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L'Usine de l'Energie

La déconstruction du CEA à Marcoule et de la centrale EDF à Aramon, deux chantiers exemplaires

Sylvie Brouillet , ,

Publié le

Le secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, a vérifié jeudi 26 avril dans le Gard, l’avancement du démantèlement des installations du CEA à Marcoule et de la déconstruction de la centrale thermique EDF d’Aramon. Pour co-construire un avenir "décarboné", industriels et acteurs publics locaux espèrent signer fin juin avec l’Etat un contrat de transition écologique.

La déconstruction du CEA à Marcoule et de la centrale EDF à Aramon, deux chantiers exemplaires
Le secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, a vérifié jeudi 26 avril dans le Gard, l’avancement du démantèlement des installations du CEA à Marcoule et de la déconstruction de la centrale thermique EDF d’Aramon.
© Sylvie Brouillet

Accompagné du nouvel administrateur général du CEA François Jacq, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu a arpenté jeudi 26 avril un Gard industriel en pleine mutation, entre démantèlement des installations du CEA à Marcoule et déconstruction de la centrale au fioul d’EDF à Aramon, au bord du Rhône. "L’Etat facilitera et accompagnera la transition du territoire vers des énergies décarbonées, assure Sébastien Lecornu. Ce sera l’un des quatre démonstrateurs du contrat de transition écologique. Vous serez observés." Le futur contrat de transition écologique est porté par la communauté de communes du Pont du Gard, dont fait partie Aramon, et l’agglomération du Gard rhodanien, qui comprend Chusclan, où se trouve Marcoule, en accord avec les grands industriels du territoire EDF, Sanofi, CEA, avec le soutien de la CCI, du département et de la région et des services de l’Etat.

Marcoule, "modèle" du démantèlement

Premier site industriel gardois, Marcoule reçoit 5 300 personnes par jour, dont 1 500 du CEA. Un millier travaille au démantèlement des installations et "ce chiffre aura tendance à augmenter faiblement dans les prochaines années", précise Vincent Gorgues, maître d'ouvrage de l'assainissement-démantèlement au CEA à L’Usine nouvelle. "Avec 740 millions d’euros par an, nous serons le premier donneur d’ordres pendant 15 ans", a-t-il lancé au secrétaire d’Etat. Sébastien Lecornu a pris connaissance de l’avancée du démantèlement du réacteur Phénix (décret pris en juin 2016) dans la "bulle" face au cœur du réacteur. 100 % de la "salle des machines" a été démantelé, 30 % des générateurs de vapeur, 15 % des échangeurs de chaleur...

Du démantèlement, qui se poursuivra jusqu’en 2045, naissent des technologies et des filières. La future installation Noah du CEA, qui sera livrée en 2021, devra transformer en soude le sodium (Phénix est un réacteur refroidi au sodium). "Nous sommes au croisement des révolutions technologiques, du digital, de la robotique, des matériaux", assure Vincent Gorgues. Entouré d’un parc d’activités régional et d’un pôle de formation sur les techniques nucléaires de l’INTSN, le CEA Marcoule fait partie des fondateurs en 2014 du Pôle de valorisation des sites industriels (PVSI), fort de 30 membres. Monté pour fédérer la filière du démantèlement, il organise les Assises annuelles du démantèlement et pousse la création d’un Institut européen d’hydrométallurgie.

Aramon cherche à garder son identité autour de l’énergie

À 35 km de Marcoule, la centrale thermique EDF d’Aramon se repère de loin, avec sa cheminée de 245 mètres. Elle a définitivement arrêté de produire en avril 2016. Sa déconstruction - pour 50 millions d’euros - a débuté par le vidage des quatre cuves de fioul (265 000 m3). Elles sont en cours de nettoyage pour entrer dans le circuit du recyclage. Environ 10 000 tonnes de fer, soit l’équivalent de la Tour Eiffel, assurent les responsables, seront recyclées. La cheminée devrait tomber (par explosifs) en 2022 et la déconstruction s’achever début 2030, hors aléas.

C’est à l’intérieur de la centrale que les nombreux acteurs publics et privés ont abordé les orientations d’un futur contrat de transition écologique. "Avec la fermeture de la centrale EDF, nous avons subi le redéploiement d’une centaine d’emplois et perdu 30 % de nos recettes fiscales", rappelle le président de la communauté de communes du Pont du Gard. Depuis, les élus et EDF s’attèlent à la reconversion du site, avec le programme Energies du Gard. Celui-ci devient le socle d’un futur contrat de transition écologique Cleantech Vallée, dont le député du Gard Anthony Cellier a porté le dossier auprès du ministère. Un comité partenarial de développement a vu le jour en février 2018 "pour aller plus loin qu’une reconversion de site industriel et favoriser une économie décarbonée", assure Jean-Pierre Frémont, directeur de l’action régionale France chez EDF.

Des projets pour nourrir le contrat de transition écologique

Si le rassemblement des industriels et collectivités est un gros atout relevé par le secrétaire d’Etat, celui-ci demande aussi aux acteurs gardois "des maquettes chiffrées". "La négociation d’un contrat, ça se décante. Qui est maître d’ouvrage de quoi ? Il faut donner une saveur concrète au contrat si vous voulez signer fin juin", note Sébastien Lecornu, qui a aussi encouragé les acteurs à se rapprocher de Business France.

Un peu plus tôt, la chargée de projets Virginie Monnier-Mangue (EDF) avait présenté un accélérateur de start-up CleanTech Booster, la création d’un Espace Ecole sur la maîtrise des risques industriels dans la centrale EDF, et des projets de parcs photovoltaïques au sol portés par EDF (deux fois 5 à 6 MWc sur les espaces libérés par la centrale) mais aussi par l’usine Sanofi Aramon et RES-Arcelor. Le 8 juin, les acteurs doivent se réunir à nouveau pour avancer sur la négociation du contrat de transition écologique.

Sylvie Brouillet

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