La DGA retient le standard F3-R du Rafale et commande des missiles MICA NG

Malgré la baisse annoncée de son budget, la Direction générale de l’armement vient de qualifier le standard F3-R du Rafale et de confirmer à MBDA l’achat de 567 missiles MICA NG. Tout en rappelant comment elle entend désormais travailler avec l'industrie.

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La DGA retient le standard F3-R du Rafale et commande des missiles MICA NG
Un Rafale B301 en vol avec la configuration F3-R Air-Sol, incluant 2 Mica IR point externe.

Alors que les armées vont devoir faire face à l'amputation de plus de 400 millions d'euros de leurs crédits pour l'année 2018 en supportant l'ensemble des surcoûts des opérations extérieures, la Direction générale de l’armement (DGA) assure que cela n'aura pas de conséquences significatives pour les livraisons d'équipements aux armées. L’an dernier, la DGA avait déjà notamment imposé aux industriels des renégociations sur les études du standard F4 du Rafale, la première tranche conditionnelle de rénovation des Mirage 2000D, et la chaîne logistique des frégates de taille intermédiaire.

Elle entend rassurer ses partenaires privés via deux annonces réalisées le 9 novembre. Ainsi, Dassault Aviation a révélé dans un communiqué de presse qu’elle avait qualifié le standard F3-R du Rafale le 31 octobre dernier. "Le développement de ce nouveau standard, lancé fin 2013, a été mené à bien par Dassault Aviation et ses partenaires dans le parfait respect des performances, du calendrier et du budget contractuels", assure le groupe français.

Rendre les Rafale plus performants

Concrètement, cette évolution du standard F3 du Rafale permettra aux fameux avions de chasse de l’armée de l’Air et de la Marine d’utiliser le missile européen air-air longue portée Meteor, de MBDA, grâce au radar dit "à antenne active" qui équipe les Rafale livrés en série depuis mi-2013 ; mais aussi, lors des frappes air-sol, de recourir au pod de désignation laser de nouvelle génération Talios fabriqué par Thales ; ou encore d'utiliser la version à guidage terminal laser de l’Armement Air Sol Modulaire (AASM) proposée par Safran, qui permet de détruire à distance des cibles, notamment mobiles, situées à plusieurs dizaines de kilomètres.

Prochaine étape pour Dassault Aviation: le standard F4, dont les études de levée de risques sont en cours et dont le développement doit être lancé prochainement, afin d'améliorer notamment la connectivité du Rafale et sa capacité à opérer en réseaux.

Rééquilibrer les relations avec l'industrie via le contrat MICA NG

Conformément à une annonce réalisée en juillet par la ministre des Armées Florence Parly, la DGA a aussi confirmé le 6 novembre à l’industriel MBDA un contrat d’envergure : l’achat de 567 missiles MICA NG et la rénovation pyrotechnique de 300 MICA, ces missiles air-air d’interception, de combat et d’autodéfense, afin qu’ils puissent servir jusqu’en 2030. Livrés à partir de 2026, les MICA NG seront justement placés sur le Rafale à partir du standard F3-R, et chargés de remplacer les MICA, qui étaient en service depuis le début des années 2000.

Un tir de missile MICA - vidéo MBDA

"Développés en deux versions - autodirecteur infrarouge (IR) et électromagnétique (EM) -,ces missiles innovants dans les domaines des autodirecteurs et de la propulsion permettent de conserver l’avantage opérationnel face à l’évolution des menaces, rappelle la DGA dans un communiqué. Dans la dynamique d’autonomie stratégique voulue par la ministre des armées, aucun de leurs composants ne sera soumis à des restrictions d’emploi de pays tiers. Le MICA NG sera emporté par les Rafale."

Outre MBDA, les industriels participant à ce projet sont en particulier Thales, Safran et Roxel, pour les autodirecteurs et la propulsion. Ce contrat doit néanmoins concrétiser de nouvelles règles du jeu entre les industriels de la défense et l’Etat. "Conformément à la volonté politique de rééquilibrer les relations entre l’Etat et l’industrie, celle-ci assume une part significative des coûts de développement, précise la DGA. Le marché prévoit également des redevances, ainsi qu’un mécanisme de réduction du prix des missiles acquis par la France en fonction du nombre de missiles produits pour l’export."

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