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La crasse sous contrôle continu

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Un micro-capteur, mis au point à l'Insa de Toulouse, permet de mesurer l'encrassement bactérien des équipements de production alimentaire pendant le cycle industriel. Et d'optimiser ainsi le nettoyage.

Les phénomènes d'encrassement par des films bactériens (biofilm) sont omniprésents dans nombre d'industries de process, notamment en agroalimentaire. Ils nécessitent des arrêts réguliers pour nettoyer les tubes ou échangeurs de chaleurs. Luc Fillaudeau, chercheur au laboratoire d'ingénierie des systèmes biologiques et procédés, commun à l'Insa de Toulouse, l'Inra et le CNRS, a mis au point un micro-capteur permettant de mesurer ce film de façon continue pendant le processus industriel au niveau local, dans n'importe quel type de milieu, alors que les systèmes existants effectuent généralement une mesure globale et discontinue.

«Analyser l'encrassement en ligne permet de prévenir la dégradation des performances thermiques, indique le chercheur, ce qui n'est pas économiquement neutre.» La mesure en continu permet aussi d'optimiser le coût du nettoyage chimique des machines en intervenant au bon moment. Sans compter que faire circuler un produit sur un échangeur sale peut également avoir un impact sur la qualité du produit fini.

Des développements dans la chimie ou la papeterie

Le capteur présente aujourd'hui la taille d'une allumette, mais il ne devrait pas, dans ses prochaines versions, être plus épais que deux ou trois cheveux. Il est constitué de deux éléments : un composant de chauffe ainsi qu'un composant de mesure de la température. Il est chauffé périodiquement de manière imperceptible, et le fait de mesurer la température à sa surface permet de suivre la création d'une barrière thermique, signe de la formation d'un biofilm. Plus le dépôt est important, et moins la chaleur générée par le capteur peut se diffuser dans la matière.

La technologie, brevetée, a été éprouvée en environnement semi-industriel et n'attend plus que d'être implantée en milieu industriel. Un partenariat a été noué avec la jeune société toulousaine Néosens dans le cadre d'une licence avec la structure de valorisation des innovations de l'Inra (Inra Transfert). « Il faut compter entre 5000 et 10000 euros pour l'ensemble de la chaîne de mesure, c'est-à-dire le capteur, le câble et le transmetteur industriel », indique Laurent Auret, le patron de Néosens, qui voit plusieurs secteurs d'application : l'agroalimentaire, mais aussi la pétrochimie ou l'industrie papetière.

Patrick Déniel

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