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L'Usine Aéro

La DGA monte au front pour minimiser l'impact des réductions du budget des armées

Hassan Meddah ,

Publié le

En supportant l'ensemble des surcoûts des opérations extérieures, le budget 2018 des armées subit une ponction de 404 millions d'euros. La DGA estime toutefois que cela n'aura pas de conséquences significatives pour les livraisons d'équipements aux armées.

La DGA monte au front pour minimiser l'impact des réductions du budget des armées
La DGA a confirmé la commande de plusieurs grands équipements en 2019: le 6eme et dernier sous-marin nucléaire d'attaque Barracuda, quatre pétroliers-ravitailleurs, les premiers drones MALE....
© D.R

Comment les armées vont-elles faire face à l'amputation de plus de 400 millions d'euros de leurs crédits pour l'année 2018? Le projet de loi de finances rectificative fait porter l'ensemble des surcoûts des opérations extérieures au seul ministère des Armées alors qu'ils étaient auparavant partagés par l'ensemble des ministères au titre de la solidarité interministérielle.

Il y a un peu plus d'un an, une décision similaire  de Bercy avait causé une onde de choc aussi violente qu'inattendue au sein des armées. En juillet 2017, le chef d'état-major des armées, le Général de Villiers, démissionnait après la suppression de 850 millions d'euros de crédits du budget de la Défense. Mais depuis, la dernière loi de programmation militaire (LPM) a été votée, accordant une augmentation significative des crédits militaires, soit près de 295 milliards d'euros sur la période 2019-2025. 

3% du programme d'équipements

La situation en novembre 2018 parait bien différente de juillet 2017. A l'occasion de la présentation de son premier bilan annuel le 8 novembre, le nouveau délégué général à l'armement, Joël Barre s'est ainsi montré rassurant quant à la capacité de son agence à amortir le choc. La DGA a fait ses comptes: cela se traduira par une réduction directe de 319 millions d'euros pour son principal programme, le programme 146 consacré à l'équipement des forces. "C'est un montant relativement faible si l'on compare aux 850 millions d'euros (d'annulation de 2017, ndlr). Cela ne représente que 3% du programme 146 (...)  Je pense que nous sommes capables de l'assumer en gestion sans avoir de conséquences significatives pour les livraisons à nos armées", a précisé le premier acheteur d'équipements militaires en France.

Pour 2018, l'agence compte en effet un budget d'engagement de 12,7 milliards d'euros. Pour 2019, les commandes pour le sixième et dernier sous-marin nucléaire d'attaque Barracuda, quatre pétroliers-ravitailleurs, les premiers drones MALE sont confirmées.... Et les forces vont accueillir des patrouilleurs multimission, un nouvel A400M, une dizaine d'hélicoptères NH90, et les premiers véhicules blindés connectés Griffon. "Il y a aura potentiellement des petits impacts sur la LPM", estime-t-on dans l'entourage de Joël Barre.

Annulation et reports de versements

Comment comprendre que l'impact d'une telle annulation de crédits soit quasiment indolore ? A Balard, on explique avoir anticipé cette décision...dès le début de l'année 2018. L'argent correspondant à une réserve de précaution a été géré avec la plus grande prudence. La DGA ne s'est pas privée non plus de décaler les acomptes en particulier à des organismes internationaux comme l'OCCAR (entité qui gère les programmes européens en coopération, ndlr) tout comme certains contrats auprès des industriels pour trouver des marges financières. Des techniques déjà exploitées...en 2017. Ainsi plus de 400 millions d'euros avaient été économisés cette année-là en annulant ou en reportant des versements. La méthode a toutefois ses limites. "C'est une simple mesure de «cavalerie budgétaire» : in fine, les versements à l'OCCAr et à la Nahena (organismes internationaux, ndlr) devront bel et bien être effectués" avait critiqué Cédric Perrin, rapporteur pour le programme 146 "Equipements des forces" pour le Sénat lors d'une audition fin 2017.

La confiance dans la LPM fragilisée

Si la DGA se veut rassurante, pas sûr que les armées qui attendent leur équipements et les industriels leurs commandes, soient totalement rassurés. En 2017, ils avaient subi les conséquences de l'annulation des 850 millions d'euros de crédits militaires. Le sénateur Cédric Perrin les avait listées. Ainsi les livraisons de plusieurs équipements significatifs avaient été retardés de plusieurs mois comme le système de détection de missile des Rafale Marine, les radars des avions légers de surveillance et de reconnaissance, la charge utile de renseignement d'origine électromagnétique des drones Reaper, certains tourelleaux des véhicules blindés multi-rôles lourds Griffon, ainsi qu'un hélicoptère de manœuvre Caracal. La DGA avait également imposé aux industriels des renégociations sur les études du standard F4 du Rafale, la première tranche conditionnelle de rénovation des Mirage 2000D, et la chaîne logistique des frégates de taille intermédiaire.

Au-delà du budget 2018, cette coupe budgétaire de Bercy fragilise la confiance dans la LPM. "Avec cette décision c’est toute la crédibilité de la loi votée il y a quelques mois et les engagements du Président de la République de consacrer 2% du PIB à la défense qui sont remis en cause", estime Dominique de Legge, sénateur rapporteur spécial du budget de la Défense

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