L'Usine Energie

"La décision de Philippe Martin dégrade l'image de la France", selon Jean-Louis Schilansky

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le , mis à jour le 29/11/2013 À 08H45

Jean-Louis Schilansky, Président de l’Union française de l’industrie pétrolière (Ufip), manifeste son mécontentement vis-à-vis de la décision du ministre de l’Ecologie Philipe Martin. Ce dernier à refuser de transférer à la société Hess Oil sept permis pétroliers que l’entreprise avait rachetés à Toréador dans le Bassin parisien. Une des raisons est le risque que l’acquéreur utilise la fracturation hydraulique, interdite en France depuis juillet 2011.

La décision de Philippe Martin dégrade l'image de la France, selon Jean-Louis Schilansky © Pascal Guittet

L'Usine Nouvelle - Comment jugez-vous la décision de Philippe Martin au sujet des permis de Hess Oil ?

Jean-Louis Schilansky - Cela dégrade l’image de la France et cela inquiète les investisseurs. On ne peut pas changer les règles en permanence. Le ministre explique ce refus par le fait que le pétrolier pourrait employer une technologie, la fracturation hydraulique, illégale en France. Le rôle de l’Etat n’est pas de spéculer sur le fait que les entreprises vont frauder. Ce procès d’intention fait à l’industrie pétrolière et surtout à Hess Oil est inacceptable. On ne peut pas traiter une entreprise comme cela !

Le ministre avance d’autres arguments pour justifier sa décision…

Oui et l’un des pires est celui de la nécessité de baisser la consommation des énergies fossiles, comme s’y est engagé le gouvernement. Bien sûr qu’il faut baisser la consommation des hydrocarbures ! Mais cela n’a rien à voir avec la production sur le sol français. En 2012, nous avons importé 68 milliards d’euros de gaz et de pétrole, il faut absolument diminuer cette facture. Nous sommes très mécontents des arguments techniques et économiques avancés par le ministre. S’il s’agit d’une pure décision politique, qu’on le dise ! Si on ne veut pas que la France produise de gaz ou de pétrole, il vaudrait mieux être clair.

Le ministre a rejeté les conclusions d’un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) sur les technologies alternatives à la fracturation hydraulique, traitant les rapporteurs de "VRP des hydrocarbures fossiles". Qu’en pensez-vous ?

C’est une réaction politique à un rapport qui me semble équilibré. On ne peut pas accuser les deux rapporteurs d’être déraisonnables. Mais surtout, c’est une fois de plus un signal très négatif adressé aux investisseurs. De plus en plus, ces derniers ont l’impression de ne pas pouvoir travailler avec des permis qu’ils ont pourtant acheter.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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