"La demande industrielle reste forte dans le nucléaire"

L'énergie prend une dimension de plus en plus importante dans les formations d'ingénieurs, comme l'a révélée cette année l'enquête exclusive d'Industrie & Technologies auprès des écoles françaises. Olivier Simonin, président de l'INP Toulouse, qui place près d'un ingénieur formé sur cinq dans l'énergie, nous éclaire sur la stratégie de l'établissement concernant cette thématique.

Partager
Olivier Simonin préside l'INP Toulouse.

Comment les ingénieurs de l’INP Toulouse (INPT) sont formés à la thématique énergie ?

Ce sont principalement deux écoles de notre établissement qui abordent l’énergie dans leur formation : l’ENSEEIHT, dans le domaine de l’électrotechnique et de la dynamique des fluides, et l’ENSIACET, dans le domaine du génie des procédés. Mais l’énergie touche désormais de nouveaux secteurs, comme l’informatique, confrontée à des factures de plus en plus élevées du fait de l’accroissement de puissance. Nos élèves y sont sensibilisés car le numérique et les télécoms sont une spécialité forte de l’INPT. Enfin, certains de nos enseignants-chercheurs travaillent dans le champ des énergies alternatives (solaire, éolien, biomasse…), que nos élèves jugent très attractifs.

Dix-neuf pour cent de vos diplômés trouvent un travail dans l’énergie à la sortie de l’école. Quelles sont les entreprises qui les recrutent ?

Principalement les grands industriels de l’énergie en France : Total, EDF, Areva, Alstom… qui investissent par ailleurs dans notre établissement via des contrats de recherche et des chaires d’excellence. Ces entreprises ont recruté beaucoup de profils techniques il y a une quarantaine d'années, et se retrouvent aujourd’hui confronté à une pénurie, avec les départs en retraite. La demande industrielle reste forte, en particulier dans le nucléaire, et nous manquons de jeunes ingénieurs formés à l’école pour y répondre. En effet, ce ne sont pas les moyens de production d’énergie « traditionnels » qui intéressent le plus les jeunes ingénieurs. Ces derniers préfèrent les défis techniques des nouveaux modes de production : centrale à charbon avec capture du CO2, conversion de l’énergie renouvelable…

L’énergie prendra-t-elle plus d’importance pour vous dans les prochaines années ?

Nous réfléchissons en ce moment avec EDF à la création d’une nouvelle chaire de recherche et d’enseignement autour de l’énergie. Nous avons aussi des enseignants-chercheurs qui participent aux projets de l’IRT AESE (aéronautique, espace, systèmes embarqués), dont le financement vient d’être confirmé et qui inclut des moyens de formation. Il y aura dans cet IRT des sujets porteurs axés sur l’énergie, comme celui de l’avion tout électrique.

Comparé à l’année passée, le montant de vos contrats de recherche a baissé, mais le dépôt de brevets sur les cinq dernières années a progressé, ce qui explique votre maintien dans notre classement. Comment justifiez-vous cette tendance ?

Nous sommes en effet confrontés à la baisse de nos contrats industriels directs, qui s’équilibrent désormais avec les contrats de recherche publique (ANR). Parallèlement, le nombre de brevets déposés progresse, grâce à l’expérience et une certaine culture de l’innovation chez nos enseignants-chercheurs. C’est une situation que nous voulons poursuivre à l’avenir, en les aidant au maximum pour ce qui concerne la partie administrative de leur métier, notamment dans le cadre de la recherche de financements. La SATT Toulouse Midi-Pyrénées, dont l’INPT est membre fondateur, pourra les aider dès cette année dans l’activité de dépôt de brevet.

Propos recueillis par Ludovic Fery

SUR LE MÊME SUJET

PARCOURIR LE DOSSIER

Tout le dossier

Sujets associés

NEWSLETTER Energie et Matières premières

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos...

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu...

Écouter cet épisode

La renaissance des montres Kelton

La renaissance des montres Kelton

Le designer Vincent Bergerat donne une nouvelle vie aux montres Kelton. Dans ce nouvel épisode du podcast Inspiration, il explique au micro de Christophe Bys comment il innove et recrée l'identité...

Écouter cet épisode

Connecter start-up et grands groupes

Connecter start-up et grands groupes

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Thomas Ollivier, fondateur du Maif Start-up Club, répond aux questions de Christophe Bys. 

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

BUREAU VERITAS

Auditeur QSE (F-H-X)

BUREAU VERITAS - 23/06/2022 - CDI - Aix en Provence

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

28 - LE COUDRAY

Mise en conformité de 2 salles de césarienne au bâtiment Pôle Femme Enfant du Centre Hospitalier de Chartres.

DATE DE REPONSE 09/09/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS