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La disparition de Thomé-Génot portée à l'écran

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La disparition de Thomé-Génot portée à l'écran

Le réalisateur Marcel Trillat, journaliste retraité de France 2, signe un documentaire sur la liquidation de l'usine Thomé-Génot à Nouzonville (Ardennes). Intitulé « Le Silence dans la Vallée », il sera diffusé ce soir sur France 2, à 22h55.

2004, l'unité de production de Nouzonville, sous-traitante de l'automobile, fait face à un marché économique féroce. Le site est alors vendu à l'américain Catalina, accueilli comme un sauveur. Deux ans plus tard, Catalina est accusé d'avoir pillé l'entreprise. Cette dernière est finalement vendue le 24 octobre 2006, et l'ensemble des 300 salariés est licencié.

Selon Marcel Trillat, le réalisateur, « plus de la moitié sont aujourd'hui encore sur le carreau ». Le taux de chômage à Nouzonville atteint près de 20 %. Les acteurs interrogés sont unanimes : Thomé-Génot a été « sacrifié sur l'autel de la mondialisation », dont l'ex-directeur général du site, François Dury.

Descendant du fondateur de la forge Thomé-Génot, il a assisté impuissant, après un dépôt de bilan, à la cession de 60 % de l'entreprise par la justice au consultant américain Catalina en 2004. Il témoigne d'ailleurs dans ce documentaire sur les enseignements de cette affaire et répond aux questions de « L'Usine Nouvelle » :

L'UN. Quelle leçon tirez-vous de cette histoire ?
François Dury
. La justice ne nous a pas aidés. En 2004, elle a trop vite tranché pour la cessation de paiement et le repreneur, au lieu de nous laisser le temps de trouver un repreneur « industriel ».

Que sont devenus les 330 salariés de l'entreprise ?
Cinquante d'entre eux ont rejoint Ardennes Forges, une société montée par un ex-cadre du groupe néerlandais Farinia, à partir de notre outil de production. Depuis, une centaine d'autres ont retrouvé des postes, souvent précaires. L'Etat a, par ailleurs, bénéficié de 2,55 millions d'euros d'aides du Fonds européen d'adaptation à la mondialisation, je ne sais pas comment sera affecté cet argent.

Des actions en justice ont-elles été envisagées, notamment de Catalina ?
Ce cabinet financier avait promis un soutien en capital... Ce qu'il n'a pas fait. En réalité, il a touché pendant deux ans des royalties avant de nous lâcher. Ses administrateurs ont transféré 1,5 million d'euros vers une filiale de Thomé-Génot aux Etats-Unis, sans tenir compte des actionnaires minoritaires, dont je suis. Nous en détenons toujours en théorie 25 % et avons entamé une action auprès du Tribunal de Commerce de Paris pour recouvrir ces créances, voire envisager une action au pénal.

Propos recueillis par Olivier Ketels

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