La fabrication additive creuse son sillon dans l'aéro

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Le fabricant Stratasys comme le fournisseur de prestation Erpro sont présents sur le salon du Bourget. L’utilisation des "imprimantes 3D" est passée dans les mœurs chez les avionneurs et leurs sous-traitants. Ces derniers ont également recours à la fabrication directe, mais reste discrets sur ce sujet.

La fabrication additive creuse son sillon dans l'aéro © DR

"Un grand avionneur m’a commandé vendredi après-midi une pièce, à livrer mercredi sur notre stand, car il en avait besoin pour une démonstration à des clients. La fabrication additive, cela sert aussi à jouer les pompiers". L’anecdote est de Cyrille Vue, PDG d’Erpro, PME qui propose des services de fabrication additive sur ses trente systèmes couvrant l’ensemble des technologies. Erpro expose au Bourget depuis le début des années 2000 et partage cette année son stand avec Vue & Semmip et Koller, qui réalisent eux des pièces usinées, souvent pour les mêmes clients qu'Erpro.

Le prototypage rapide garde une part importante du marché, mais la fabrication directe - production de pièces fonctionnelles - fait peu à peu son trou. "Nous réalisons par exemple des pièces en FR106, matériau homologué pour l’aéronautique pour des éléments non visibles de classe 3", reprend le dirigeant. Avec ses petites séries, comparé à l’automobile, l’aéronautique est un secteur où la fabrication additive est compétitive, en évitant la fabrication de moules. Sur le stand, une imprimante 3D grand public Cube de 3D Systems. "Quand elle fonctionne, les gens s’arrêtent. Sur un salon de la taille du Bourget, il faut pouvoir attirer l’attention." Même si l’objectif est aussi de rencontrer les principaux clients : AirbusEurocopter, Dassault, Turbomeca.

Coût inférieur et rapidité de fabrication

Dans le hall d’à côté, Stratasys montre des moules réalisés complètement ou en partie en impression 3D. Leur durée de vie sera inférieure à celle d’un moule usiné en métal, mais le coût inférieur et la vitesse de fabrication constituent de vrais atouts quand il s’agit de fabriquer des petites ou moyennes séries. Autre application : un moule à usage unique en matériau soluble sur lequel on viendra enrouler de la fibre de carbone, pour réaliser une tubulure de ventilation interne à forme complexe.

Pour la fabrication directe, Stratasys utilise de l’Ultem, thermoplastique de la famille des PEI (Polyethylenimine). Utilisé depuis trois ans par la fabrication additive dans d’autres secteurs, il est désormais homologué pour l’aéronautique. Survey Copter, qui réalise des prototypes sur des machines Stratasys, a également recours à la fabrication directe pour des pièces destinées à ses drones.

Patrice Desmedt

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