La cybersécurité, nouveau talon d’Achille du secteur aéronautique ?

Selon le cabinet Deloitte, tous les indicateurs économiques sont au vert pour le secteur aéronautique. Mais, un nouveau risque majeur est à craindre : des cyber attaques qui pourraient menacer la sécurité des vols ou frapper la supply chain aéronautique.

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La cybersécurité, nouveau talon d’Achille du secteur aéronautique ?
De plus en plus connectés et numériques, les cockpits des avions pourraient devenir des cibles pour des pirates informatiques.

Ça plane pour le secteur de l’aéronautique civile, et pour longtemps encore. C’est en substance le message essentiel de la dernière étude mondiale du cabinet Deloitte "Les grandes tendances 2017 de l’industrie aéronautique et défense", présentée à la presse le 9 mars dernier. Le trafic de passagers devrait être multiplié par 2,5 d’ici 20 ans amenant plus de 10 milliards de voyageurs à prendre l’avion en un an. De quoi faire le bonheur des avionneurs. Boeing, Airbus et d’éventuels nouveaux entrants, auront à produire à partir de 2020 plus de 1500 appareils commerciaux par an.

Développement du low-cost, parité euro/dollar, maîtrise des technologies, prix du carburant, coût de maintenance réduits… "Tous les déterminants qui gouvernent ce secteur sont au vert", précise Pascal Pincemin, responsable du secteur Aerospace and Defense chez Deloitte. Il y aurait pourtant une faille qui pourrait jeter une ombre sur cette croissance: celle liée à la cybersécurité.

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une porte logicielle dérobée

Aujourd’hui, les acteurs de la Défense et de l’aéronautique sont déjà la cible des pirates informatiques qui tentent de s’emparer des secrets technologiques. "Demain, la menace pourrait prendre une autre forme. Le secteur est vulnérable aux cyberattaques", selon le consultant. Et d’imaginer des scénarios… dignes des films de James Bond. Comme une porte logicielle dérobée, intégrée dans la puce électronique d’un équipement critique de l’appareil et qui pourrait mettre en péril la sécurité des appareils en plein vol.

"Cela pourrait contraindre un avionneur à clouer au sol toute une famille d’appareils", explique le consultant. Autre scénario possible et plus réaliste : s’attaquer au maillon faible de la chaine industrielle aéronautique : les sous-traitants. "En France, plus de 60% des entreprises ont moins de 50 salariés. Souvent, elles n’ont pas la taille critique pour se payer un responsable de la sécurité informatique. C’est une cible facile pour un pirate", imagine Pascal Pincemin.

Pirater le système de contrôle d'un avion

Or, à la demande de leurs grands donneurs d’ordres, les PME du secteur sont engagées dans un mouvement de modernisation et de numérisation qui pourrait les fragiliser sur un plan informatique. Constatant une augmentation des flux de données numériques entre les partenaires industriels, le cabinet d'études préconise de sécuriser les systèmes d’information, de production, d’exploitation et d’approvisionnement.

De toute évidence, la cybersécurité doit faire partie des nouvelles priorités des dirigeants du secteur et des avionneurs en particulier. Déjà en 2015, le directeur de l’AESA (agence européenne de la sécurité aérienne) avait révélé qu’un hackeur avait fait la démonstration auprès de ses experts qu’il était possible de pirater le système de contrôle d'un avion.

Hassan Meddah Journaliste défense, spatial et cybersécurité

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