La croissance française devrait atteindre 0,5% au 2e trimestre

par Véronique Tison

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La croissance française devrait atteindre 0,5% au 2e trimestre

PARIS (Reuters) - Prévue à 0,5%, la croissance de la France au deuxième trimestre marquera une accélération par rapport aux trois premiers mois de 2010 mais elle sera bien inférieure à celle de l'Allemagne et devrait ralentir en fin d'année.

Le chiffre publié vendredi à 8h45 par l'Insee sera d'autant plus important qu'il servira de base au gouvernement pour réviser sa prévision de croissance de 2011, actuellement de 2,5% et que les économistes comme les experts du Fonds monétaire international jugent trop optimiste.

Or la prévision de croissance conditionne les projections de rentrées fiscales et, partant, de l'effort budgétaire du gouvernement décidé à ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 contre 8,0% prévu cette année.

Vingt-trois économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne une hausse du produit intérieur brut de 0,5% au deuxième trimestre, après une maigre croissance de 0,1% en janvier-mars.

C'est aussi la projection de l'Insee, qui calcule qu'il faudrait ensuite deux trimestres à 0,4% pour atteindre la prévision gouvernementale d'une croissance de 1,4% en 2010.

Mais le consensus a été réalisé avant la déception provoquée mardi par l'annonce d'une baisse de 1,7% de la production industrielle en juin, et il est très inférieur à la croissance attendue en Allemagne.

La production industrielle allemande a bondi de 5,4% au deuxième trimestre, faisant dire aux économistes que la croissance pourrait dépasser les 1,5% sur la période, soit trois fois plus que ce qui est attendu en France. Le chiffre sera également publié vendredi.

INCERTITUDE SUR LES STOCKS

En France, la production manufacturière a augmenté de 1,3% sur le trimestre mais la déception vient du mois de juin.

"La baisse plus forte que prévu de la production industrielle en juin implique un risque baissier pour notre projection d'une croissance de 0,5% au deuxième trimestre", indique Laurence Boone, économiste chez Barclays Capital.

En haut du consensus, Exane BNP Paribas maintient sa prévision d'une croissance de 0,7% au deuxième trimestre.

"La production industrielle a été bien plus faible qu'attendu mais ce contrecoup est normal après cinq mois consécutifs de hausse", explique son économiste Pierre-Olivier Beffy. "Sur le trimestre, on a quand même une hausse de 1,3% de la production manufacturière qui reste cohérente avec une croissance de 0,7%".

L'économiste d'Exane estime en outre que le consensus sous-estime deux éléments positifs, le redémarrage de l'investissement productif et le mouvement de restockage.

Au-delà, la bonne tenue des exportations, aidées par la dépréciation de l'euro, et "l'effet locomotive" de l'Allemagne devraient aussi avoir joué positivement, ajoute-t-il.

"S'il y a une surprise à la hausse, elle viendra des contributions des exportations et des stocks", convient Laurence Boone.

Au premier trimestre, les variations de stocks avaient retiré 0,2 point à la croissance alors que le commerce extérieur avait contribué positivement à hauteur de 0,4 point.

La consommation des ménages a quant à elle stagné tandis que l'investissement des entreprises reculait pour le huitième trimestre de suite.

PAS DE RÉVISION DE GRANDE AMPLEUR

La Banque de France a une prévision de 0,4% pour la croissance du deuxième trimestre et attend un peu moins, 0,3%, pour la période juillet-septembre.

Selon les économistes, la prévision gouvernementale d'une croissance de 1,4% en 2010 reste d'actualité alors que celle de 2011 devra être révisée, au risque de devoir revoir les équilibres budgétaires.

"En l'état actuel des choses c'est difficile de maintenir une prévision de 2,5% l'année prochaine", explique Laurence Boone, qui attend 1,5% cette année et 1,8% en 2011.

"Vu le consensus, vu la conjoncture internationale et vu les besoins d'économies budgétaires qui sont apparus, cela ne fait plus débat et c'est d'ailleurs tout à fait naturel".

L'économiste de Barclays Capital imagine une révision à la baisse "dans la région des 2%, avec une annonce de discipline budgétaire assez marquée".

Pierre-Olivier Beffy, plus optimiste avec une prévision de 2,1% en 2011, ne voit pas non plus Bercy perdre la face.

"Le gouvernement peut baisser légèrement à 2,2% mais il n'a aucune raison de faire une révision de grande ampleur et il y a même une possibilité qu'il révise à la hausse 2010", dit-il.

Le dernier Consensus Forecast de juillet donne une croissance de 1,4% en 2010 et de seulement 1,5% en 2011.

Edité par Yann Le Guernigou

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