La difficile coopération de l'homme et du robot

Que c'est difficile de travailler avec des êtres humains !  Chacun de nous le sait, mais les robots, eux, commencent à en faire la douloureuse expérience, dès qu'on leur demande d'effectuer la moindre tâche en coopération avec un homme ou une femme. Pour preuve, les dernières choses vues et entendues au salon Innorobo 2012, à Lyon.

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La difficile coopération de l'homme et du robot

Il suffisait de voir, sur les stands du salon Innorobo, à Lyon, les efforts déployés par ces malheureux humanoïdes pour saisir la balle tendue par un visiteur souriant mais maladroit. Ou pire, par les enfants ! Très amateurs de robots, dont ils attendent beaucoup, ils s'avèrent très peu coopératifs…

Ce qui frappe d'abord dans le robot humanoïde, c'est sa bonne volonté. Celui-ci, par exemple : attentif aux ordres donnés par son co-équipier qui, casque audio sur les oreilles, tente de lui faire exécuter une tâche simple devant un auditoire patient et d'avance ébahi, il répète inlassablement – dans un anglais correct, il faut le reconnaître : "I do not understand. What should I do?".

C'est facile, c'est vrai, d'ironiser sur les déboires des robots, ou plutôt de leurs partenaires très humains, quand on sait les années de recherche qui leur permettent d'effectuer parfois correctement un travail minimal (les robots, pas les hommes). Ou simplement d'établir le contact.

Papero, le petit robot de Nec (38 cm, 6,5 kg) parle et écoute- il comprend environ deux cent mots. Mais surtout, il réagit au toucher grâce à 9 capteurs tactiles, il reconnaît les visages qu'il a mémorisés, et - c'est important - il regarde toujours la personne à laquelle il s'adresse.

Reeti , du français Robopec, privé de bras et de jambes, est à peine un robot. Mais avec ses yeux mobiles et sa peau souple, il dispose d'une palette d'expressions et de grimaces qui facilitent son commerce avec les êtres humains.

Certains ont déjà trouvé leur créneau. Le professeur Takanori Shibata, du centre de recherche japonais AIST, présentait dans une conférence la version 8 de son bébé : Paro. Un bébé phoque, en l'occurrence, puisque la créature du chercheur, sous sa peluche soyeuse et derrière ses yeux langoureux, est un monstre d'électronique et de mécanique.

Paro s'est vendu à 1700 exemplaires au Japon, 200 au Danemark, plus quelques autres aux Etats-Unis et en Europe (mais pas en France), en quasi-totalité dans des institutions pour personnes âgées.

Des études sérieuses, indique Takanori Shibata, y compris en observant l'activité cérébrale des patients jouant avec Paro, ont montré l'effet thérapeutique et apaisant de l'interaction entre la personne et le robot.

Reste que la "cobotique", soit la science des robots capables de coopérer avec des hommes dans une tâche commune, en est encore à ses balbutiements. Pour le dire autrement, c'est un sujet de recherche théorique et fondamentale, comme en témoignait Rachid Alami, directeur de recherche au Laas-CNRS, à Toulouse : "On a rêvé d'un robot autonome, et beaucoup de progrès ont été faits. Mais un robot qui peut interagir avec un humain a besoin de bien plus d'intelligence", affirme le chercheur.

De nouveaux algorithmes sont nécessaires pour piloter ces robots. Mais il faut surtout leur fournir des modèles de l'être humain et de ses comportements. Pour la moindre action commune, le robot doit avoir conscience de la présence et des mouvements de son partenaire en chair et en os, être capable d'anticiper ses actions et réactions, et avoir lui-même des initiatives "acceptables".

Le laboratoire du Laas mène des expérimentations sur des situations simples : la saisie d'un objet tendu à la main (pas facile, on l'a vu), ou le partage d'un espace commun entre l'homme et le robot. Décortiquer les différentes cas de figure créés par ces situations, c'est déjà, souligne le chercheur, dégager des questions clés pour la recherche sur la coopération entre les hommes et les robots.

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