L'Usine Energie

La cuve de l’EPR bientôt validée par l’ASN ?

Ludovic Dupin ,

Publié le

Le redémarrage de sept réacteurs nucléaires arrêtés pour des anomalies sur leurs générateurs de vapeur est un signal fort pour EDF en vue de la décision à venir de l’ASN sur la cuve de l’EPR de Flamanville. 

La cuve de l’EPR bientôt validée par l’ASN ? © Ludovic Dupin

La décision de l’Autorité de sûreté ncléaire (ASN) du 5 décembre semble donner un bon indice de ce qui devrait se passer concernant le dossier de l’EPR de Flamanville (Manche). Pierre-Franck Chevet, le président du gendarme du nucléaire, a autorisé EDF à redémarrer sous conditions sept réacteurs nucléaires mis à l’arrêt après la découverte de malfaçons sur les générateurs de vapeur. L’étude d’EDF a convaincu l’ASN que ces anomalies ne remettaient pas en cause la sûreté.

Or les défauts étudiés sur ces générateurs de vapeurs sont de même nature que ceux découverts sur la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche). Il s’agit de taux trop élevés de carbone dans l’acier qui pourraient en affecter la résistance en cas de choc thermique. La norme prévoit des taux de carbone maximum de 0,22%. Or certains générateurs de vapeurs, fabriqués par le japonais JCFC, affichaient des taux de 0,39 %. La cuve issue de l’usine Creusot Forge (Saône-et-Loire) d’Areva présente des teneurs de carbone moindres.

On peut donc imaginer que l’ASN valide prochainement la cuve déjà installée au cœur de l’EPR en fin de construction. Lors d’une visite mi-novembre sur le site du chantier normand, Xavier Ursat, directeur général en charge des nouveaux projets nucléaires assurait que "le scénario d’une non compatibilité de la cuve n’existe pas chez EDF". Laurent Thieffry, directeur du chantier de l’EPR, ajoutait que "89% des essais ont été menés à ce jour et les résultats respectent le prérequis de l’ASN".

Reste un dossier judiciaire

Interrogé sur cette décision à venir, Pierre-Franck Chevet se montre prudent. Il note que les teneurs en carbone sont effectivement moins prononcées sur la cuve mais il ajoute : "La cuve est une pièce plus sensible et c’est un équipement neuf. Il doit donc fonctionner plus longtemps, au moins 60 ans. Il nous faut donc des convictions encore plus fortes". L’ASN devrait rendre son avis avant la fin du premier semestre 2017.

C’est sans doute un léger soulagement pour la filière dans cette crise qui dure depuis plus d’un an. La mise à l’arrêt de 18 réacteurs (sept ont déjà redémarré, sept redémarreront d’ici la fin de l’année, quatre doivent être encore arrêtés) par l’ASN est la crise la plus importante qu’ait connu le parc nucléaire français. Par ailleurs, un éventuel refus de la cuve de l’EPR pourrait mettre fin au chantier EPR et fin à la carrière de ce réacteur. La levée de ces deux hypothèques va laisser de la visibilité à l’électricien.

Restera un gros dossier à traiter, le cas de l’usine Creusot Forge d’Areva. Un audit lancé suite à la découverte des anomalies a poussé l’ASN à saisir le procureur de la République en raison de falsifications sur des dossiers d’équipements nucléaires. Ce volet judiciaire, qui va être beaucoup plus long à traiter, pourrait conduire à de lourdes sanctions. Une plainte a également été déposée par Greenpeace sur le cas des anomalies de Fessenheim 2 pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui, usage de faux, utilisation d'un équipement à risques et déclaration tardive d'un incident risquant d'avoir des conséquences notables sur la sécurité de l'installation.

 

 

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