Quotidien des Usines

La crise FagorBrandt perturbe la reprise du site ardennais d'Electrolux par Selni

, , , ,

Publié le

Treize mois après l'annonce de la fermeture du site de Revin (Ardennes) par le groupe électroménager Electrolux, les 396 salariés de l'entreprise sont toujours dans l'expectative. Impacté par la cessation de paiement de FagorBrandt, le repreneur annoncé, Selni, n'est pas encore devenu propriétaire. Electrolux attendra février 2014 pour prendre une décision quant à cette reprise.

La crise FagorBrandt perturbe la reprise du site ardennais d'Electrolux par Selni © Electrolux

L'échéancier initial a été reculé. Normalement programmée au 30 novembre 2013, le contrat de cession de l'usine de Revin (Ardennes) d'Electrolux au fabricant de composants pour l'électroménager Selni n'a pas encore été officialisée. Lors du dernier comité d'entreprise de 2013, le 19 décembre, le géant suédois a dit se réserver un délai supplémentaire avant de donner les clés de l'unité ardennaise à Selni.

Ce retard suscite l'inquiétude des 396 employés encore en poste. L'intersyndicale CFDT-CGT-CFE-CGC et le collectif Force Ouvrière craignent que ce plan de réindustrialisation ait du plomb dans l'aile. Car Selni est pris dans la tourmente qui touche FagorBrandt avec qui elle avait un volume de travail approchant les 15% de son chiffre d'affaires. Si FagorBrandt ne trouvait pas de repreneur, l'entreprise nivernaise pourrait se retrouver en fâcheuse posture. Avec une perte sèche avoisinant 500 000 d'euros

180 postes maintenus, 216 départs négociés

Reste que les pourparlers sur les conditions de reprise d'Electrolux continuent. Selon les premières discussions, 180 postes seront sauvegardés à Revin sans le moindre transfert à Nevers comme il était prévu dans un premier temps. Par ailleurs, 138 personnes nées entre 1954 et 1960 sont suceptibles de bénéficier d'une pré-retraite "maison". Enfin, 78 postes feraient l'objet de départs volontaires ou négociés.

C'est en tout cas sur cette base que l'intersyndicale et la direction plancheront en début d'année 2014 si rien n'est remis en cause d'ici là par Pascal Gimenez, le directeur des ressources humaines, et Philipp Van der Planken, qui a pris en charge ce projet de reprise. En dépit des soucis actuels de Selni Agnés Llovera-Villy, la directrice du site d'Electrolux, assure que les chantiers en cours restent ouverts : "Afin d'apporter tous les éléments nécessaires à nos dirigeants, on travaille sur la crédibilité financière du repreneur, les futurs effectifs, les coûts sociaux engendrés par l'opération, le niveau d'investissement nécessaire au lancement des deux futures lignes d'assemblage (plus de 10 millions d'euros à la charge d'Electrolux, ndlr), l'homologation des moteurs électriques et le timing. Avec un objectif prioritaire : aboutir à un projet viable, durable et financièrement acceptable".

Par ailleurs, les salariés ardennais exigent des conditions de longévité à un moment où Selni, fragilisée par les déboires de FagorBrandt et déjà touché il y a quelques années par une procédure de redressement judiciaire, s'apprête à doubler ses effectifs dans un projet industriel pouvant être assimilé à une bouée de sauvetage.

Pascal Rémy

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte