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La dématérialisation peine à démontrer son intérêt écologique

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Document Alors que les gains sociaux et économiques sont désormais évidents, les bénéfices pour l’environnement ne sont toujours pas démontrés.

Les entreprises citées

Comment concilier efficacité opérationnelle, amélioration des conditions de travail, et respect de l’environnement ? En dématérialisant les documents et les processus répond le Syntec Informatique dans le second volume de son livre vert consacré au Green IT. Le représentant des éditeurs de logiciels et des prestataires de service informatique a choisi de traiter la « dématérialisation des supports physiques de stockage de l’information en priorité, car il s’agit d’une première étape incontournable de toute stratégie de développement durable » explique-t-il.

L‘empreinte écologique du papier est en effet alarmante. Alors que 80% des forêts primaires ont disparu, 42% du bois exploité sert à fabriquer du papier. Cette industrie émet une grande quantité de gaz à effet de serre - 850 millions de tonnes de CO2 en 2020 pour les seules impressions bureautiques selon HP - et recourt massivement à des produits chimiques dangereux. L’industrie papetière se classe au second rang des plus gros consommateurs d’eau douce en Europe.



Face à cette situation, la dématérialisation semble, à priori, une bonne solution. Malheureusement, le rapport du Syntec Informatique n’apporte aucune preuve tangible des bénéfices écologiques. Si « les analyses sur ce sujet sont récentes et encore assez rares » reconnaît le Syntec, les rares gains chiffrés de son rapport oublient (sciemment ?) de prendre en compte le transfert de l’empreinte des documents physiques aux documents numériques. Pourtant, les documents numériques n’ont rien d’immatériels. Ils sont créés sur des ordinateurs, stockés sur des disques durs, et lus depuis d’autres ordinateurs connectés par un réseau informatique. La fabrication de ces matériels s’appuie sur des matières premières (minerai, pétrole, etc.), consomme de l’énergie, et génère des pollutions au même titre que la fabrication de la pâte à papier. Les documents numériques ont même un inconvénient supplémentaire par rapport au papier : ils consomment de l’énergie tout au long de leur usage. Le stockage des données représente déjà 37% de la consommation électrique des centres informatiques. C’est d’ailleurs la facture électrique qui augmente le plus vite.

Autre écueil, l’étude élude l’effet rebond. Malgré la généralisation de l’informatique au sein des entreprises et chez les particuliers, la consommation mondiale de papier augmente d’environ 3% par an depuis 10 ans. Comme il est plus facile d’imprimer un document dématérialisé que de photocopier un document papier, les utilisateurs les impriment en plus grand nombre. En 2008, un salarié imprimait toujours 28 pages par jour. Et les européens consomment 4 fois plus de papier que la moyenne mondiale. Avant la technologie, ce sont donc « les usages qu’il faut faire évoluer » explique le rapport.

Dématérialiser les déplacements

« La dématérialisation ne se limite pas aux supports papier » rappelle Eric Mittelette, pilote du groupe de travail Green IT au sein du Syntec Informatique. Elle touche aussi les œuvres d’art, le capital intellectuel, les processus organisationnels (télétravail par exemple), administratifs (télé-procédures), et commerciaux (commerce électronique). Les bénéfices potentiels pour l’environnement seraient donc plus larges, notamment ceux associés aux déplacements. Le travail à distance fera donc l’objet d’un prochain rapport.

Le livre vert du Syntec Informatique aborde deux thèmes intéressants : le cadre réglementaire et les gains sociaux. Le cadre réglementaire a évolué en 2009 avec une nouvelle loi sur le télétravail et sur la dématérialisation des bulletins de salaire adoptées par le parlement avant l’été. Concernant l’aspect social de la dématérialisation, « il ne faut pas oublier que c’est un projet d’entreprise qui permet aussi d’améliorer les conditions de travail des salariés, un aspect essentiel du développement durable » insiste Eric Mittelette.

En attendant que l’industrie informatique démontre clairement les gains environnementaux de la dématérialisation, les entreprises peuvent réduire leur volume d’impressions et utiliser du papier issu de forêts gérées durablement (éco-label FSC), ou mieux, du papier recyclé (éco-label APUR) dont l’empreinte environnementale est 10 fois moins importante que celle du papier standard.

Frédéric Bordage

A lire aussi :

« Dématérialisation, levier de développement durable »

Pour produire une tonne de papier (400 ramettes), il faut :

- 17 arbres,
- 26.500 litres d’eau douce,
- 4.100 kWh d’électricité,
- 3 barils de pétrole.
La production d’une tonne de papier génère 3 m3 de déchets.

 

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