L'Usine Santé

La Fédération hospitalière de France planche sur un respirateur open source, avec l'appui d'Airbus

, ,

Publié le

Face à la pénurie de respirateurs artificiels qui guette les hôpitaux français, le Fonds de dotation de la Fédération hospitalière de France pour la recherche et l'innovation élabore un modèle open source à partir de systèmes de traitement de l'air utilisé dans les salles blanches. Selon Enguerrand Habran, son directeur de l'innovation, un prototype devrait voir le jour cette semaine et Airbus est intéressé pour commencer rapidement l'industrialisation.

La Fédération hospitalière de France planche sur un respirateur open source, avec l'appui d'Airbus
Enguerrand Habran est directeur de l'innovation du Fonds Recherche & Innovation de la Fédération hospitalière de France
© SIH-solutions

La crainte monte d'une pénurie prochaine de respirateurs artificiels dans les hôpitaux français. Pourquoi cet équipement est-il crucial contre le Covid-19 ?

Enguerrand Habran. - La grande différence du Covid-19 avec la grippe, à laquelle on l'a comparé au début est qu'il provoque un grand nombre de cas critiques très rapidement - c'est sa grande différence. Quand le virus, qui détruit les cellules pulmonaires, a rendu les poumons d'un patient incapables de fonctionner correctement, celui-ci doit être placé sous respirateur, en soins intensifs ou en réanimation. Or, ces équipements sont une ressource assez rare. En tout, nous disposons en France d'environ 30 000 appareils, de quatre types : Les respirateurs de réanimation, qui vont être appelés à manquer ; Les ventilateurs à turbine ou à piston d'O2, que l'on retrouve dans les transports ; Les respirateurs de blocs opératoires, assez similaires à ceux de réanimation mais sans répartiteur. C'est-à-dire que l'on commande un respirateur à la fois, alors qu'en réanimation, un professionnel de santé peut en piloter entre 24 et 36 en même temps - du temps médical gagné pour les réanimateurs, l'autre ressource manquante ; Les respirateurs qui équipent les salles de surveillance post-interventionnelle (SSPI), qui permettent de garder le patient sous respiration lorsqu'il est encore sous anesthésie.

Tous n'ont pas la même efficacité. Ceux de réanimation et ceux de blocs opératoires sont adaptés pour les patients les plus critiques mais pas forcément les autres. Ceux qui sont conçus pour les transports, notamment, ne sont permettent pas d'envoyer de l'azote, pourtant indispensable.

Quels sont les éléments indispensables pour un respirateur efficace ?

Chaque patient a besoin d'un mélange de trois gaz - de l'air, de l'oxygène et de l'azote - qui lui est propre. Si vous n'avez pas d'azote, vous ne pourrez pas aider les cas les plus critiques et si vous insufflez de l'air non enrichi en oxygène, votre respirateur est vraiment moins efficace.

Ensuite, un respirateur idéal fonctionne en trois cycles : la phase d'inspiration, avec une montée graduelle du volume et/ou de la pression, puis un plateau qui bloque le poumon et, enfin, la phase d'expiration. 

Lire la suite sur le site d'Industrie et Technologies

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte