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La DGA, l'allié indispensable des industriels français de la Défense

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Investissements, expertise, innovation, et exportation... La Direction générale à l'armement (DGA) s'affirme comme un atout majeur pour les industriels de Défense. Son action va bien au-delà des 9,8 milliards de dépenses en matériels militaires engagés en 2016.

La DGA, l'allié indispensable des industriels français de la Défense © Dassault Aviation - Alex Paringaux

Des drones tactiques Patroller de Safran, six Rafale de Dassault Aviation, une frégate multimissions et des navires de surveillance de DCNS et de ses partenaires, des hélicoptères d'attaques et transport mais également deux A400M d'Airbus, des roquettes à guidage laser de Thales... Autant de matériels livrés à la Direction générale de l'armement (DGA) l'an dernier.

"Ces équipements traduisent la volonté constante de la France de disposer d'une capacité autonome et d'une complète indépendance de décision. (…) L'enjeu majeur c'est la souveraineté de notre système de Défense. Pas de souveraineté sans industrie forte", a justifié son patron, le délégué général à l'armement Laurent Collet-Billon, lors de la présentation lundi 6 mars du bilan 2016 de l'agence. Pour soutenir les grands industriels mais aussi les 400 PME stratégiques du secteur, la DGA agit sur quatre fronts complémentaires.  

9,8 milliards engagés auprès des industriels

La DGA a les poches profondes. Elle a réalisé pour 9,8 milliards d'euros d'engagement auprès des industriels du secteur pour équiper les forces armées. Et encore, c'est un milliard de moins que prévu. Quelques commandes ont été repoussées car l'offre des industriels n'étaient pas suffisamment mûre. La mise en concurrence des industriels notamment pour l'acquisition de nouveau fusil d’assaut AIF ou des véhicules légers tactiques pour l'armée de terre, a permis de réaliser des économies significatives avec des rabais jusqu'à 30% dans certains cas. Cet effort est largement amorti. L'industrie de défense française, soit 165 000 emplois, réalise un chiffre d'affaires de 20 milliards d'euros.

6,5 millions d'heures d'ingénierie

L'agence compte 11 centres d'essais et d'expertise qui lui permettent d'évaluer en toute indépendance la performance des matériels livrés. En 2016, la DGA a été en charge de certaines campagnes d'essai du nEUROn, le prototype de drone de combat. Dans le domaine de la cyberdéfense, elle a renforcé ses effectifs et aligne un bataillon de 420 experts en technologies numériques. Ses moyens d'essai ont permis de suivre le missile stratégique M51 tiré en juillet dernier depuis le sous-marin nucléaire Le Triomphant. Au total, ses 9600 salariés, essentiellement des ingénieurs et techniciens, ont «produit» 6,5 millions d'heures d'essais et d'expertise en 2016.

672 millions d'euros pour la recherche amont

Les militaires courent après la supériorité technologique. L'arme de prédilection de la DGA dans ce domaine: les études amont, qui permettent de concevoir les équipements militaires du futur. Le budget de 672 millions d'euros permet notamment la préparation du programme de sous-marin nucléaire de 3ème génération, les travaux sur le drone de combat franco-britannique, et de projets dans les domaines de la robotisation et de l'intelligence artificielle.

Par ailleurs, la DGA a soutenu une soixantaine de PME en finançant des projets de recherche à hauteur de 50 millions d'euros. Elle consacre une subvention de 105 millions d'euros par an à l'ONERA, l'organisme de recherche en aéronautique.

20 milliards d'euros d'exportation

La France enchaîne ces dernières années les records de commandes à l'exportation. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian s'est félicité des 20 milliards d'euros de commandes remportés par les industriels tricolores en 2016 notamment grâce à deux méga contrats: la vente de 36 Rafale à l'Inde et de 12 sous-marins à l'Australie. La DGA contribue à ce succès en apportant ses compétences de maîtrise d'ouvrage aux pays clients.

L'Inde s'est appuyé sur la DGA pour la définition et la personnalisation de ses équipements de contre-mesures qui équiperont ses Rafale. Au total l'agence aura recruté 300 personnes sur la période 2014-2019 et autant dans les années suivantes, notamment pour relever le défi de l'export.

 

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1 commentaire

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08/03/2017 - 07h58 -

La DGA fait tout pour les grosse boîtes, mais fait tout également pour empêcher d'innombrables petites boites de se développer. Je sais de quoi je parle.
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