Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La croissance revient

Publié le

La high-tech a mangé son pain noir. L'industrie des semi-conducteurs redémarre avec vigueur et les grands de l'informatique comptent toujours leurs bénéfices en milliards.

Comment se porte l'industrie du logiciel française aujourd'hui ? La baisse a été surtout sensible à partir du deuxième trimestre, mais le dernier trimestre devrait profiter d'un effet positif de saisonnalité. On devrait donc assister au moins à une stabilisation. Tous les secteurs sont-ils à la même enseigne ? Nous constatons une forte atonie dans l'investissement des petites entreprises. En revanche, nous percevons un déblocage de l'activité du côté des moyennes et des grandes entreprises. C'est important, car cela va aider à créer une dynamique positive qui aura des répercussions sur l'ensemble des entreprises. Quelles sont vos prévisions pour 2010 ? L'année ne sera pas aussi mauvaise que 2009, mais la reprise sera lente. Nous ne retrouverons pas vite les taux de progression d'avant la crise. Cependant, les éditeurs sont assez résistants. Les résultats des entreprises restent honorables et il n'y a pas eu dans notre secteur de réductions massives d'emplois.

Le plus dur est passé pour la high-tech. Dans le domaine le plus en amont, celui des semi-conducteurs, on n'hésite même plus à parler de reprise, comme le fait Carlo Bozotti, le PDG de STMicroelectronics. « Nos usines tournent à 85 ou 90 % de leur capacité et notre objectif est d'arriver à 100 % au deuxième trimestre 2010. Nous serons alors sur une tendance d'environ 10 milliards de chiffre d'affaires sur l'année. » Le marché mondial des semi-conducteurs, l'un des premiers secteurs touchés par la crise économique, repart fortement avec une progression de 10,6 % entre le deuxième et le troisième trimestres, selon iSuppli. Ce cabinet d'études prévoit la poursuite de la reprise avec, pour la première fois de l'année, les ventes d'un trimestre (le quatrième de 2009) qui dépassent celles du même trimestre de 2008 (+ 10,6%). Pour l'ensemble de l'année 2010, iSuppli prévoit une croissance de 13,8 %, après une baisse de 16,5 % en 2009. L'explication ? En aval, les ventes de produits finis, comme les téléphones mobiles, redémarrent. Le cabinet Gartner prévoit pour 2010 une hausse des ventes de téléphones dans le monde de 5 à 7 %. Et le même Gartner annonce un très vif rebond du marché des PC en Europe.

LES BONNES NOUVELLES DU TROISIÈME TRIMESTRE

Les grands de l'informatique ont eux traversé la dépression sous voilure de tempête avec des baisses de chiffre d'affaires et des réductions de bénéfices. Sans pourtant passer dans le rouge. Une manière de vivre la crise que bien d'autres industries peuvent leur envier. En outre, les résultats du troisième trimestre ont plutôt révélé des bonnes nouvelles, avec des chiffres supérieurs aux attentes, laissant entrevoir une réelle amélioration. « Nous sommes optimistes pour 2009, affirmait Samuel Palmisano, le PDG d'IBM, lors de la publication des résultats du troisième trimestre. Et nous sommes en avance sur nos objectifs de 2010. » Si, au troisième trimestre, le géant de l'informatique et des services a vu son chiffre d'affaires baisser de 7 %, à 23,6 milliards de dollars, les bénéfices ont, eux, progressé de 14 %, à 3,2 milliards de dollars. Soit une marge nette de 13,5 %. HP, le numéro 1 mondial, a lui aussi fait mieux que prévu, avec une réduction du chiffre d'affaires limitée à 2 %. Les bénéfices baissent de 20 % par rapport au troisième trimestre 2008, tout en restant confortables, à 1,64 milliard de dollars. Pour ce dernier trimestre, HP prévoit une croissance de ses profits de 8 %. Son PDG, Mark Hurd, croit surtout dans le retour à la croissance dans l'informatique en 2010 et compte en profiter puisqu'il pronostique une hausse du chiffre d'affaires de 3 ou 4 % l'an prochain. Quant à John Chambers, le PDG de Cisco, le numéro 1 mondial des infrastructures de réseaux, il « constate de solides indications d'une reprise économique ». Pour lui, le point bas de l'activité a été atteint voilà déjà six mois. Après un recul du chiffre d'affaires de 12,7 % au troisième trimestre, Cisco devrait renouer avec la croissance dès le quatrième trimestre de cette année.

REPRISE ATTENDUE DANS LE MONDE DU LOGICIEL

La tendance est la même dans le logiciel. La baisse de 14 % des ventes de Microsoft au troisième trimestre n'a pas empêché l'entreprise de réaliser 3,57 milliards de dollars de bénéfices. L'accueil positif de Windows 7, le redémarrage du marché des PC et la bonne tenue de la console de jeu Xbox devraient contribuer à dynamiser Microsoft dès la fin de cette année. Oracle voit son chiffre d'affaires baisser légèrement (- 5 %), mais ses bénéfices augmenter de 4 %. Et la reprise est en cours, avec un chiffre d'affaires qui devrait retrouver une progression positive dès ce trimestre.

Dans ce paysage, l'allemand SAP fait figure d'exception. La très forte chute des ventes de licences se poursuit (- 31 %), entraînant une baisse du chiffre d'affaires de près de 10 %.

En France, le secteur des logiciels et des services a subi la crise de manière atténuée. Les dépenses des entreprises dans les logiciels et les services ne vont décroître que de 2 à 3 %, selon une enquête menée par Syntec informatique et IDC. Quant aux dirigeants des éditeurs et sociétés de services, ils donnent des signes d'optimisme : l'indicateur de confiance de Syntec informatique, en baisse depuis février, marque un léger mieux. Même chez de petits éditeurs. Si Dominique Piolle, le directeur général adjoint de Lascom reconnaît un effet retard : « Nous avons toujours autant de projets, tout est prêt, on doit signer mais, soudain, on ne sait plus où est la commande ! » Avec des prises de commandes en baisse de 10 à 15 %, le dirigeant affiche pour 2010 « des objectifs ambitieux » pour Lascom, qui restera de toute façon profitable en 2009.

E-SANTÉ, VOITURE ÉLECTRIQUE, AÉRIEN...

« L'externalisation et la rationalisation ont répondu aux besoins de réduction des coûts du système d'information », analyse de son côté Jean Mounet, le président de Syntec informatique. « Et le renforcement du cadre réglementaire devrait occasionner une forte demande d'adaptation et de nouveaux projets. » Il voit dans la poursuite des grands programmes des secteurs public (e-santé, dématérialisation) et privé (aérien, voiture électrique, systèmes embarqués). Autant de facteurs qui plaident pour un retour à la croissance plus rapide qu'après la crise de 2001-2002, celle de l'éclatement de la bulle internet

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle