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La danse des chaebols coréens

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Le clip techno-pop coréen "Gangnam Style" a beau battre des records de vues sur YouTube, les électeurs qui voteront en Corée du Sud le 19 décembre pour la présidentielle n'auront pas forcément le coeur à danser. Entre la menace nord-coréenne, les tensions sino-japonaises et une croissance mondiale médiocre, on les comprend. Pourtant, côté économie, la Corée n'est pas dans une si mauvaise passe. Elle remplirait haut la main les critères de Maastricht et le chômage s'élève à 2,8%. Mieux, les exportations ont rebondi de 3,6% en novembre.

En 2013, la croissance du pays présidé par le conservateur Lee Myung-bak, 70 ans, devrait atteindre 3,6%. Mais l'un des sujets forts de la campagne reste l'architecture même du modèle coréen et le besoin de « démocratie économique ». Ce concept attrape-tout englobe aussi bien la bonne marche de la justice (le Parquet est au coeur d'un scandale), la transparence (mise à mal par des fraudes dans le nucléaire civil), que la lutte contre des inégalités croissantes dans un pays où l'État joue un faible rôle distributif.

À 30% du PIB, les dépenses publiques restent les plus faibles de l'OCDE, Mexique excepté. Un virage vers le « welfare state », c'est ce que propose le principal candidat d'opposition Moon Jae-in, un avocat de centre gauche, mais ce dont ne veut pas son adversaire Park Geun-hye, candidate du parti conservateur au pouvoir et fille d'un des anciens dictateurs. Au-delà de leurs divergences, ces candidats affichent pourtant un même credo : revoir la structure de l'économie bâtie sur un modèle unique celui des chaebols.

Ces conglomérats familiaux tels LG, Hyundai, SK ou Samsung, à la pointe de la technologie, assurent plus de la moitié de la richesse nationale et 85% des exportations. En clair la prospérité du pays. Mais étouffant les PME, ils contrôlent tout ou presque : l'industrie, la distribution, la finance... et selon les mauvaises langues, le pouvoir. Au sein de ces géants aux participations enchevêtrées, il y a surtout l'opacité et des « affaires » trop fréquentes (l'une touche le fils du puissant patron de Samsung).

Le seul court moment où ils vacillèrent fut la crise asiatique de 1997. Depuis, à Séoul, les idées ne manquent pas pour améliorer la transparence, durcir les lois antitrust, protéger les consommateurs ou réformer la fiscalité des participations croisées... Mais au fil des alternances, aucun parti n'y est parvenu. L'irruption dans la campagne d'Ahn Cheol-soo, un entrepreneur du web jurant de revoir le système avait suscité l'espoir de la jeunesse. Las ! Cet électron libre vient de jeter l'éponge pour, dit-il, ne pas compromettre les chances de l'opposition. Quelle que soit l'issue du scrutin, bien peu rêvent de réformes profondes. Les chaebols vont pouvoir danser.

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