L'Usine Agro

La faillite grecque fait trembler la filière bovine française

, ,

Publié le

Premiers fournisseurs de la Grèce en viande de bœuf, les éleveurs français craignent les conséquences de la faillite de la Grèce et de sa possible sortie de la zone euro, qui pourraient aggraver leurs difficultés.

 

Les conséquences de la faillite de la Grèce n’inquiètent pas seulement les milieux financiers. La filière bovine française reste suspendue aux évolutions de la situation dans le pays. "La Grèce est le deuxième marché à l’export pour la viande bovine française, après l’Italie", souligne Dominique Langlois, le président de l’interprofession de la filière bovine, Interbev. Pesant 36 % des importations grecques en viande bovine, la France est le premier fournisseur du pays, devant l’Irlande, l’Allemagne et l’Italie.

Premier producteur européen de viande bovine, devant l’Allemagne et l’Italie, la France a abattu 1,3 million de tonnes équivalent carcasse (tec) en 2014. 51 200 tonnes équivalent carcasses (tec) ont été exportées vers la Grèce selon FranceAgriMer, pour un chiffre d’affaires de 194 millions d’euros selon Interbev. Les exportations vers la Grèce avaient déjà reculé de 8,3 % en volume en 2014 par rapport à 2013, pour un chiffre d’affaires qui s’établissait alors à 220 millions d’euros.

La demande pourrait s'effondrer

"La sortie de la Grèce de la zone euro entrainerait un renchérissement important du prix de la viande bovine française pour les Grecs et un effondrement de la demande", craint Dominique Langlois. Cette situation pourrait être dramatique pour la filière hexagonale déjà mise à mal par l’embargo russe. "La France exportait assez peu vers la Russie. Il s’agissait surtout de l’Allemagne et de l’Italie. Mais cela a entrainé une baisse des cours sur les principaux marchés européens, dont la France", explique le président d’Interbev.

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, avait réuni le 17 juin, producteurs, abattoirs et distributeurs pour tenter de trouver une issue à la crise qui sévit dans la filière depuis plusieurs mois. Un accord prévoyait d'augmenter les prix de la viande payés aux éleveurs qui bloquaient depuis trois jours les principaux abattoirs du pays. L'accord portait sur une revalorisation progressive des prix payés aux producteurs de 5 centimes par kilo et par semaine, jusqu'à atteindre environ 4,50 euros par kilo.

Deux semaines plus tard, les cours n’ont que très peu évolué. Les prix à l'entrée des abattoirs ont augmenté d'un centime par kilo en moyenne tous produits confondus, pour atteindre 3,72 euros le kilo, selon les cotations hebdomadaires publiées le 30 juin par l'établissement public FranceAgriMer. La semaine dernière, les prix avaient augmenté en moyenne de 2 centimes par kilo.

Adrien Cahuzac

Réagir à cet article

6 commentaires

Nom profil

02/07/2015 - 16h04 -

Déjà : votre article de la FAO est dépassé,toutes les prévisions faîtes se sont avérées complétement biaisées du fait de la non prise en compte des services rendus par l'élevage. Seuls les inconvénients ont été mis en avant. De même que pour le calcul de la quantité d'eau nécessaire pour produire un kg de viande.. L'eau de pluie qui tombe sur les pâturages étaient comptabilisée, mais on ne peut pas l'empêcher de tomber.. Ensuite, ici tout est mélangé, vous parlez d'une problématique mondiale, alors que l'on parle de la filière Française qui n'a rien à voir avec ce qui est décrit. Il est vrai que les cultures permettent complétement de maintenir la biodiversité.. Lorsque l'on retourne des prairies pour y implanter quoi que ce soit on détruit la biodiversité qui vous est si chère pourtant. L'élevage est une source de biodiversité de par la diversité des races que l'on retrouve notamment. Et c'est une source de diversité des paysages, vous ne pouvez le nier. Là où l'élevage a disparu les paysages se sont fermés, sont monotones. Pensez au Cantal par exemple, sans les estives, que seraient devenus ces paysages ? Pour le soja OGM, l'élevage en utilise c'est vrai. Mais il vous suffit de regarder ce que mange une vache française pour comprendre que ce n'est pas l'élevage français justement qui est en tort, mais les méthodes de production d'autres pays. Vous voulez consommer de la viande tout en vous préoccupant de l'environnement ? Alors consommez Français. Avez vous idée de toutes les contraintes environnementales aujourd'hui présentes pour les producteurs français, et qu'ils appliquent sous peine de sanctions, alors que d'autres pays n'en n'ont cure ? Moi ce qui m'emmerde royalement avec le lobby végétarien, c'est que d'une il croit avoir la science infuse, de deux il est intolérant avec les pratiques autres que les siennes, souhaitant convertir chaque personne.. c'est un groupuscule extrémiste en quelque sorte, qui a la chance de bénéficier de la voix de personnes connues (chanteurs, acteurs...), qui sont il est vrai de véritables experts de la cause environnementale.. ça ne me dérange pas que des personnes soient végétariennes, ou végétaliennes, je les respecte c'est leur choix. Mais je n’arrêterai pas de manger de la viande, ni ne laisserai tomber ma passion de l'élevage pour quelques personnes intolérantes.
Répondre au commentaire
Nom profil

02/07/2015 - 15h14 -

Moi j'aime la viande, y compris la viande de cheval, et je ne m'en passerai pas pour faire plaisir à quelques bobo égarés... Merci la dictature des Khmer Verts ! Quant aux organismes génétiquement modifiés, renseignez-vous un peu auprès de la communauté scientifique et vous verrez que les peurs françaises en la matière sont - comme souvent - infondées. L'OGM est bon pour l'agriculture, bon pour les plantations, et bon pour l'Homme. Le futur n'est pas dans la décroissance, qui n'est en vérité qu'une régression. "Ah, si seulement l'Homme était un herbivore..." se disent certains. Eh bien il aurait sûrement disparu il y a bien longtemps, dévoré par un autre animal plus ambitieux que lui, alors qu'il contemplait, placide, l'inintéret de son existence. CQFD.
Répondre au commentaire
Nom profil

02/07/2015 - 15h11 -

Article en français, je pense que tout est dit: il faut stopper d'urgence toute exploitation de bétail
http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html
Répondre au commentaire
Nom profil

02/07/2015 - 14h53 -

Vous ne citez qu'un article tendancieux servant des intérêts financiers, la FAO au sein des Nations Unies est un collège d'experts scientifiques indépendants. La vérité est que l'industrie du bétail a trop profondément modifié le paysage français au cours des siècles, créant des désastres écologiques et le manque de biodiversité. L'installation d'une culture à elle-seule ne peut justifier le bien-fondé de ses effets. Ce n'est pas parce que c'est la "culture française" que cela doit perdurer, il y va de notre avenir. Une culture destructrice est une culture qui doit s'adapter ou disparaître. Parlons donc de l'importation de soja génétiquement modifié en provenance du Brésil servant à l'engraissement, ce soja qui détruit la forêt tropicale amazonienne... osez me dire que j'ai tort. Ce ne sont nullement des âneries, mais un constat, et des faits scientifiquement vérifiés: comme vous pouvez le voir ici, c'est un article du Guardian, journal indépendant, pas l'organe de presse d'un lobby économique http://www.theguardian.com/environment/2010/jun/02/un-report-meat-free-diet
Répondre au commentaire
Nom profil

02/07/2015 - 11h38 -

GoVegan.. je vous invite à aller voir ce lien avant de débiter des âneries pareilles.. En attendant je vais essayer de faire pousser des céréales dans des zones humides ou d'altitude.. et puis allons-y labourons gaiement et laissons de côté tout les paysages qui font la réputation de la France, devenir des friches. http://www.la-viande.fr/environnement-ethique/infographies
Répondre au commentaire
Nom profil

02/07/2015 - 08h11 -

La filière bovine, et plus généralement toute exploitation animale doit disparaître, et ce sur recommandation des Nations Unies afin de préserver la planète d'un désastre écologique. La production de viande et de produits laitiers est responsable pour moitié des émissions de GES, la seule alternative est une mutation de cette filière sous forme de reconversion de ses employés vers une agriculture végétale et maraîchère.
Répondre au commentaire
Lire la suite
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte