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La dégringolade de Zynga, ex star du web 2.0

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Analyse Autrefois véritable star du web 2.0, le pionnier des jeux sur réseaux sociaux Zynga traverse une crise sans précédent. La faute à un catalogue de jeux peu innovant et à un modèle économique "free-to-play" encore loin d'avoir fait ses preuves.

La dégringolade de Zynga, ex star du web 2.0 © D.R.

Tout avait bien commencé pour l'éditeur de jeux sur réseaux sociaux Zynga. Créée en 2007, cette société californienne a vu son activité se développer très rapidement, devenant une des valeurs montantes du web 2.0. Point culminant : une entrée en Bourse fracassante, fin 2011, avec une capitalisation d'environ un milliard de dollars.

Un an plus tard, rien ne va plus pour Zynga. L'éditeur a vu son résultat opérationnel (Ebitda) chuter à 168 millions de dollars sur les neuf premiers mois de l'année 2012, contre 235 millions en 2011 sur la même période. Il s'est alors lancé dans un vaste plan de réduction des coûts incluant le licenciement de 5% de ses effectifs, soit environ 150 postes, et l'arrêt de 11 jeux, sur un catalogue d'une cinquantaine de titres.

Comment expliquer une telle dégringolade ? La première raison est sans doute liée à son hyperdépendance vis-à-vis de Facebook. Il s'agit de la première plateforme accueillant les jeux de Zynga, loin devant MySpace. Or, l'audience des jeux de Zynga sur Facebook n'a pas été à la hauteur des attentes du réseau social. À tel point que Facebook a finalement décidé de prendre ses distances vis-à-vis de Zynga. En novembre dernier, l'entreprise de Mark Zuckerberg a revu à la baisse son partenariat avec l'éditeur californien alors qu'il lui donnait auparavant une place privilégiée sur sa plateforme.

Pourquoi les jeux de Zynga n'ont pas connu le succès escompté ? "Zynga a eu tendance à proposer trop de titres se ressemblant. Cette absence d'innovation et de nouveautés est peut-être une des causes de la désaffection du public pour ses jeux", estime Julien Villedieu, délégué général du SNJV (Syndicat national du jeu vidéo). Autre élément : Zynga n'est plus seul sur ce marché. Le pionnier du secteur s'est fait grignoter des parts de marché par le géant Electronic Arts, qui a racheté en juillet 2011 PopCap Games, autre spécialiste des jeux sur réseaux sociaux. Amazon a également fait son entrée sur ce marché à l'été 2012.

Un modèle économique en question

Zynga est basé sur un business model dit de "free-to-play", ou F2P. Il consiste à proposer un accès gratuit au jeu avec des revenus dégagés sur certaines options payantes. Il s'agit en général de petits paiements, de quelques euros, servant à acquérir par exemple des objets ou de la monnaie virtuelle.

Ce modèle semble aujourd'hui avoir atteint certaines limites. "Il est difficile de dégager des revenus importants lorsque seulement 2 à 3% de vos joueurs payent pour jouer. Bon nombre d'éditeurs s'interrogent sur la pérennité de ce modèle qui n'a pas fait ses preuves", poursuit Julien Villedieu. Parmi les faiblesses de ce modèle : il nécessite d'importants investissements, notamment en marketing, pour attirer sans cesse de nouveaux joueurs. Par ailleurs, le design des jeux est compliqué, car il doit être suffisamment attrayant pour fidéliser les joueurs, tout en créant une certaine frustration afin qu'ils achètent des options payantes.

"Je pense que le principe de vendre un jeu sous forme de service plus qu'en tant que produit a de l'avenir. Mais il faudra peut-être faire évoluer le modèle du free-to-play", estime Julien Villedieu.  

Pour le responsable, il ne faut pas enterrer Zynga trop vite. "Cet éditeur est tout à fait capable de retrouver une certaine dynamique sur d'autres plateformes comme le mobile, qui est considéré par beaucoup comme l'avenir du jeu vidéo", conclut-il.

Christophe Guillemin

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