Mais nous avons trois points de vigilance : la guerre des prix entre les enseignes, les marges des PME qui restent basses, et les trésoreries".

L’organisation, qui regroupe 700 PME fournisseurs de la grande distribution, prend de plus en plus de poids dans le paysage, notamment vis-à-vis de l’Ania (Association nationale des industries agroalimentaires) dans les relations avec les grandes enseignes.

Approche collaborative

"Notre objectif est de rendre service aux entreprises dans leurs relations commerciales, explique Dominique Amirault qui milite pour une approche pragmatique à l’anglo-saxonne des relations commerciales. Quand on ne fait pas de politique et qu’on ne prend pas de posture, ça marche !'.

L’organisation défend une approche collaborative avec les enseignes, et différenciées selon la taille des entreprises, notamment par le biais des contrats négociés avec les enseignes. "L’offre des PME permettent aux enseignes de se différencier dans l’assortiment, alors qu’elle ont toutes les mêmes produits des grandes marques", explique le patron de la FEEF, pour qui les PME représentent 80 % de la croissance de la grande distribution alimentaire.

Un accord de trois ans avec Auchan

La FEEF a ainsi noué un premier accord cadre de trois ans avec l'enseigne nordiste Auchan où elle s’engage à une posture différenciée en fonction des PME avec qui elle traite. Elle devrait également faire un effort de soutien de trésorerie et de référencement d’innovation de PME.

Fait original : les acheteurs de l’enseigne vont être formés par des adhérents de la FEEF aux contraintes des petites et moyennes entreprises. "D’autres accords sont en cours de finalisation", annonce d’ores et déjà Dominique Amirault, qui vitupère contre la LME, la Loi Hamon, la loi Macron et autres dispositifs légaux "surannés", et la judiciarisation de la relation commerciale. "Tout cela ne fait que réduire le champs de jeu", explique l’ancien patron de Soléou, une PME de l’agroalimentaire.

Défiance du gouvernement

Les négociations commerciales se terminent généralement avant la fin de l’année avec les PME tandis que les distributeurs négocient jusqu’à la dernière limite (le 28 février cette année) avec les grandes marques. "La France est le seul pays où l’on fixe réglementairement la date jusqu’à laquelle on négocie !" s’étonne Dominique Amirault, le patron de la Feef, qui dénonce la défiance du gouvernement vis-à-vis des acteurs.

Patrick Déniel

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